La plateforme Préservation et promotion du patrimoine, qui s’est réunie jeudi dernier à Port-Louis, souhaite avoir une rencontre au plus vite avec le Premier ministre, Pravind Jugnauth, pour soulever certains points concernant la zone tampon de l’Aapravasi Ghat. Selon Kwang Poon, le porte-parole de la plateforme, il n’est pas possible de construire des bâtiments de deux étages.

« La “buffer zone” paralyse le développement économique de la capitale. Nous n’avons rien contre l’Aapravasi Ghat mais il suffit de prendre connaissance du contenu des Planning Policy Guidelines. Nous souhaitons vivement que China Town ait son propre cahier des charges. C’est la seule manière de donner une nouvelle dimension culturelle et économique à cette partie de la capitale et mettre en valeur son cachet culturel pour attirer plus de touristes. Il y a à China Town des bâtiments en pierre et en bois qui ont une valeur historique et qui méritent d’être préservés et valorisés. Il nous faut absolument un développement harmonisé et inclusif et il est de notre devoir de les préserver », a-t-il poursuivi.

Selon Kwang Poon, on ne peut plus continuer à faire appel à des experts étrangers pour rédiger des rapports qui coûtent d’énormes sommes d’argent. « Mo ti prefer ki lotorite investi pou repar bann trotwar, repar bann simin kase, sanz ban vie lanpader. Linvestisman la ti pou pli itil. » Il faut, a-t-il dit, mettre en place un mécanisme pour plus de transparence.

Faisant référence à d’autres pays où il existe des China Towns comme en Malaisie et Singapour, Kwan Poon a déclaré : « Il y a de l’ambiance, les gens sont curieux pour visiter et découvrir l’autre face du pays. À Maurice, China Town est morte à partir de 18h. Il n’y a aucune animation et c’est pire en hiver. »

Deva Kanaksabee, qui était présent à la conférence de presse, a dit regretter que les autorités n’aient pas jugé utile de consulter des propriétaires et investisseurs potentiels dans la capitale avant d’aller de l’avant avant avec leur plan d’action concernant l’Aapravasi Ghat.

« La zone tampon a un impact négatif non seulement sur la capitale mais sur tout le pays. China Town doit avoir ses propres spécificités. Il faut tout mettre en œuvre pour revaloriser et donner un nouvel élan à la dimension culturelle et économique de cette région. Pour que cela se concrétise, il faut revoir la “buffer zone” », a-t-il insisté lui aussi.

Anwar Joonas, directeur de Joonas and Sons, a vivement dénoncé l’anarchie qui existe dans la capitale. « Certaines rues sont devenues impraticables, la saleté est partout avec le retour des marchands ambulants comme à la rue Farquhar, par exemple. Il y a trop de laisser-aller et voilà où tout cela nous mène aujourd’hui », a-t-il déclaré.