SAURON

Ce n’est pas la première fois, et certainement pas la dernière, que j’en parlerai. Je voudrais adresser ces quelques lignes à ces AUTRES. Ces autres dotés (ou affublés ?) d’un complexe de supériorité, ma foi, fort développé. Ces surhommes (attention pas au sens nietzschéen du terme ! non, bien loin de là), qui se croient absous de tous les péchés du monde.

Ces « surhommes » qui sont nés vieux. Des “babous” qui n’ont a priori pas connu la phase “baba”. Des “bobos” riches, qui parlent de misère comme s’ils l’avaient vécue… Que c’est mignon, l’on y croirait presque.

L’actualité encore une fois est morose. La Noël approche à grands pas, comme tous les ans. L’opulence dans toute sa splendeur fera sa grande entrée… une fois de plus. Pendant ce temps-là, des filles crèvent des mains d’hommes trop égocentriques, trop lâches, trop… (in)sensibles ? Pendant ce temps-là, l’on rêve de conquête territoriale, encore et encore. Pendant ce temps-là, des petits moutons, prêts à être abattus, se ruent dans les salles de classe pour faire leur preuve. Preuve ? Preuve de quoi ?

Rien ne va. Non PLUS RIEN NE VA. Nos jeunes crèvent, monsieur. Nos jeunes crèvent d’overdose. Overdose de drogue, d’alcool, de désillusions, de rêves brisés… d’insultes, d’amour. Oxymore cocasse, n’est-ce pas ? Car après tout, lorsqu’une fille se fait étrangler par un “amoureux”, ce doit être forcément “une histoire d’amour, de PASSION”, non ? Ou alors, peut-être que je me trompe d’époque ? Cette fascination morbide, frisant le phallocentrisme, pour ces CRIMES, ces meurtres finiront par faire de nous de vrais nécro…

Bref, je parle de ces jeunes-là, à ces “baba” dans “bwat koton”, à qui l’on coupera les ailes bien trop tôt. Des babas à qui l’on apprendra à se taire, à se faire tout petits. Ces mêmes babas que l’on humilie, que l’on castre, que l’on brise. Et l’on parle d’avenir ! Pourquoi et pour quoi ? Quand ces babas claqueront la porte, quand ces jeunes iront voir ailleurs, vous crierez à la traîtrise, à l’infidélité patriotique, à l’INGRATITUDE. Non, madame. Non monsieur.

A la place, pleurez. Pleurez le départ de ces fils et filles de la patrie, qui comme vous, lorsque vous aviez 20 ans, croyaient encore. L’espoir fait vivre les imbéciles, dit-on.

Et puis, tant pis, à quoi sert tout cela ? Nous mourrons tous dans quelques années. C’est à se demander, si nous trouverons une sépulture sous cette tonne de béton ? C’est se demander si cette mer, encore vierge, pourra accueillir nos cendres, si cette terre nourricière qui s’assèche, nous laissera pourrir en paix… Jean d’Ormesson disait en 2013, lors d’une émission française : « J’ai longtemps été un jeune con. J’ai beaucoup changé, et je suis devenu un vieux con ! »

A bon entendeur, salut !