1938-2013. 75 ans que le Collège du Saint-Esprit, situé à Quatre-Bornes, construit son histoire. Et celle du pays, de nos institutions publiques, privées, religieuses. Et pour que « rien ne se perde », le collège prévoit cette année la sortie d’un livre, d’un spectacle, des causeries, entre autres.
Quel est le Collège du Saint-Esprit (CSE) de notre temps ? Établissement particulier du fait que les élèves y sont uniformément vêtus de blanc, établissement de renom du point de vue académique, établissement qui offre l’espace de très nombreux terrains de jeux, entre autres. Et dans l’inconscient mauricien, plutôt compétitif, l’on se souviendra, pour les plus jeunes, de ces moissons rares : dix lauréats en 2003, huit en 2009. Pour les moins jeunes, on se souviendrait plutôt des trophées intercollèges, des finales gagnées ou perdues, de l’ambiance des stades. Le Collège du Saint-Esprit concilie, en ses murs, 75 années de vie estudiantine, de souvenirs, de spirituel — « Saint-Esprit, lekol monper » disait-on d’ailleurs — 75 ans d’un idéal entre « l’esprit sain » et le « corps sain », entre les livres et la chemise tachée de sueur… « Le CSE est ancré dans le religieux, le sport, la politique, entre autres », signale son recteur Jacques Malié. Le CSE pourra ainsi signifier beaucoup de choses pour beaucoup de monde. Quitte à ne pas toujours faire l’unanimité.
Rendre hommage à une « si riche » histoire ne peut pas être un exercice léger. Jacques Malié et Edmond Maurel, président du Board of Governors, annonçaient hier au Labourdonnais Hotel à Port-Louis la sortie d’un livre, retraçant les 75 ans du CSE. Il sera écrit par l’historien et ancien élève Yvan Martial. « Le Collège du Saint-Esprit est ancré dans l’ADN des élèves et anciens élèves, relève d’ailleurs Robert Decotter, président du comité de rédaction, ce livre sera la référence. Entre 250 et 300 pages, il contiendra une partie histoire, une partie photo, afin de laisser parler l’image, et une partie interviews des anciens élèves ». Il s’agira ainsi de rendre la vérité particulière des différents Collèges du Saint-Esprit vécus par différents élèves. La sortie est prévue vers juin 2013, annonce M. Decotter. Et de laisser entendre que le collège est toujours à la recherche de sponsors.
Trésor collectif
Pour l’historien Yvan Martial, le livre est de loin le « meilleur support » pour rendre hommage à l’établissement. « Trésor collectif », c’est en ces termes qu’il décrit le futur ouvrage qui viendra consolider les bases de l’histoire du CSE, comme une assurance que la mémoire ne se perde pas. « Les magazines peuvent s’égarer. Les expositions photos se font oublier », déplore-t-il. Pas le livre. Ou en tout cas, pas pour ceux pour qui le CSE s’inscrit dans les gênes ou le caractère. « Nous accordons une grande importance à notre classe. C’est là où l’on découvre l’identité cosmopolite », explique Yvan Martial. Et de signifier par ailleurs que le sens « collectif » doit prendre une dimension nationale. Le livre sera une occasion d’affirmer qu’il ne faut pas oublier les autres grands artisans de l’éducation nationale. Yvan Martial cite ainsi le travail du collège Bhujoharry et d’Alex Bhujoharry qui aura donné tant de « ministres et de cadres de la fonction publique à l’île Maurice ». Il salue au passage l’héritage de Harold Chan Lam et du London College, du Royal College Curepipe ou de « la School », le Royal College Port-Louis.
Il ne s’agira pas non plus de se gargariser du passé. Edmond Maurel rappelle par cela que l’ouvrage fera « bénéficier d’un contexte pédagogique qui, pour reprendre John Kennedy, pousse à donner plutôt qu’à recevoir », comme une source d’inspiration pour l’avenir. On ne néglige pas l’aspect pratique : « C’est toujours bon d’avoir quelque chose sous la main pour se raffraîchir la mémoire. L’ouvrage contiendra un livre album pour la consultation rapide ainsi qu’un CD-ROM pour une consultation plus élargie. »
Jean-Pierre Sauzier, président du comité organisateur, évoque également la « nécessité de symbiose entre les générations ». Et pour concrétiser la grande mise en commun, quatre axes seront explorés : 1) environnement, avec un projet de réhabilitation de la « mythique » colline, 2) social, en collaboration avec le club SOS St-Esprit, 3) organisation des journées « Passé/Présent » et 4) des causeries. Sont également au programme de cette année : un spectacle son et lumière d’inspiration catholique sur la colline par Jean-Pierre d’Argent et Gérard Sullivan, des intercollèges d’athlétisme réunissant les institutions secondaires catholiques, une messe concélébrée par les trois évêques de l’océan Indien, Mgrs Maurice Piat, Denis Wiehe et Alain Harel, tous trois anciens élèves.
Faits saillants
En 1920, le séminaire Père Laval est inauguré. En janvier 1926, le collège Père Laval est fondé ; le regretté Cardinal Jean Margéot a été élève de l’établissement. Fin 1930, faute de prêtres, le collège Père Laval ferme pour devenir le Collège du Saint-Esprit en janvier 1938. La gestion de l’établissement est confiée aux Spiritains. Roland Lamusse est le premier lauréat du collège en 1950. Le premier recteur mauricien est l’abbé Adrien Wiehe en 1972. 1976 signe le début de l’administration laïque sous Cyril Leckning.
Aujourd’hui, le Collège du Saint-Esprit vit toujours le projet d’éducation catholique pour « le développement intégral de la personne humaine », souligne Jacques Malié. Le CSE c’est 1 200 élèves, dont la section prévocationnelle, 83 enseignants, 10 catéchètes, 28 personnel non-enseignant, 12 membres de l’administration. Les valeurs clés sont : le sens du devoir, le respect, la disponibilité et l’authenticité.