La controverse se poursuit autour de la décision des autorités de procéder à un exercice contrôlé d’abattage de la chauve-souris frugivore endémique unique à Maurice — Pteropus niger (Mauritian Fruit Bat). Lundi, en effet, dans un post sur sa page Facebook, l’ambassadrice américaine à Port-Louis, Shari Villarosa, se départant de sa réserve d’usage de diplomate, a pris fait et cause pour l’espèce qui courait, déjà, un haut risque d’extension en milieu naturel.
« Bats are welcome here! », affirmait sur le Net la diplomate américaine accréditée auprès des autorités mauriciennes avec force photos d’elle les bras grands ouverts dans son jardin devant deux grands arbres de litchis comme pour signifier sa bienveillance à l’égard de l’espèce endémique menacée. L’ambassade américaine invite même les internautes à se joindre à l’ambassadrice Villarosa dans sa démarche en partageant photos, tweets et vidéos.
Cette démarche de la diplomate américaine intervient après la demande officielle de l’arrêt immédiat de l’abattage en cours depuis le samedi 7 novembre dernier faite, la semaine dernière, par une spécialiste américaine de la chauve-souris, le Dr Tigga Kingston, coprésidente du Bat Specialist Group de l’International Union for the Conservation of Nature (IUCN). Cette dernière qui était en mission officielle à Maurice a exprimé à la presse son regret de cette décision des autorités mauriciennes de procéder à l’abattage de l’espèce endémique menacée sans une évaluation scientifique préalable de la population réelle de la Mauritian Fruit Bat.
Elle devait rappeler, à cet égard, que Maurice s’est, jusqu’ici, bâti une réputation internationale en matière de conservation sur la base d’une approche novatrice et scientifique. Elle a, en conséquence, appelé les autorités locales à poursuivre dans la même voie dans le cas du Pteropus niger en assurant que l’IUCN est disposée à offrir son assistance à cette fin. »Nous connaissons très peu de cette espèce de chauve-souris endémique menacée et plutôt que cet exercice d’abattage en cours dans le but supposé d’atténuer les dégâts au niveau de la production fruitière, nous aurions souhaité une approche bien plus scientique », devait dire la Bat Specialist.
Cette dernière a insisté sur l’importance de la chauve-souris frugivore endémique unique à Maurice pour le maintien de la biodiversité florale de l’île. Le Dr Kingston a, en effet, expliqué que le Pteropus niger est la toute dernière espèce animale encore vivante sur l’île capable de disperser de grosses semences tout en étant un pollinisateur à longue distance. Aussi, pour lui, l’éventuelle extinction de cette espèce occasionnerait, parallèlement, la disparition sur l’île de nombreuses espèces florales indigènes.