Photo illusrtation

Les chiffres sont très mauvais et inquiétants. Plus de neuf personnes sur dix, soit 90% de la population mondiale, respirent un air pollué, car exposées à des taux anormalement élevés de particules fines dans l’air ambiant, mais aussi à leur domicile. Et selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 7 millions de personnes meurent chaque année à cause de la pollution. Une pollution responsable de nombreuses maladies, dont les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les cancers des poumons, les infections respiratoires.

Les morts causées par la pollution résultent en effet de l’exposition aux particules fines (PM10 et PM2,5) qui provoquent des accidents vasculaires cérébraux, des cardiopathies, des cancers du poumon, des infections respiratoires.

Plus petites qu’un cheveu, ces particules fines sont capables de se loger profondément dans les poumons et le système cardiovasculaire. Une menace silencieuse qui concerne 90% de la population mondiale, souligne l’OMS selon qui l’écrasante majorité des décès liés à la pollution survient dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires, en particulier en Asie du Sud-Est et la région du Pacifique occidental (Japon, Chine, Philippines ou encore Vietnam). Ils recensent plus de 1,3 million de décès attribuables à la pollution de l’air ambiant et plus 2,7 millions de morts liés à la pollution de l’air intérieur. “Tout le monde a le droit de respirer un air sain. Il est inacceptable aujourd’hui qu’autant de personnes n’aient pas accès à ce droit”, déplore le Dr Sophie Gumy du département de Santé publique et des déterminants environnementaux et sociaux de la Santé à l’OMS. Ce droit est pourtant le fait d’une minorité. Malgré quelques choix politiques efficaces, la quasitotalité de l’humanité respire un air pollué. 3 milliards de personnes respirent tous les jours des fumées mortelles émises par des fourneaux et des combustibles polluants à l’intérieur de leurs habitations et les populations les plus pauvres et les plus marginalisées sont les premières à en souffrir, constate l’OMS.

Le sort des habitants des mégalopoles est moins favorable. Les taux de pollution y sont plus de 5 fois supérieurs aux seuils, à en croire l’étude des relevés de la qualité de l’air réalisée dans plus de 4300 villes de 103 pays et des images satellites. Avec plus de 270 g/m3 de PM10 en 2016, Delhi (Inde) et Le Caire (Égypte) sont les plus pollués parmi les villes comptant plus de 14 millions d’habitants. Cette pollution au coeur des maisons inquiète d’agence de Santé qui note que l’accès à des technologies de cuisson propres augmente à domicile, mais plus lentement que la croissance démographique dans de nombreuses parties du monde “en particulier en Afrique subsaharienne”.