Alors que nous entrons à partir de cette semaine dans la chaleur de l’été, qui commence déjà à se faire  sentir, nous nous engageons également dans ce qui s’annonce comme le dernier trimestre le plus palpitant que nous ayons connu ces dernières années avec, pour point culminant, les élections générales, qui devraient intervenir à n’importe quel moment. L’ensemble du pays est suspendu à cet exercice quinquennal qui, depuis notre accession à l’indépendance, nous a permis de faire la différence par rapport aux autres pays du continent africain. À l’exception de 1972, les élections générales ont été organisées régulièrement dans le pays, d’autant plus que, depuis 1982, aux termes de la Constitution, l’Assemblée générale « stand dissolved » cinq ans après la première réunion de l’Assemblée générale suivant les résultats des élections. Cet exercice, qui donne lieu soit à une alternance politique, soit à une continuité politique,  dans la paix, est à la base de la stabilité politique dans le pays.

Chaque élection a sa propre particularité en termes de configuration politique et, cette année, on s’achemine visiblement vers une course entre trois mouvances bien distinctes, soit l’alliance au pouvoir avec le MSM et le ML, le PTr et le MMM. Le PMSD et le Mouvement Patriotique sont deux partis parlementaires n’ayant pas indiqué clairement s’ils comptent conclure une alliance, que ce soit avec l’alliance gouvernementale ou le PTr.

Alors que les candidats désignés de tous les partis sillonnent déjà toutes les circonscriptions qui leur ont été assignées, les regards seront tournés ce week-end  vers le MMM, qui célèbre le 50e anniversaire de sa création, en 1969, au Plaza de Rose-Hill. Les déboires qu’a connus ce parti ces dernières semaines, avec une série de défections pour se joindre aux partis au pouvoir, semblent avoir provoqué un effet contraire aux objectifs fixés par ses principaux adversaires.

« Le MMM connaît une nouvelle naissance », a laissé entendre cette semaine le leader historique de ce parti, Paul Bérenger, qui affirme que la porte de son parti est encore ouverte à tous ceux « qui veulent retourner à l’exception » de certains, qu’il n’a pas nommés. Il a rappelé que le MMM est un parti de centre gauche et a, par la même occasion, lancé l’idée d’un gouvernement à la portugaise, où tous les partis de gauche et d’extrême gauche, même s’ils ne sont pas d’accord sur tout, s’accordent pour offrir leur soutien à un gouvernement minoritaire. On ne sait à ce stade, l’effet qu’aura cette remarque parmi les partis de gauche à Maurice. Ce thème devrait être un des éléments dominants de son intervention dimanche.

Du côté du gouvernement, il va sans dire que la Journée internationale des personnes âgées, qui sera célébrée mardi, prendra la forme d’un grand rassemblement politique au Swami Vivekananda  International Convention Centre. C’est d’ailleurs la raison officielle qui a été mise en avant pour reporter les travaux parlementaires au mardi 8 octobre. Nul n’ignore que ce segment de l’électorat mauricien a joué un rôle clé dans les résultats des élections ces dernières années. On ne sait encore à ce stade quelle surprise le Premier ministre sortira de son chapeau cette semaine pour séduire les personnes âgées, dont le nombre est en nette augmentation.

Mais ce n’est pas tout : le métro léger, dont le “soft launch” est prévu lundi, semble avoir déjà séduit ceux qui l’ont aperçu à sa première sortie sur les rails de Rose-Hill cette semaine. Alors que d’autres rendez-vous majeurs attendent la population, dont la célébration des premiers travailleurs engagés, le 2 novembre, et la fin du délai fixé pour que la Grande-Bretagne se retire des Chagos, le 22 novembre. Le Premier ministre, qui est le seul à avoir la prérogative de fixer la date des élections, a désormais un mois pour jouer son joker puisqu’il a déjà fixé la date de la partielle dans Piton/Rivière-du-Rempart au 13 novembre. Saura-t-il le jouer intelligemment ?

Jean Marc POCHÉ