Commentant la demande de certaines personnes pour que le lundi de Divali soit férié, le Premier ministre Navin Ramgoolam a ironisé en affirmant : « Donn konze 365 zour. » C’était samedi, lors de son intervention à l’occasion de la commémoration du 179e anniversaire de l’arrivée des premiers travailleurs engagés à Maurice. Le PM a mis l’accent sur le travail, la discipline et l’engagement en politique pour la réussite d’un pays et pour y apporter des changements. Il a précisé que « langazman an politik pa ve dir ranpli pos ».
Navin Ramgoolam devait reprendre les propos des intervenants précédant, dont ceux du ministre des Arts et de la Culture, Mookhesswur Choonee sur le dur labeur des travailleurs engagés et ajouter que « les résultats obtenus ne veulent pas dire qu’il faut arrêter de travailler ». Selon lui, il est important de connaître son passé, c’est ce qui aide à « refermer les cicatrices », et de voir l’avenir. « Nou bizin kone kot pou ale e kontinye travay », dit-il, car tout n’est pas acquis. Faisant référence à ceux qui ont demandé un jour de congé pour aujourd’hui, (ndlr : pour la Divali), il ironise en disant : « Donn konze 365 zour. » Et de poursuivre : « Nou bizin ena disiplinn pou ogmant nou kapasite ek ena krwasans. Tout n’est pas acquis et il faut être vigilant pour l’avenir du pays. »
Remontant l’histoire, le Premier ministre souligne que le sort des travailleurs engagés était semblable à celui des esclaves et c’est seulement en 1901, lors de son passage à Maurice, en provenance d’Afrique du Sud, que Mahatma Gandhi, lors d’une allocution à Taher Bhagh a exhorté ceux présents à envoyer leurs enfants à l’école et à s’engager en politique pour apporter du changement dans leur vie. Le Premier ministre a parlé de l’engagement de son père sir Seewoosagur Ramgoolam à son retour au pays de Londres en 1935 aux côtés d’autres tribuns et de la lutte pour « libérer le pays » et avoir son indépendance.
Le Premier ministre estime que pour apporter du changement dans le pays, il faut que les gens s’engagent dans la politique et non se contentent de discuter entre eux. Cependant, cela doit se faire « avek sakrifis ek enn laflam dan leker », comme le disait SSR, dit-il en ajoutant : « Angazman polititik pa ve dir ranpli pos. Ena fer li. » Selon lui, il y a eu de multitudes tentatives pour « diviser le mouvement des travailleurs ».
Le PM a rappelé que 70 % de ceux qui sont arrivés à Maurice de Calcutta à bord du navire Atlas sont passés par les seize marches de l’Aapravasi Ghat, site mauricien classé patrimoine mondial de l’UNESCO. Un statut obtenu grâce notamment au travail de Bikramsingh Ramlallah qui a su mettre en exergue cet aspect de l’histoire.
Pour poursuivre son oeuvre, annonce le Premier ministre, « nous allons ouvrir un centre d’interprétation ici », l’année prochaine. Maurice commémorera le 180e anniversaire de l’arrivée des premiers travailleurs engagés, en 2014. Il a, dans la même foulée, salué la publication du livre de Khal Toorabully, Voices from the Aapravasi Ghat (indentured immigrants) qui valorise « notre histoire et notre culture selon un point de vue différent de colonisateur ». Le livre a été lancé samedi.
Ont également pris la parole à cette occasion, le ministre Choonee, le Haut commissaire indien à Maurice, TP Seetharam et le président du Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF), Mahen Utchanah. La cérémonie était ponctuée de quelques numéros culturels, relativement sobres cette année.