Quelque 21 familles vivant à Chat Gaon, Plaine Magnien, ont reçu une offre d’Airport of Mauritius (AML) pour l’achat de leur terrain. Elles se disent toutefois déçues de la somme qui leur a été proposée et qu’elles jugent inférieure à la valeur réelle de leur bien, incluant la maison. Du côté d’AML, on se dit ouvert aux discussions. Les habitants ont jusqu’au 15 janvier pour faire leur proposition à la compagnie.
Pour les besoins de la mise en place d’une zone tampon à proximité des endroits sensibles de l’aéroport, Airport of Mauritius (AML) a proposé à 21 familles de la région de racheter leur terrain. Cette démarche fait suite aux plaintes des habitants qui se disaient incommodés par les bruits liés aux travaux sur la piste d’atterrissage et autres activités aéroportuaires.
Les familles concernées ont reçu leur proposition la semaine dernière par voie postale. Mais grande a toutefois été leur étonnement d’apprendre que le terrain a été évalué à un prix ne correspondant pas à leur attente.
Selon Sanjiv Nowbux, porte-parole des habitants, ceux-ci ne s’opposent pas à la démarche d’AML, mais ils ne veulent pas être perdants non plus. « Dans nos précédentes discussions, il était convenu qu’il fallait prendre en considération le coût actuel de la construction. Car en partant d’ici, nous allons devoir construire une autre maison. Par exemple, j’ai approché un contracteur pour construire une maison semblable à celle que j’ai actuellement, et il m’a réclamé Rs 2 millions de plus que la somme qu’AML me propose. Comment vais pouvoir construire ma maison si j’accepte cette offre ? »
Sanjiv Nowbux précise que l’intention n’est pas « d’extorquer de l’argent à AML », mais tout simplement d’éviter une situation où les habitants se retrouveraient avec une somme inférieure au coût de la reconstruction de leur maison dans une autre région.
Rezia, mère de famille de Chat Gaon, ne cache pas son inquiétude. Ancienne ouvrière d’usine, elle est aujourd’hui sans emploi. « Avec le salaire de mon époux, on arrive à peine à s’en sortir. Comment pourrons-nous emprunter de l’argent pour reconstruire ailleurs. Nous voulons collaborer avec AML, mais la compagnie doit aussi se montrer compréhensive. »
Dans sa proposition, AML accorde un an aux habitants pour reconstruire leur habitation avant de vider les lieux. « Or, dans un an, nous ne savons pas si les matériaux augmenteront encore. Il faut prendre cela en considération. »
Du côté d’AML, Girish Appayah, responsable de la communication, indique que les habitants ont jusqu’au 15 janvier pour donner leur réponse. « À partir de là, nous pourrons entamer d’autres discussions. Nous restons ouverts au dialogue. »
Sanjiv Nowbux avoue lui aussi vouloir privilégier les bonnes relations avec AML. « Nous ne voulons pas bloquer les projets de l’aéroport. Nous sommes pour le développement. Mais nous voulons une proposition plus équitable. »
Dans un communiqué émis en début de semaine, Serge Petit, CEO d’AML, explique que l’achat des terrains est nécessaire pour appliquer le plan de développement de l’aéroport. Une superficie de 1,6 arpent est en effet nécessaire pour créer une zone tampon et assurer des conditions optimales de sécurité pour les opérations aéroportuaires, et ce en conformité avec les normes internationales.