Deux siècles nous séparent de l’arrivée des premiers travailleurs indiens à Maurice. Qui ont su laisser des traces de leur savoir-faire. Arulmigu Thanduyathabani Swamy à Clémencia, Bel Air, et Mariamen Kovil à Bon Espoir, Piton, sont les deux premiers temples à avoir été construits à Maurice. Ils sont très fréquentés par les Mauriciens. Nous les avons visités pour vous.

Situé à Clémencia, Bel Air, dans l’Est de l’île, le temple Arulmigu Thanduyathabani Swamy est un site à la hauteur de sa réputation. Les sculptures du dôme s’aperçoivent de loin. Le temple est niché dans les hauteurs du village. Pour y accéder, la route est étroite. Comme il est en retrait, le site baigne dans la tranquillité. Le temple a su conserver son cachet d’antan. Une fois sur le plateau du temple, une belle vue de la montagne se dévoile à nos yeux.

La construction du temple Arulmigu Thanduyathabani Swamy a débuté en 1838 et a pris fin en 1856. Selon les informations fournies par Amba Nungapatty, secrétaire du Hindu Maha Jana Sangham, le temple a été construit sur le terrain d’un dénommé Songor Itty, un sirdar originaire de l’Inde, de la propriété de Clémencia. Il a débarqué à Maurice en juillet 1843 et est devenu propriétaire de ce terrain en avril 1856. En 1867, Songor Itty a offert le temple aux dévots. “Le temple a été entretenu par mon grand-père, Thiru Saminaden Chocalingum.

Après son décès en 1945, il est resté fermé pendant cinq ans à cause de l’épidémie de choléra”, raconte le prêtre du temple, Gassen Chocalingum.

Une photo de la famille de Gassen Chocalingum, prise en 1965 devant le temple de Clémencia

Il est l’un des rares habitants résidant près du temple. En 1950, Moti Fawdar et Vayavavree Chocalingum, le père de Gassen Chocalingum, aident à redonner vie au temple. Après le passage du cyclone Carol en 1960, le temple est détruit. “En 1975, le temple a été rénové. Il y a deux ans, j’ai fait enlever le crépissage pour lui redonner son aspect d’origine.”

Témoin d’une époque oubliée.
Plusieurs kilomètres nous séparent du temple Mariamen à Bon Espoir, Piton. Il est situé au milieu des champs de canne et d’arbres. Ce temple est le témoin d’une époque oubliée. Les camps sucriers ont disparu pour laisser place à d’autres maisons, mais le temple est resté intact. Il a été construit en 1833. “Velivael Annasamy et Rama Tiroumoudy ont acheté le terrain où est construit le temple. Le premier nommé est venu à Maurice en 1792”, souligne Ganessen Nallan, le prêtre du temple, qui se prépare pour la marche sur les sabres, une cérémonie religieuse tamoule qui sera célébrée le 2 novembre. Quelques dévots sont déjà là pour la prière. “Je suis né à Bon Espoir. À l’arrière du temple, il y avait un camp. C’est là où j’habitais. Je me souviens qu’il était fait de rochers et de chaux”, dit Mardayven Soubramanien, président du temple de Bon Espoir. 

Le sol rouge délavé par le temps et le mur laissé tel quel à l’Arulmigu Thanduyathabani Swamy Kovil
Le mur toujours intact du temple de Clémencia
Gassen Chocalingum , qui officie actuellement au temple de Clémencia

Au fil du temps, les temples Arulmigu Thanduyathabani Swamy à Clémencia et Mariamen Kovil à Bon Espoir se sont développés. Ce sont des lieux de culte très importants à Maurice. Il y règne une atmosphère spirituelle. Les fidèles affluent de toute l’île et parfois de l’étranger pour y prier ou effectuer une visite.