Le Parti Mauricien Social Démocrate, deuxième composante de l’actuel gouvernement au pouvoir, a commémoré la semaine dernière le 85e anniversaire de la naissance de sir Gaëtan Duval, son leader historique défunt qui a également laissé des traces ineffaçables dans l’histoire de Maurice. Dépôt de gerbes sur sa tombe à St-Jean, messe, déjeuner pour 250 enfants défavorisés, causerie-réminicenses par ses plus proches amis et une journée portes ouvertes au public de sa résidence à Grand-Gaube ont marqué la commémoration. Grand admirateur de l’oeuvre sir Gaëtan, l’historien Benjamin Moutou a tenu à lui rendre un hommage. On peut effectivement avoir aimé Gaëtan Duval ou, au contraire, l’avoir farouchement combattu politiquement et pour ses frasques, mais, force est de reconnaître que cet homme a été pour de trop nombreux Mauriciens un être très spécial qu’ils arrivent difficilement à oublier presque vingt ans après sa mort. Et ceux-là ne font vraiment pas semblant de s’en souvenir. Voici le texte de Benjamin Moutou.
Nous sommes le 6 mai 1996. Il fait déjà nuit, mais des milliers de gens toutes ethnies confondues se pressent toujours aux abords du cimetière St-Jean, à Belle Rose. C’est une véritable marée humaine venue des quatre coins du pays pour rendre un dernier hommage à un homme extraordinaire qu’ils n’avaient jamais cessé de porter dans leur coeur. La foule bigarrée a transporté le cercueil à pied depuis la basilique Ste-Hélène, à Curepipe, jusqu’au cimetière, lequel, exceptionnellement, reste ouvert après 18h afin de permettre l’inhumation.
 Gaëtan Duval, enfant terrible de la politique mauricienne, tour à tour leader de l’opposition, maire et lord-maire, Premier ministre adjoint et chef de file du plus grand parti politique des années 1960, le Parti Mauricien Sociale Démocrate (PMSD), est cet homme-là. Sa réputation avait dépassé les rives de son île natale pour atteindre l’Afrique francophone et l’Europe, particulièrement la France dont il fut un très grand défenseur de la langue et de la culture.
 Il naquit le 9 octobre 1930 au sein d’une famille de la petite bourgeoisie à Rue Barclay, à Rose Hill. Enfant, il se fit remarquer pour son penchant gavroche, voire espiègle, et sa vive intelligence. Orphelin très tôt, sans le soutien de la soeur aînée de son père qui le prit à sa charge, le destin de Gaëtan Duval eut, sans doute, été différent. Grâce à cet encadrement familial, il eut un parcours sans faute dans ses études. Élève de l’école primaire catholique St-Enfant Jésus, il se classe premier dans tout le pays aux épreuves de la Petite Bourse en 1941. Au collège Royal de Curepipe, sa brillante intelligence se fait remarquer.
 Après un bref séjour dans le service civil au bureau de l’Income Tax, il partit pour l’Europe car il avait décidé de se faire avocat malgré que ses parents eussent, eux, préféré qu’il embrassa le métier de dentiste !