Le Chief Executive officer du Trust Fund for Excellence in Sports (TFES), Michael Glover, demeure optimiste en vue des 9es Jeux des Iles de l’océan Indien qui débutent vendredi à La Réunion avec les rencontres de football. Sollicité par Week-End, il estime que Maurice fera mieux qu’aux Seychelles en 2011 où seulement 38 médailles d’or avaient été récoltées. Il s’attend cette fois à une meilleure moisson, soit entre 45, voire 50 médailles d’or. Un objectif qui sera atteint si Maurice arrive d’abord à remporter  entre 18 et 22 médailles d’or en haltérophilie.  
— Michael Glover, vous avez été chargé de la préparation du Club Maurice en tant que ministre de la Jeunesse et des Sports lors des JIOI de 1985 à 1990, puis en tant que président du comité organisateur des Jeux (COJI) en 2003. Quel regard jetez-vous sur le Club Maurice avant le grand départ pour La Réunion ?
Je dois d’abord saluer l’initiative du ministre Yogida Sawmynaden pour avoir donner une enveloppe additionnelle très importante aux fédérations. Cela afin de permettre aux athlètes de bénéficier d’une meilleure préparation et de gagner encore plus de médailles d’or. Pour ce qui est de la préparation, je peux uniquement me prononcer sur les fédérations et les athlètes avec lesquels le trust collabore, plus précisement les disciplines individuelles. Je ne peux me prononcer sur les sports collectifs dans la mesure où je n’ai pas suivi leur préparation.
— Dites-nous justement quelles sont ces disciplines avec qui le TFES collaborent ?
Elles sont huit au total. Elles sont l’athlétisme, le badminton, la boxe, le cyclisme, l’haltérophilie, le judo, la natation et le tennis. Le travail du TFES s’échelonne sur un cycle de quatre ans et n’est pas uniquement basé sur la performance sportive, mais également académique. J’ajouterai que la préparation pour les Jeux de 2015 a démarré tout juste après ceux de 2011.  
—Peut-on savoir combien d’athlètes du TFES seront concernés par les 9es Jeux ?
Une bonne soixantaine d’athlètes parmi laquelle nombreux sont ceux qui ont, cette année, réalisé de bonnes performances sportives, mais également académiques. A titre d’exemple, Jessika Rosun (javelot) a obtenu son BA Honours en anglais et vient de terminer sa quatrième année d’études par un Bachelor in Education. Astridge Samoisy (marteau) et Jameson Perrine (400m haies) ont, eux, obtenu leurs BSC en commerce et en agriculture respectivement. Le judoka Bryan Etienne est lui ingénieur civile, alors que Karina Jolicoeur est professeur de sport. Au niveau du HSC (Higher School Certificate) et du « A » Level, Elodie Poo Cheong, Emilie Chan Chee (natation), Sarah Sylva (judo), Aatish Lubah et autres Julien Paul (badminton) ont réussi à leurs examens et vont entamer leurs cycles tertiaires.
—Gérer autant d’athlètes avec le souci de les aider à réussir tant au niveau académique que sportif n’est pas chose facile. Comment le TFES arrive-t-il à s’organiser ?
C’est grâce à un gros travail d’équipe que ces jeunes arrivent à bénéficier de toutes les facilités nécessaires pour briller. Le TFES est une émanation du ministère de la Jeunesse et des Sports et sans sa collaboration et celle des fédérations, nous ne pouvons rien faire.
— En parlant de collaboration, en quoi consiste le soutien du TFES aux athlètes et aux fédérations ?
Le TFES offre des bourses d’excellence à l’étranger. Il y a des stages de longues et de courtes durées. Il y aussi des stages locaux que nous soutenons. Nous offrons aussi des facilités de transports et autres médicales.
— Venons-en maintenant aux chances de médailles à ces 9es Jeux ?
Il faut d’abord prendre en considération que les deux plus gros pourvoyeurs de médailles aux Jeux sont l’haltérophilie et la natation. La première offre 45 médailles d’or et la seconde 35. Dans le cas de ces deux disciplines, je me réjouit de l’harmonie totale qui existe entre le MJS, les fédérations concernées et le trust pour le choix des entraîneurs et les stages effectués à l’étranger et à Maurice. Il faut reconnaître qu’en natation, les Réunionnais sont imbattables et que nos nageurs ont la capacité de nous rapporter entre cinq et huit médailles d’or. Dans ce cas de figure, je pense que nous pourrons refaire du terrain en haltérophilie. Nous avons d’ailleurs fait venir un entraîneur (Ndlr : le Roumain Urdas Constantin) que nous connaissons très bien pour avoir eu l’occasion de travailler avec lui lors des Jeux de 2003. Selon les dires des connaisseurs, nous espérons gagner entre 18 et 21 médailles dans cette discipline.
—Et qu’en est-il de vos pronostics sur les autres disciplines ?
En athlétisme d’abord, je pense qu’on aura entre 14 et 16 médailles d’or, alors qu’en boxe, on peut décrocher deux à quatre médailles d’or. En judo, ce sera deux, voire trois médailles d’or, en espérant que je me trompe. En badminton, je m’attends à ce que Maurice obtienne entre cinq et sept médailles d’or, dans la mesure où les Maldives possèdent un très bon pongiste qui est très fort en simple et en double également. Pour ce qui est du tennis, je pense à une médaille d’or, très probablement en double mixte, alors qu’en cyclisme, nous avons le potentiel de gagner deux médailles d’or. La voile peut aussi nous ramener une, voire deux médailles d’or je pense.
—Pour conclure, vous pensez à un total de combien de médailles d’or pour le Club Maurice ?
Je pense à 45, voire 50 médailles d’or. La possibilité existe, mais tout dépendra de notre performance en haltérophilie. Si tout se passe comme on le souhaite, je suis convaincu que Maurice fera mieux qu’en 2011 aux Seychelles.