Leurs revendications auront finalement été prises en compte. Et c’est avec une dose d’espoir que les habitants de la Grotte Lane, Plaine-Magnien accueillent leur dernière rencontre avec la direction d’Airports of Mauritius Limited (AML), qui leur a assuré que leur cas sera considéré. Si les travaux d’agrandissement perturbent toujours leur quotidien, ces habitants espèrent que, d’ici deux semaines, leur cauchemar ne sera plus que chose du passé.
Ces familles se disaient dépassées, dans notre dernière édition, par le « tapage infernal » causé par les importants travaux d’agrandissement de l’aéroport. Une semaine après, ils reprennent espoir que leur calvaire va connaître le bout du tunnel. Pour cause : leurs doléances étalées dans la presse ou encore la pétition adressée à la direction d’AML, faisant état de l’intégralité des inconvénients causés par les travaux n’auront pas été vaines.
Certes, comme le souligne Sanjeev Nowluck, porte-parole des habitants rien n’est encore fait mais la rencontre de jeudi après-midi, avec le Chief Executive Officer (CEO) par intérim, Seewoosagur Nemchand apporte une nouvelle dose d’espoir. « J’ai été contacté, mardi par le Communication Officer, Girish Appayah où, on m’a proposé un rendez-vous », explique-t-il. Poursuivant dans le même souffle il ajoutait: « Une rencontre très favorable puisque les responsables d’AML ont été à l’écoute. Nous avons longuement débattu sur les nuisances que nous causent ces travaux et le CEO par intérim m’a donné la garantie que nos revendications seront considérées », indique-t-il.
Insistant sur l’urgence de la situation compte tenu des incidences majeures sur notre santé dont un stress supplémentaire et des insomnies entre autres, Sanjeev Nowluck affirme avoir demandé à ce que leur délocalisation se fasse de toute urgence. Selon lui, leur cas devra être porté à la prochaine rencontre du conseil d’administration. Par ailleurs indique notre interlocuteur : « Le CEO a proposé d’effectuer un constat de visu, d’ici la semaine prochaine pour constater de visu l’urgence de la situation ».
Si prédecemment AML affirmait, dans un communiqué de presse, que les résultats de l’audit sonore commandité, auprès de son consultant, pour mesurer le niveau de bruit dans cette région, était en dessous du seuil autorisé par la loi. Il écrivait également qu’AML s’attendait à une réduction significative du bruit avec l’avancée des travaux vers le centre de la piste, plus éloigné des habitations. Ainsi, selon les mesures prises par le consultat une moyenne de 48 dBA (décibels audibles) a été enregistrée, lors des travaux de nuit, alors que la limite autorisée est de 55 dBA pour la période de 21 h 00 à 07 h 00.
Or, soutient Sanjeev Nowluck, selon les résultats des analyses d’un Health & Occupational Safety officer du consultant d’AML, le niveau de bruit était 53.5 dBA, vendredi à 1 heure du matin, contre 48 dBA, la semaine dernière. « Contrairement à ce qu’a avancé AML, l’évolution des travaux vers le centre de la piste n’a en rien changé si ce n’est qu’accroître le niveau du bruit et empirer notre situation », dit-il. Ainsi déclare-t-il, une deuxième lettre sera envoyée, lundi, à la direction d’AML pour leur faire part de notre position. « Comme nous l’avions dit auparavant, nous n’avons nullement l’intention de réclamer de l’argent à AML mais nous souhaitons  en finir avec ce cauchemar. Nous promettons de collaborer pleinement avec eux pour faciliter notre délocalisation », maintient-il.
En conclusion, Sanjeev Nowluck affirme que les habitants ne se laisseront pas duper par des promesses non-tenues et  accordent un temps de réflexion et d’action de deux semaines  pour que les choses évoluent. « Nous réitérons notre position: we are not against national projects, on the contrary, we are for it but not at the cost of our health », soutient-il. En cas de statu-quo, une action plus musclée n’est pas à écarter selon notre interlocuteur.