Dans quelques jours, les Seychelles seront au centre des attentions. Les JIOI y auront lieu dans un cadre qui vit une nouvelle transition. Malgré les difficultés économiques qui touchent le pays, les Seychellois se sont engagés dans un processus de développement.
Indépendantes depuis 1976, les Seychelles ont été découvertes par les Portugais, avant de tomber sous les jougs français, puis anglais. Ces îles ont conservé leur cachet de carte postale idyllique, comme nous l’explique Rosemay Delord, Seychelloise vivant à Maurice : “C’est un pays où il fait bon vivre, très naturel et authentique, qui a gardé toutes ses ressources. La mer, la flore et la faune sont préservées.”
Les habitants se heurtent pourtant à des difficultés économiques sévères. “Avec l’augmentation du taux de change, l’inflation est galopante, ce qui fait que la vie est très chère”, souligne Tony Jean Baptiste, Seychellois résidant à Mahé. “Le gouvernement est conscient de la situation et multiplie les subsides pour venir en aide aux classes les plus défavorisées.”
Préparatifs
Toute la population seychelloise se prépare avec enthousiasme à recevoir, dès cette semaine, les premiers invités des Jeux. “On ne voit que ça à la télé ! Ils passent des pubs sur le sujet toutes les cinq minutes”, s’exclame Tony Jean Baptiste. Qui ajoute : “Et les pronostics vont bon train !”
Côté infrastructures, les Seychelles ont mis le paquet : “Le gouvernement a fait beaucoup d’efforts et mis beaucoup d’argent pour les JIOI. Un financement qui provient en grande partie des sponsors. Quasiment toutes les compagnies locales ont contribué.” Résultat : des piscines et gymnases entièrement rénovés.
Les athlètes seront logés dans des maisons neuves, qui seront ensuite revendues aux individus. Et pour plus de proximité, deux tournois de football se tiendront à Praslin, “pour donner une chance aux Pralinois de voir les Jeux”.
Environnement protégé
L’État met un point d’honneur à ne pas altérer le paysage, vu que le tourisme et les produits à base de coco sont les sources majeures de l’économie du pays. “Les lois sont extrêmement sévères en ce qui concerne la préservation de l’environnement”, confie Rosemay Delord. Ainsi, de nombreux espaces sont classés et protégés par l’UNESCO. “Dans la montagne, un endroit appelé Mission renferme des arbres centenaires, les “Sang-dragons”. Ils font comme une allée qui mène au sommet de la montagne. Lorsque l’on gratte l’écorce du “Sang-dragon”, une sève rouge s’écoule, associée au sang des esclaves qui les ont plantés.”
Les Seychelles souffrent actuellement d’une grave sécheresse. Elles possèdent quatre centres de dessalinisation, dont deux offerts par les Émirats Arabes Unis, qui fournissent 20% de la consommation d’eau des habitants. “Mais pour la durée des Jeux, ils ont prévu d’augmenter la production d’eau à 30%”, souligne Tony Jean Baptiste.
Dolce vita
Le peuple seychellois est particulièrement jovial et adore s’amuser. “La tradition seychelloise par excellence est de manger !”, déclarent nos interlocuteurs. Les repas conviviaux font partie intégrante de la vie des habitants. “Tous les produits sont naturels : papayes, bilimbis, fruits à pain, bigarade; bref, tout ce que l’on peut trouver dans le jardin est utilisé !”, précise Rosemay Delord. En effet, la géographie aride ne permet pas la production de légumes. “Tous les légumes sont importés et coûtent cher. On les achète en petites quantités pour faire des salades ou pour accompagner le poisson.” Et côté poisson, ils sont servis ! “On en mange à tous les repas. On varie les recettes et les poissons aussi. Ils ne sont pas vendus à la livre, comme à Maurice, mais en paquets comprenant différentes espèces !”
Pour s’amuser comme il se doit, la boisson n’est pas oubliée. Le calou est une boisson typique des Seychelles. On prélève la sève d’un cocotier, en la laissant s’écouler sur une feuille de palme pour tomber dans une grande bassine. Une fois la sève récupérée, elle est conservée le temps de fermenter. Selon Rosemay Delord, “c’est une boisson incontournable des Seychelles, à ne pas rater !”