Ils s’en fichent royalement, on dirait. Et la Speaker qui aurait dû sonner le rappel des troupes pour qu’elles respectent les règles de la bonne conduite parlementaire a, du moins, décidé de ne pas tancer les ministres, ou, au pire, elle n’a pas daigné jeter un coup d’oeil aux statistiques qui indiquent qu’il y a 25 questions de parlementaires qui sont toujours en attente d’une réponse, et ce, à une semaine de la rentrée parlementaire.

En tête du peloton des ministres négligents ou carrément « foupamalistes », Etienne Sinatambou, ministre de l’Environnement et de la Sécurité sociale, qui collectionne sept questions restées sans réponse et qui touchent à des sujets aussi divers que les réunions de la National Energy Commission, les conventions internationales sur les personnes handicapées, les bouleversements climatiques de la première circonscription, les fonds du NPF, l’amiante, l’augmentation de la pension universelle et l’utilisation des détergents.

Le talonne de très près, la ministre de l’Education Leela Devi Dookun-Luchoomun qui n’a pas eu le temps de fournir des réponses à six questions sur les centres où l’on dispense un enseignement aux apprenants à besoins spéciaux, sur les cours du MITD dispensés au centre de Surinam, sur le terrain de football de Beau-Vallon, la piscine de l’école de Melrose, les travaux à la Ramnarain Roy Government School et l’aménagement de classes additionnelles à l’école Ernest Florent.

Fait une entrée fracassante dans la catégorie des mauvais élèves, l’Attorney General et ministre de la Justice, Maneesh Gobin, lequel a cinq questions portant sur les bénéficiaires des compensations de l’Etat, la composition, les postes et les enquêtes de la Commission nationale des droits humains et la liberté de la presse, qui sont restées dans son tiroir. Comme quoi, la nouveauté n’est jamais vraiment synonyme de respect des conventions, fussent-elles parlementaires !

Sudhir Sesungkur — ce n’est même pas une surprise , — n’est pas en reste. Il a trois réponses encore à donner sur la nomination de l’administrateur de la BAI et de la Bramer Banking Corporation, le rapport du Eastern and Southern African Anti-Money Laundering Group et les doléances formulées contre les Management Companies. Ivan Collendavelloo, trop occupé peut-être à faire accepter ces turbines à gaz, devra se dépêcher pour faire déposer les deux réponses qui manquent aux questions sur la date d’achèvement des travaux de la station de traitement de Pailles et l’augmentation des tarifs de l’eau qu’il avait annoncée depuis des lustres.

Comme il ne leur reste qu’une réponse à faire parvenir au secrétariat de l’Assemblée nationale, gageons que le ministre des Arts et de la Culture, Pradeep Roopun, trouvera le temps, d’ici le 26 mars, à envoyer sa réponse sur la MASA à la bibliothèque du Parlement et que le ministre des Sports qui a entamé un marathon jusqu’aux Jeux des îles, fera un arrêt pour donner une réponse à la question sur la complexe sportif de Côte d’Or.