À l’approche des 8es Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI), la pression monte pour les sportifs, qui s’entraînent à un rythme accéléré dans le but de briller aux Seychelles. Mais ces Jeux ne se limitent pas à la performance. Les JIOI, c’est aussi un grand moment de fraternité entre les îles. L’occasion de se retrouver, de partager sa culture et de promouvoir le patriotisme. 
Les JIOI sont sans conteste l’événement le plus important se déroulant dans cette région du monde. Non seulement sur le plan sportif, mais aussi au niveau de l’amitié entre les îles. Pour Michael Glover, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, les JIOI sont un moment exceptionnel. “Cela aide les jeunes à relever beaucoup de défis et aussi à cimenter l’unité nationale.”
Ayant eu l’occasion d’organiser les Jeux en deux occasions (en 1985 et en 2003), Michael Glover souligne que les JIOI ne se limitent pas aux athlètes sur la piste. Il rappelle, notamment, comment le peuple s’est rallié derrière le drapeau mauricien en 1985. “C’était la première fois que nous vivions une chose pareille.”
Fierté
L’ancien nageur Sultan Beeharry soutient également qu’aux JIOI, c’est le mauricianisme qui prime avant tout : “Nous sommes tous derrière le même drapeau. Nous formons une équipe. On se sent fiers d’être Mauriciens dans ces moments-là.”
L’unique médaillé d’or mauricien en natation aux Jeux de 1985 ajoute qu’il règne une ambiance indescriptible aux JIOI : “Il faut vraiment le vivre pour le comprendre.” Lorsque la compétition se tient à Maurice, la pression et l’ambiance sont encore plus grandes. “Tout le monde en parle et on veut faire plaisir à son public.”
Sultan Beeharry ne cache pas que cette médaille arrachée aux Réunionnais a changé sa vie. “J’ai eu la reconnaissance du public et du pays. Personnellement, j’étais fier d’avoir fait hisser très haut le drapeau mauricien.”
Valeurs
Les JIOI demeurent également mémorables pour la pongiste Aarti Gulrajani-Descann. Elle qualifie même l’événement de “Jeux Olympiques des Mauriciens”. L’ancienne médaillée en tennis de table rappelle qu’à part la compétition, les sportifs vivent les valeurs de l’olympisme pendant les JIOI. “La fraternité, le fair-play, la camaraderie, le respect de l’adversaire font partie intégrante des Jeux. Sans compter l’ambiance au Village. C’est un moment très fort que je suis contente d’avoir vécu.”
Aarti Gulrajani-Descann raconte même une anecdote : en 2003, la finale du double mixte l’opposait à Rajessen Descann, et elle avait mis toute son énergie pour tenter de le battre, sans savoir qu’elle allait l’épouser quelques années plus tard.
Exceptionnel
Habitué des grands événements internationaux, Stephan Buckland estime que les JIOI offrent un cachet différent. “C’est une autre ambiance. C’est beaucoup plus fun de participer aux Jeux des Îles que de participer aux compétitions de haut niveau.”
Toutefois, cela ne signifie pas que le sérieux n’est pas de mise, souligne le spécialiste du 200m. “Quand je représente mon pays, je fais toujours de mon mieux, quel que soit le niveau.”
Aarti Gulrajani-Descann abonde dans le même sens. Les JIOI, rappelle-t-elle, sont l’occasion de savoir si le sport mauricien se porte bien ou pas.
Ce que confirme aussi Sultan Beeharry. Tout en convenant qu’il garde de très bons souvenirs des JIOI, il s’imagine ce que sont en train de vivre les athlètes en ce moment. “Il y a une grande pression. Vous avez la responsabilité de défendre votre pays et tout le monde a les yeux rivés sur vous.”
Moments forts
Les JIOI, c’est aussi les officiels qui travaillent d’arrache-pied pour faire de l’événement une réussite. Myrna Lapierre en fait partie. “Je n’ai connu que des bons moments, forts en amitié et en émotion. Je me souviens notamment de Maryse Justin remportant le marathon après tant d’efforts ou encore du public chantant comme un seul homme à chaque fois que flottait le drapeau mauricien…”
Myrna Lapierre souhaite que la collaboration entre les fédérations sportives des différentes îles continue au-delà des Jeux. “Cela donnerait l’occasion à tous les athlètes de participer et les motiverait davantage.”
Souvenirs
Myrna Lapierre émet le souhait que les JIOI restent ce qu’ils sont et qu’on ne tente pas de les rendre gigantesques. “Il ne faut pas oublier qu’il y a des pays de la région qui n’ont pas les moyens. Prenons l’exemple des Comores, qui n’ont même pas pu organiser leurs premiers Jeux.”
Michael Glover garde de très bons souvenirs des premiers jeux à Maurice, en 1985. “C’était la première fois que nous organisions un événement de cette envergure et nous avons même dû prévoir une loterie pour pouvoir construire le gymnase Pandit Sahadeo, car le gouvernement n’avait pas d’argent.”
Même s’ils ne seront pas présents aux Seychelles, tous nos interlocuteurs affirment qu’ils suivront les Jeux avec intérêt. Stephan Buckland aura les yeux rivés sur son protégé, Baptiste Brasse : “C’est un jeune et je crois qu’il va mettre toutes les chances de son côté pour réaliser une bonne performance.”