GEORGES-ANDRÉ KOENIG

Voilà cinq ans déjà sur la place Saint Pierre
Que Dieu leva le voile fait de blanche fumée,
Et votre visage aux quatre coins de la terre
Avec admiration fut alors contemplé.

À peine quelques mots dits, quelques gestes accomplis,
Que l’essence de votre être irradiait du balcon,
Et tous les peuples du monde ont alors compris
Que le choix du ciel avait été le bon.

Pasteur des bidonvilles en Terre argentine
Où la richesse ne se trouve qu’au plus profond des cœurs,
Le destin vous plongea dans des joutes intestines
Pour tâcher de veiller à ce que le souffle ne meurt.

L’Église a, en effet, des années durant,
Abusant du pouvoir qui lui était confié,
Trahi en quelque sorte du Christ l’enseignement
En privant l’être humain d’une totale liberté.

Et ce au profit d’une vieille tradition
Qui veut que le groupe prime sur l’individu
Afin que tous les hommes vivent au diapason
D’une pensée unique au service des élus.

Trois papes avant vous ont avec acuité
Remis en question les règles ecclésiales.
Mais depuis le serment que vous avez prêté
L’on sent changer les choses de façon radicale.

Depuis que vous êtes là, en effet, très Saint Père,
Une folle espérance illumine les visages
De ces désespérés pour qui, encore hier,
L’horizon n’était fait que d’angoissants nuages.

Aujourd’hui, buvant la moindre de vos paroles,
Dont l’écho résonne par-delà les frontières,
Ils se mettent à genoux et s’inclinent vers le sol
Pour remercier Dieu d’avoir en vous un Père

Qui, malgré son grand âge, sans cesse parcourt le monde
Pour dire à tous et toutes, des grands aux plus petits,
Que le seul but de l’homme ici en ce bas monde
Est de faire de la Terre un havre d’harmonie.

Vous voilà à Maurice aujourd’hui Très Saint Père,
Creuset quasi unique des plus grandes religions
Qui, sous le regard d’un seul et même Père,
Prêchent toutes l’Amour et appellent au Pardon.

Puisse votre séjour dans notre île arc-en-ciel
Intensifier les liens qui déjà nous unissent,
Et c’est à ces fins que nous prions le Ciel
Et aussi pour que Dieu, chaque jour, vous bénisse.

Respectueusement vôtre,

GEORGES-ANDRÉ KOENIG