À l’occasion du 75e anniversaire de l’Appel du Général de Gaulle et de l’Année du Tricentenaire de la présence française à Maurice, l’Amicale Île Maurice-France a commémoré hier l’engagement des volontaires mauriciens dans un bataillon des Forces Françaises Libres. Les vétérans de cette épopée, familles et amis s’étaient réunis à la maison ayant abrité le Consulat de France de 1909 à 1968, à la Rue St Georges, Port-Louis. Dépôts de gerbes, lever du drapeau, un instant de recueillement.
Pour Gérard Maujean, Managing Director de Coprim Immobilier Conseil, cet instant est mémorable, car « on commémore le 75e anniversaire de l’appel du Général de Gaulle. » Armand Maudave, Président de l’Amicale Ile-Maurice France, rappelle que l’appel du 18 juin met en évidence « une France libre, pas vaincue, et que la flamme de la résistance n’est pas éteinte. Ce sont des paroles d’espoir dans cette traversée de la nuit, une des plus sombres de l’histoire de France, une des plus angoissantes de l’histoire de l’humanité dans le conflit qui fut mondial. » Le Consulat de France à la rue St Georges, dit-il, est devenu un lieu de mémoire, car « c’est ici qu’une des plus belles pages de l’histoire de notre pays [a été écrite] entre 1940 et 1950. Les ouvrages des services secrets déclassifiés révèlent que de très nombreux agents ont été infiltrés par l’Angleterre sous le maquis pour organiser la résistance et qu’un combattant de l’ombre venait de la petite et lointaine île Maurice. » Il donnera en filigrane les noms de ces Mauriciens combattants, dont les quatre frères Planel partis pour rejoindre le maquis, Claude et Georges, parachutés pour rejoindre les maquisards, André, bombardier de la Royal Air Force, Philippe, à l’autre bout du monde libérant Rangoon à la tête des troupes birmanes. Mention est aussi faite d’une femme, France Planel, première femme aviatrice mauricienne de ces temps héroïques. Sans oublier Maurice Rault, navigateur la nuit des escadrilles de la Royal Air Force volant vers les cités et les fortifications allemandes, alors que son frère Raymond avec 117 parachutistes de la Division Aéroportée libérait Copenhague du joug hitlérien.
Pour Armand Maudave, chaque Mauricien se doit d’avoir une pensée pour ces combattants qui ont servi le destin des braves : celui de la résistance où s’entremêlaient toutes les formes de domination, d’oppression et de soumission. Pour lui, l’appel du 18 juin repose dans une souveraine logique d’indépendance nationale voire une logique de dignité dans la liberté fondée sur l’honneur. L’appel du 18 juin fait aussi référence à des principes et à des valeurs au nom desquels il importe de lutter et il importe de mourir. « Principes et valeurs que des hommes et des femmes ont affirmés par leur engagement, leur audace, leur courage, leur sacrifice. Ces mêmes valeurs nous permettent aujourd’hui de vivre dans la dignité et l’honneur. »