Un exercice qui a fait croître leur confiance pour qu’ils soient des citoyens plus avertis qui pourront lutter pour leurs droits. Ces étudiants en Advertising, Public Relations and Media ont fait montre de leur créativité vendredi matin au jardin de la Compagnie dans le cadre de leur dernière année universitaire. Trois groupes comprenant chacun quatre jeunes, âgés entre 21 et 25 ans, ont choisi un thème particulier pour tenir leur petite manifestation qui n’a duré qu’une heure.

Cette manifestation organisée par ces jeunes fait partie de leur module “Carnivalesque” où ils doivent pouvoir monter un petit projet où ils protestent contre des systèmes qui ne sont pas nécessairement acceptés par tous. Les jeunes du premier groupe qui ont choisi de protester contre le projet Safe City ont tenu des pancartes avec des propos assez forts. Mais ils ont préféré cacher leur visage. « On cache nos visages pour donner la voix aux gens qui ne sont pas d’accord avec le projet Safe City », explique une étudiante très enthousiaste. Ne voulant pas divulguer son identité, elle dira que la manifestation a pour but de sensibiliser les gens au fait qu’ils sont surveillés et que les données qui les concernent directement ne sont plus leur possession. Cet exercice a coûté un mois à ces jeunes. Le thème de Safe City leur a été inspiré par un module sur Michel Foucault qui parle du Panopticon. « Le projet Safe City est un exemple de cela car nous sommes surveillés partout », ajoute-t-elle.

Le choix du jardin de la Compagnie, selon elle, n’est pas irréfléchi. « Nous avons choisi ce jardin en raison de son histoire très riche. C’est le lieu où plusieurs luttes ont été menées pour que les droits des travailleurs soient reconnus », fait-elle ressortir. Ce groupe qui manifestait contre le projet Safe City comprenait aussi quelques garçons. Vêtu de noir et le visage couvert, l’un d’eux estime que le jardin de la Compagnie apportera plus de visibilité à leur manifestation. De plus, les caméras présentes permettent aussi d’être en ligne avec leur protestation contre le Safe City.

Les deux autres groupes ont manifesté contre le développement sauvage qui affecte le patrimoine mauricien et le féminicide. « On détruit les mangroves pour la construction des hôtels alors que nous avons plusieurs hôtels dans le pays. Je ne vois pas pourquoi nous devons dégrader la faune et la flore mauricienne pour que des étrangers en profitent alors que nous perdons notre patrimoine », dit-il.

Ces jeunes disent ne rien craindre et sont prêts à faire entendre leur voix dans n’importe quelle circonstance. « Nous devons parler et conscientiser les gens. Grâce à ce module, nous nous sentons plus revigorés et notre confiance est renforcée », disent-ils. Ces étudiants lancent aussi un appel aux autres universités pour qu’elles proposent un module qui permette à leurs étudiants de faire entendre leur voix. Pour eux, il faut que les jeunes aient la chance de pouvoir parler car la liberté d’expression doit être valorisée. Ils ajoutent qu’ils n’ont pas peur de représailles même s’ils seront sur le marché du travail après leurs études. Pour eux, il faut manifester pour une bonne cause. Grâce à ce projet, ces étudiants pourront s’attendre à plus de points.