Le dernier vol embarque ce matin (mardi 14 mars 2020) en silence ordonné vers la porte pour un retour au pays natal. Après, la France fermera ses frontrières aux voyageurs étrangers. Dans une salle d’attente de Orly-Sud sont assis des Réunionnais et des Mauriciens impatients et inquiets. Il faut quitter le foyer épidémique avant la fermeture complète des portes aux passagers en provenance de France. Le monde entier sera mis dans quelques heures sous cellophane: en quarantaine pour une quatorzaine de jours (en principe).

Ce vol débarquera chez nous quelques Français d’origine mauricienne en «fuite» pour espérer sauver leur peau ? Rien est moins sûr. C’est pour certains un exode à l’envers. La situation est instable. Il importe de tirer des leçons du modèle français et chinois afi n de gérer de manière optimum la crise sanitaire mondiale qui inaugure l’année du Rat de Métal. Madame Kwok avait vu juste dans ces prédictions.

Ce vol est l’un des derniers pour Maurice et La Réunion. A bord l’on porte des masques ou des foulards. Certains n’arborent qu’un rictus sur leurs visages fermés. «Nous sommes en guerre.» Les voyageurs ont, au fond, le sentiment d’être un contingent de pestiférés, mais avaient comme la certitude d’échapper au goulag. Après eux, ce sera la quarantaine d’offi ce pour tous les arrivants ; fièvreux ou pas. On peut être porteur «sain» et transmettre le «Koko» aux plus fragiles : les immuno-déprimés.

Les services sanitaires prendront des nouvelles chaque deux jour par téléphone. La période d’incubation est de 14 jours. Encore de nouveau cas sont à prévoir ? Il faut le craindre. On en reparlera sans doute dans les jours à venir.

Macron l’a martelé plusieurs fois la veille du départ, à la télévision : «Nous sommes en guerre.» Un confl it désormais aussi mondial que le web. Le président français, rompu aux techniques de com’, appelle au patriotisme des citoyens, avant d’anticiper une crise économique sans précédent. La Troisième guerre sera économique et bactériologique. Sombre avant-goût d’un futur imminent… des jours d’angoisse, d’incertitude et de peur. Le confi nement est salutaire. Sine qua non.

L’État français assurera les salaires des salariés. Les artisants (self-employed) devraient avoir leur part de dédomagement. On se demande ce qui se passera lorsque les vivres viendront à manquer. Ce sera peut-être le rationnement comme en temps de guerre pour éviter les émeutes au supermarché. Le monde retient son souffl e. Le chomage forcé est fortement envisagé. Les vieux et ceux ayant un système immunitaire défi cient craingent pour leur vie. Comme partout ailleurs l’hystérie gagne les esprits. Pendant combien de temps encore durera cet enfer ?