Photojournaliste et animateur socioculturel de Mayotte, Moncef Mouhoudhoire présente Mayotte, appelée aussi Maore en comorien. Département français depuis mars 2011, l’île compte environ 200,000 habitants.
Plusieurs civilisations sont à l’origine du peuplement de Maore. Les premières traces de population remonteraient entre le Ve et le VIIIe siècle; elles sont d’origines bantoues.
Surnommée “l’île hippocampe”, Mayotte a une superficie de 374 km² qui s’étend sur un lagon de 1,100 km², un des plus grands du monde. Ce lagon abrite chaque année les baleines accoucheuses. Située dans le canal de Mozambique entre Madagascar et l’Afrique, l’île est la plus ancienne de l’archipel des Comores. Elle est composée de deux îles (Petite-Terre et Grande-Terre) que sépare un bras de mer de 2 km, avec une liaison qui se fait grâce à une barge rythmant la vie des Mahorais.
Fortement influencée par différentes migrations, Mayotte est africaine, musulmane et française. La religion occupe une place majeure dans l’organisation de la société mahoraise, musulmane depuis le XVe siècle, avec un islam modéré et tolérant. Bien que le français soit la langue officielle, on y parle le shimaore, une langue de la famille bantoue orientale, qui comprend également le swahili.
Dans cette société matrilinéaire (qui ne prend en compte que l’ascendance du côté de la mère), la femme a un rôle clé. Elle est le pivot de la famille.
Riche des peuplades qui la composent, l’île se développe dans une interférence culturelle. En effet, la société mahoraise d’aujourd’hui est composée d’une multitude de nationalités et d’origines : allemande, malgache, colombienne, réunionnaise, corse, anjouanaise, grecque, écossaise, belge, indienne, portugaise, caribéenne, péruvienne, chinoise, grande-comorienne, espagnole, italienne, thaïlandaise, mauricienne, africaine, brésilienne, bretonne et autres régions de France…
C’est forte de sa jeunesse (56% de la population en dessous de 20 ans) que Mayotte est devenue le 101e département de France, le 31 mars 2011. La maîtrise de cette jeunesse et la conjugaison de ses différents apports culturels font incontestablement partie des défis que doit relever l’île.
Maore est à la croisée des chemins par sa position géographique qui lui confère des atouts certains en matière de développement régional, contrastant avec le retard que l’île accuse dans beaucoup de domaines. Elle s’est lancée dans une course au développement qui l’oblige à assimiler les choses et à réagir plus rapidement pour se désenclaver.