La Côte d’Ivoire est en alerte alors qu’elle se prépare à l’ouverture des 8es Jeux de la Francophonie, dont la cérémonie d’ouverture est prévue ce soir (22h30 à Maurice) à Abidjan. Des individus non identifiés ont attaqué dans la nuit de mercredi à hier la base du Centre de coordination des décisions opérationnelles de Côte d’Ivoire (CCDO) de l’école de police de Cocody, faisant un mort du côté des forces de l’ordre, une dizaine de blessés et des armes ont été emportés.
Alors que la suspicion d’un coup monté à quelques heures de l’ouverture des Jeux plane, selon le premier bilan confié hier d’une source sécuritaire à KOACI, les échanges de tirs entre les assaillants et les forces de l’ordre ont endeuillé cette compétition francophone. Ce sont les armes emportées du CCDO de l’école de police qui ont servi pour l’attaque de Yopougon.
« Les tirs ont cessé vers 4h30 du matin, heure locale (ndlr : 8h30 à Maurice) à Yopougon. Les agresseurs du 19 juillet ont abandonné des véhicules braqués et des armes dans des quartiers de Yopougon », a encore expliqué cette source sécuritaire, ajoutant que pour l’instant « on ignore tout sur l’identité de ces agresseurs et ce qu’ils voulaient. » Selon des témoins, des individus sont venus à bord de deux taxis communaux jaunes. Ils ont fait irruption au sein de l’école et ont attaqué la base du CCDO.
De plus, on signale que des centaines de coups de feu ont été tirés à Abidjan dans la nuit de mercredi à hier, cette fois par des membres des forces de sécurité en colère, à moins de 48 heures du début des Jeux de la Francophonie dans la capitale économique ivoirienne.
Près de 4 000 athlètes et artistes — la délégation mauricienne comporte une centaine de personnes, dont 67 sportifs et 21 artistes — ainsi que de nombreuses personnalités sont attendus pendant les 10 jours des Jeux (21 au 30 juillet), alors que le président Alassane Ouattara a effectué mercredi un remaniement gouvernemental qui vise justement à mettre un terme au mouvement de grogne qui perdure chez les forces de sécurité.
Malgré les déclarations rassurantes des autorités et le retour au calme à Abidjan jeudi matin, ce nouvel exemple d’indiscipline dans les forces de sécurité apparaît fâcheux pour l’image de la Côte d’Ivoire, qui voulait réussir avec les Jeux de la Francophonie son premier grand événement international depuis le retour à la paix civile, après une décennie de crise (2002-2011).
« Les événements de la nuit de mercredi relèvent du banditisme, cela ne remet pas du tout en cause les Jeux de la Francophonie, il n’y a aucun problème de sécurité », a réagi jeudi l’ambassadeur de France Georges Serre lors d’une conférence de presse annonçant de prochaines rencontres économiques franco-africaines.
Près de 10 000 militaires, gendarmes et policiers sont mobilisés pour la sécurité des Jeux de la Francophonie dans un pays qui avait été frappé l’an dernier par une attaque jihadiste (19 morts).