Comme c’est le cas depuis 1993, l’Union Tamoule de Maurice (UTM) a célébré la fête Aadi Padinettam Perukku Vizha (Aadi), hier, sur les berges de la rivière d’Ébène. Plusieurs couples ont renouvelé leurs voeux de mariage lors de la cérémonie traditionnelle de changement de la cordelette qui retient l’alliance.
Une fête culturelle était aussi au programme avec la participation des membres de l’aile féminine de UTM, des élèves de la Kalai Vaanee Kalai Arangam. Des chants religieux ont été interprétés par Pamela Pyaneeandee, Yogen Saminaden et Anoushka Appasamy, Moonesh Carpen, Goinsamy Payendee, Pramen Armoogum. Et des danses classiques ont été exécutées par Sanjeeva Murday, les élèves de la Vahini School of Dance et le Quatre-Bornes Dravidian Circle.
Ganessen Annavee, le président de UTM, a rappelé dans son message que l’Aadi est célébrée depuis des millénaires et a occupé une place privilégiée chez chaque famille tamoule. Les couples tamouls, ainsi que leurs familles, se rendent aux berges d’une rivière, d’un ruisseau ou au bord de la mer, pour le renouvellement de cette corde safranée et mystique. Mystique, par ce rappel de la foi en soi et qu’elle incarne le symbole de l’unité, l’amour et l’intégrité dans le foyer.
La visibilité de cette mysticité, c’est cette corde safranée que la femme porte pieusement au cou jusqu’au dernier jour pour consolider l’unité des époux dans la prospérité comme dans l’adversité. Un hommage est aussi rendu à la toute puissante, Parasakti, déesse de l’énergie. Elle procure au couple et à la famille cette énergie pour que l’harmonie règne toujours dans leur foyer et les aide à vivre une vie prospère.
Ganessen Annavee souligne que pour les nouveaux couples, c’est un jour nouveau. Ils revivent le jour de leur mariage et de ce moment exaltant et émotionnel de la cérémonie de taali. Si c’est au mari que revient l’honneur de passer la nouvelle corde safranée autour du cou de sa bien-aimée, c’est à la femme, préservatrice de nos cultures et traditions, que revient la garde de cette corde bénite et sacrée.
L’achagar Soopayah Pyeneeandee, le prêtre officiant pour la cérémonie d’hier nous a déclaré que UTM a été fondé en 1953 par feu Permal Soodron. Le but était de propager la langue et la culture tamoule à Maurice. Soopayah Pyeneeandee, enseignant de la langue tamoule et travailleur social, ayant été honoré du titre de MSK en 2007 par le gouvernement mauricien, a lancé récemment une sélection en anglais, français et tamoul du Thirukkural. Ce livre contient des poèmes et des citations en hommage au Thiruvalluvar et le Thirukkural par les illustres personnalités dont, le Dr Albert Schweitzer, le Dr Zakir Hussain, le Mahatma Gandhi, Rabindranath Tagore, le révérend G.V. Opope et John Murdock, entre autres. Un buste du sage Thiruvalluvar de 133 pouces a été dévoilé par un érudit de la langue tamoule, Soopayah Poinen. Une exhibition sur le Thirukkural comprenant des livres en différentes langues dont le tamoul, l’hindi, en français, kreol et anglais a été organisée à cette occasion. La cérémonie s’est déroulée au Saanda Goononanda Shabha à Vacoas.
Menon Murday, le président de la Mauritius Tamil Temples Federation nous a déclaré que l’Aadi est célébrée le 18e jour du mois de Aadi et les couples se rendent sur les berges des rivières pour le remplacement de l’ancienne corde colorée de safran. Les couples évoquent le Parashakti et les nouveaux mariés ajoutent « deux boules » (koundou) symbolisant la prospérité dans leur vie conjugale. Concernant le mauvais temps qui a prévalu sur l’île hier, Menon Murday a déclaré que la rivière Kaveri se trouvant dans le sud de la Grande Péninsule est remplie durant cette période. A l’occasion de la fête Aadi, les fidèles citent les noms de sept rivières de l’Inde dont la rivière Kaveri.
Veerasamy Poullé, un habitant de Rose-Hill nous a dit qu’il renouvelle les voeux de mariage pour la 34e fois cette année. Il s’est marié le 20 mars 1977.
D’autres couples nous ont exprimé leur bonheur de procéder aux échanges des alliances, en remplaçant l’ancien cordon sacré pour un nouveau thali. Les couples demandent la grâce de dieu pour qu’ils vivent dans la paix et l’harmonie.
Le cordon qui a été sali et usé est déposé dans la rivière. L’eau doit être courante. Les femmes mariées appliquent aussi le safran sur leur visage.