Le président de la Government Hindi Teachers’ Union (GHTU), Suttyhudeo Tengur, estime que l’introduction, dans le projet de Nine-Year Schooling, d’un nouveau concept qui ouvre la voie vers l’épanouissement d’un pluralisme linguistique et culturel dans le pays, apporte une nouvelle bouffée d’oxygène à l’éducation nationale.
Ce concept tient compte de l’importance de l’enseignement des langues orientales, de l’arabe et du créole, qui seront enseignées jusqu’au niveau de la 9e année scolaire et feront partie de l’examen national qui permettra de déterminer les critères d’admission des élèves pour des études secondaires supérieures. Selon lui, ce changement permettra à l’enseignement des langues orientales de prendre une importance particulière. Ainsi, dit-il, les élèves qui le désirent pourront opter pour ces langues pour les examens de School Certificate (SC) ou du Higher School Certificate (HSC). « Pourquoi ne pas opter pour une langue orientale pour concourir pour une bourse d’État ? », s’interroge-t-il.
Suttyhudeo Tengur dit soutenir ce nouveau projet de réforme du système éducatif à Maurice. Cependant, ajoute-t-il, « nous tenons à ce que l’implémentation de ce projet ne se fasse pas au détriment des élèves ». Il poursuit : « La mise à exécution de ce projet de réforme ne doit nullement se faire sur le dos de ces 60% et plus qui réussissent aux examens primaires. Il ne faudrait pas que ces derniers deviennent des victimes du nouveau système. »
Pour ce qui est du taux d’échecs de 40%, il est impératif, selon lui, d’entreprendre une étude approfondie afin de déterminer les causes et de dégager les solutions et mesures appropriées. « Nous refusons toute forme de nivellement par le bas, qui finira par condamner les enfants doués et surdoués. Car il y a d’énormes risques de reporter le niveau d’échecs de la sixième année à trois années plus tard, et qui risque de se répercuter aux examens de SC et de HSC », ajoute notre interlocuteur.
Finalement, le président de la GHTU estime qu’avec la revalorisation des langues orientales à travers le nouveau concept et des mesures à prendre après une étude sérieuse sur le taux d’échecs, « le projet de “Nine-Year Schooling” sera un véritable tremplin pour faire de Maurice un “knowledge hub” réel, comme l’a souhaité le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo dans son discours du Budget présenté en mars dernier ».