La scène principale

Voyeurs, vous serez déçus ! Car nous ne vous révélerons pas les secrets des loges des artistes. À Les Bains Douche Club en tenues affriolantes, déguisées ou légèrement vêtues, les danseuses réchauffent les soirées de Pointe aux Sables dans des shows sensuels et érotiques. C’est ce que propose cette boîte chic pas comme les autres deux fois la semaine depuis quelque temps. Pour mieux comprendre comment on finit par se jeter à l’eau avec un tel projet qui dépasse les tabous, nous sommes allés à la rencontre de Sarah et Jean-France Lanappe dans les coulisses.

Le tapis rouge est de mise. Dès l’entrée, Les Bains Douche Club affiche cette couleur, du noir et des teintes dorées pour dire son ambition d’être une boîte chic et select. Les clients sont donc avertis : on vient ici pour se décontracter, mais un certain comportement est attendu. Sarah et Jean-France Lanappe, propriétaires de Les Bains Douche, insistent sur ce point, conscients que si une discipline n’est pas observée, on sombre rapidement dans un genre nettement moins glamour. D’où les règles instaurées.

Sarah et Jean-France Lanappe

Chut !

Pas de photos durant les soirées. Afin de protéger la clientèle comme les danseuses et leur garantir un minimum de discrétion. Ce qui se passe à Les Bains Douche y reste. Raison pour laquelle les propriétaires nous ont conviés pour une visite dans la journée, tout en acceptant de jouer la carte de la transparence sur ce qui s’y passe les vendredis et samedis soirs.

Installés dans les locaux de l’ancienne boîte Artemis, Les Bains Douche a ouvert ses portes il n’y a pas longtemps, avec pour spécialité ce qui est présenté comme de la danse exotique. En clair, on y va pour apprécier des danseuses dans des shows et des numéros sexy et érotiques. Au programme : cabaret, pole dancing, table dance, lap dance et d’autres spécialités propres à cet univers. Mais attention, préviennent Sarah et Jean-France Lanappe, “il n’y a pas de séance de strip-tease sur scène. Nous ne le faisons pas.” Responsable des shows et des chorégraphies, Sarah Lanappe a voulu placer la barre haute et cite le célèbre cabaret français Le Moulin Rouge. “Nous avons pour ambition d’être le Moulin Rouge de Maurice par les spectacles que nous proposerons.”

Dans les cabines.

Ça, c’est pour la partie visible. Une fois passé l’entrée, le client se retrouve dans une salle décorée et animée de jeux de lumière où des danseuses se produisent sur une scène dotée de barres pour le pole dancing. Des espaces de danse sont aussi prévus derrière le bar, qui a pour fond une cascade dévalant le long d’un mur de pierres noires. Sur les étagères, des boissons de plusieurs marques et catégories.

La cabine du DJ a été installée dans une moitié de voiture intégrée à la scène. Tout autour de la salle, qui comprend aussi un carré VIP, des cabines protégées d’épais rideaux. Chacune a sa décoration et ses spécificités : cabines douches, jacuzzi, écran géant, etc. La possibilité est offerte aux clients de louer ces cabines pour des shows plus privés avec des danseuses ou des hôtesses. Là encore, les limites sont clairement fixées : “Nous ne louons pas de chambre et nos danseuses ne pratiquent pas la prostitution. Le sexe, la drogue, les mineurs ne sont pas admis. Nos agents de sécurité ont pour consigne d’être stricts à ce sujet”, explique Jean-France Lanappe. Reste que les secrets de derrière les rideaux sont encore plus opaques. Un souci de discrétion supplémentaire proposé à la clientèle qui comprend des citoyens lambda… et certains qui le sont moins.

Les artistes à l’œuvre.

À peine lancé, le club s’est rapidement fait une renommée et une clientèle. Parmi, soulignent les propriétaires des locaux, des étrangers, des couples, toute une faune de noctambules en quête d’un cadre où les choses se passent autrement la nuit. “Nous ne sommes pas une boîte de nuit. La musique n’est pas forte, les gens ne viennent pas forcément pour danser mais davantage pour passer un moment particulier à boire, discuter, prendre des snacks et apprécier nos artistes à l’œuvre.”

Actuellement, elles sont huit danseuses. Toutes des professionnelles formées à ce type de spectacle qui, en sus de sensualité, fait appel à la souplesse et à la dextérité. Toutes sont Mauriciennes. “De manière générale, les Mauriciennes ont du caractère, sont fonceuses et cherchent leur place en société alors que nous allons de l’avant avec nos idées”, dit Sarah Lanappe. Le recrutement a été fait à travers les petites annonces. “Plusieurs femmes se sont rapidement manifestées. Un bon nombre n’a pas osé aller de l’avant par peur des préjugés.”

Même pour le couple Lanappe, la décision d’investir dans un tel projet alors que les tabous sont toujours très présents n’a pas été facile à prendre. “Nous avons toujours souhaité lancer quelque chose qui sorte de l’ordinaire. Nous avons choisi ce projet malgré ce que les gens pourraient bien dire.” Trois années de travail, des investissements conséquents pour rendre le cadre adapté : Sarah et Jean-France Lanappe se sont inspirés de ce qui se fait ailleurs. Le soutien que leur a rapidement apporté la clientèle leur a indiqué qu’ils avaient répondu à une demande certaine.
Les numéros proposés sont souvent revus. Dans les coulisses des danseuses, des costumes attendent la fin de la semaine pour s’ajouter aux couleurs des lieux. Dans quelque temps, des chippendales et des soirées thématiques seront programmés.


Halloween

Deux soirées Halloween pas nécessairement pour faire peur. Elles sont prévues les 2 et 3 novembre à Les Bains Douches, qui promet une ambiance spéciale bubble & foam. Infos : 54-82-30-00 / 235-1234.