« Je suis optimiste. Je n’abandonnerai pas, j’irai jusqu’au bout ». C’est ce que nous a confié ce matin le leader des Verts Fraternels, Sylvio Michel, qui est aujourd’hui à son neuvième jour de grève de la faim au Jardin de la Compagnie, avec quatre autres activistes des Verts Fraternels.
« Je suis confiant que nous finirons par trouver une solution. La bataille c’est dans la durée, il faut être patient », déclare Sylvio Michel, les yeux pleins d’espoir. Bien qu’il réalise que le mouvement de grève n’a pas attiré l’attention voulue des autorités et n’a pas encore eu le soutien populaire, Sylvio Michel s’avoue optimiste. « J’irai jusqu’au bout, jusqu’où ma santé physique me le permettra. Je ne suis pas du genre à abandonner facilement. Il s’agit là d’une lutte historique », dit-il en attirant l’attention sur le fait qu’il a déjà participé à trois grèves de la faim dans le passé qui ont duré très longtemps, la plus longue étant de 45 jours. Si pour le moment, l’état de santé des grévistes est jugé stable, comme confirmé par le médecin qui fera une seconde évaluation demain, la fatigue liée au manque de nourriture couplée à la chaleur les gagne petit à petit. Soulignons que quatre des grévistes sont âgés de plus de 70. Élie Michel est le plus âgé (77 ans) et les autres ont tous 72 ans.
Le but de cette grève de la faim observée depuis neuf jours est d’attirer l’attention des gouvernements mauricien, français, hollandais et britannique et des entreprises du secteur privé sur les revendications pour compenser les descendants d’esclaves et pour qu’il y ait également une réparation en leur faveur. Vendredi dernier, les grévistes ont reçu la visite du Père Jocelyn Grégoire, président de la Fédération des Créoles Mauriciens qui a exprimé son soutien aux Verts Fraternels. Le député Joe Lesjongard et le leader du MMM Paul Bérenger se sont déplacés en fin de semaine. Lors de la visite du leader de l’opposition, ce dernier a informé les grévistes de la teneur de la conversation qu’il a eue avec le Premier ministre Navin Ramgoolam au sujet d’une proposition pour la restructuration du Centre Nelson Mandela, qui serait chargé de se pencher sur la question de réparations envers les descendants d’esclaves. Aux dires de Paul Bérenger, le PM se serait montré « plutôt réceptif ». L’opposition a aussi proposé que les Verts Fraternels travaillent de concert avec le Centre Nelson Mandela sur la question de réparation envers les descendants d’esclaves. Mais les Verts fraternels ne se disent pas enchantés par la proposition de l’opposition, ne voulant pas se trouver dans une structure dépendante du gouvernement.
Suite à une réunion du comité central des Verts Fraternels ce matin, il a été décidé qu’une correspondance serait adressée au Premier ministre. Dans cette lettre, qui a été déposée à la mi-journée au Prime Minister’s Office, les Verts Fraternels font état de la proposition de l’opposition et font connaître leur point de vue sur la question, comme la crainte de se retrouver en minorité. Dans cette même correspondance, ils rappellent au PM qu’ils attendent toujours une réponse d’une première lettre qui a été adressée en mai 2013, dans laquelle les VF invitent le GM à honorer ses responsabilités vis-à-vis des descendants d’esclaves et à mettre en pratique les recommandations de la Commission Justice et Vérité. Ils réitèrent également leur proposition principale qui est l’instauration d’une Green Reparation Foundation pour les réparations. Daniella Police-Michel, porte-parole du mouvement de grève de la faim, explique qu’une des premières tâches de la fondation sera de recenser le nombre de bénéficiaires qui, à leur tour, devront élire les membres de la fondation.