Photo illustration

La RDC devait organiser les 9es Jeux, l’année prochaine

L’organisation des 9es Jeux de la Francophonie, prévus du 23 juillet au 8 août 2021, sera définitivement différente des précédentes. Après un changement de ville, ce sont maintenant les dates pour la tenue de ces Jeux qui ont été remises en question. Avec la reprogrammation des Jeux olympiques de Tokyo (Japon)  pour l’année prochaine et ce, aux mêmes dates, le Conseil international des Jeux de la Francophonie (CIJF) et le pays organisateur, la République Démocratique du Congo, ont eu à revoir la période des Jeux. Selon la dernière “Lettre de la Francophonie”, les Jeux ont été reportés à 2022.

La pandémie du Covid-19 à travers le monde a forcé les organisateurs des Jeux olympiques, prévus pour juillet-août prochain, à reporter l’échéance d’une année. Sauf que les nouvelles dates annoncées, il y a quelques temps, coïncident avec celles des 9es Jeux de la Francophonie, prévus à Kinshasa, République Démocratique du Congo. Dans cette foulée, une lettre officielle signée du ministre d’État congolais, de la Coopération, de l’Intégration régionale et de la Francophonie, Pépin Guillaume Manjolo, a été adressée à la Secrétaire générale de la Francophonie, Mme Louise Mushikiwabo, le 21 avril dernier.
Selon la “Lettre de la Francophonie”, il a été ainsi demandé, après consultation avec le Président de la République Démocratique du Congo et chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, que les IXes Jeux de la Francophonie soient repoussés à l’été 2022. Désormais, il reste au CIJF d’annoncer prochainement les nouvelles dates des Jeux et ce, suite aux recommandations de son Conseil d’orientation et de consultation du Conseil permanent de la Francophonie.

Rappelons que l’organisation des 9es Jeux de la Francophonie avait été attribuée au Canada Nouveau-Brunswick, notamment aux villes de Moncton et de Dieppe. Ce qui marquait un retour dans ce pays d’Amérique du nord, après les Jeux de 2001 à Ottawa et Hull. Sauf que le gouvernement du Nouveau-Brunswick devait, en janvier 2019, faire part de son désengagement. Des soucis financiers sont alors évoqués. Les villes de Sherbrook au Québec et de Nantes étaient bien placées pour reprendre l’organisation, mais ont finalement renoncé en raison des considérations financières.

Même la République de Maurice avait, à un moment donné, étudié l’éventualité de prendre en charge l’organisation de ces Jeux très particulier, alliant le sport à la culture. Des discussions préliminaires avaient même eu lieu au ministère de la Jeunesse et des Sports d’autant que le complexe sportif de Côte d’Or, construit dans le cadre des 10es Jeux des Iles de l’Océan Indien de juillet 2019, constituait un atout certain. Finalement, l’État mauricien n’est pas allé de l’avant, sans doute en raison des implications financières et de l’absence d’un Village des Jeux.

L’attribution des 9es Jeux est alors allée à la République Démocratique du Congo. L’Afrique se voyant ainsi confier, deux fois de suite, l’organisation de ces Jeux, après celui d’Abidjan (Côte d’Ivoire), en 2017. Certes, l’Afrique offre une très large panoplie sur le plan culturel, mais organiser deux Jeux, deux fois de suite, donne à réfléchir, notamment pour ce qui est de l’alternance entre les pays du nord et du sud. Avec quelques 54 pays formant la sphère de la Francophonie, on se demande d’ailleurs pourquoi les grandes nations ne sont plus intéressées par l’organisation. Sans compter que les Jeux de 2013 à Nice en France n’ont pas été un succès, tout comme ceux de 2017 à Abidjan. Avec une diminution de ses aides financières auprès de ses bailleurs de fond au fil des années, il y a effectivement de quoi être inquiet quant à la pérennité des Jeux de la Francophonie dont la première édition avait été organisée en 1989, au Maroc.