La Confédération des Travailleurs des Secteurs public et privé (CTSP) a procédé vendredi à la distribution de masques, savons de toilette ainsi que de dentifrices aux ouvriers indiens de la compagnie indienne Swadeshi, chargée de construire le nouvel hôpital de cancer (anciennement MedPoint) à Phoenix.
Le président de cette confédération, Reaz Chuttoo, estime que « ces ouvriers ont bien besoin de ces produits en cette période de confinement car ils n’ont pas la possibilité de quitter leurs dortoirs ». Il devait profiter de l’occasion pour lancer un appel aux autorités pour faire débloquer le salaire de ces ouvriers pour le mois de mars. Il a aussi demandé aux membres de la CTSP « de venir en aide à ces ouvriers afin que ces derniers aient plus de variétés de nourriture ». Il ajoute : « Malgré la période de couvre-feu sanitaire, on ne peut rester insensible face aux cris de ces ouvriers. » Du côté de la direction de Swadeshi, on n’apprécie pas que le syndicaliste ait accès aux ouvriers dans leurs dortoirs.

Par ailleurs, la CTSP a adressé une lettre au Premier ministre, Pravind Jugnauth, la semaine dernière dans laquelle elle a demandé aux autorités de s’assurer que des inspections sanitaires soient régulièrement faites dans les dortoirs afin que le nouveau coronavirus ne se répande comme cela a été le cas à Singapour. « The Ministry of Labour ought to create a most urgent One Stop Shop Migration Unit under its aegis that will cater for Labour, Health, Welfare and Social Security with adequate human resources to ensure regular inspection and enforcement of the Lodging and Accommodation Regulation. We must learn from the flaws of Singapore in not ensuring proper accommodation for foreign workers which has resulted in an alarming contamination of COVID-19 », a-t-elle écrit. Elle devait de même attirer l’attention du Premier ministre sur « le manque de protection légale pour les travailleurs atypiques » et sur les tentatives de la classe patronale d’enlever certaines prestations aux salariés qui travaillent à domicile en cette période de confinement.

« The CTSP considers that the newly introduced Workers Rights (Atypical Work) Regulations 2019 does not offer enough protection from being overexploited. There is an urgent need to further consolidate the Atypical Work Regulation or to introduce a new and specific regulation for work from home because atypical work does not necessary means work from home. The issue of salary, working hours, health and safety protection, work life balance will have to be addressed. Workers working from home will have to be paid a full 45-hour wage per week, because of the specific task nature of the work from home, employers will be tempted to claim that workers should be paid less for lesser number of working hours per week », souligne Reaz Chuttoo.

Il devait aussi souligner que durant cette période de confinement, le spectre du chômage se pointe à l’horizon. « C’est pourquoi le rôle du Redundancy Board doit être revu. A ce jour, seul le cas de licenciement de quinze travailleurs ou plus est soumis auprès de cette instance. Il faut que celle-ci soit en mesure de s’occuper de tous ces cas », dit-il.
Il poursuit : « It is very important to note that only employers employing more than 15 workers are obliged to go before the Redundancy Board before declaring a worker redundant.  The fact that there may be massive loss of job, the demand for employment will increase. Employers employing 15 or less workers will be tempted to terminate the jobs of their workers and to re-employ new ones with a lesser package as demand will take toll over offer of jobs. The CTSP therefore proposes that all termination of jobs should go before the Redundancy Board for all employers employing more than 5 workers. »
Pour le déconfinement, il propose de réorganiser les services de transport public pour appliquer la distance sociale, la vente de produits par les marchands de rues et maintenir le contrôle des prix des commodités de base.