Un nouveau cas d’abattage illégal d’arbres soulève la colère des habitants de Trou-aux-Biches, plus précisément ceux vivant aux abords de la plage publique, non loin de l’école primaire de la localité. Ces derniers sont révoltés contre les agissements d’un nouveau venu dans la région, un Sud-Africain, qui se permet d’« anlev zarb lor domenn piblik ». En dépit des maintes protestations des villageois, qui l’ont récemment dénoncé aux autorités concernées, cet individu continuerait selon eux de détériorer l’environnement. Déplorant qu’une dizaine d’arbres, permettant d’atténuer l’érosion de la plage en face de la maison occupée par le Sud-Africain, ont été abattus la semaine dernière, les habitants réclament que les autorités prennent des sanctions. « Sinon nou pou desann dan lari. Pa kapav etranze vinn detrir nou lenvironnma », ont-ils menacé.
Assis face au lagon de Trou-aux-Biches, Michel François, un des doyens de la localité, se désole de la scène qui s’offre à lui. « 60 banane mo res la. Tou sa letan-la, ti ena zarb la. Sa bann laliann servi pou anpes lerozion. Aster gete. Tou finn mort. Zarb napa », dit-il. Une dizaine d’arbres, notamment des badamiers, des ‘pieds noni’ (plante médicinale) et des ‘pieds Ste Marie’, auraient été abattus la veille (ndlr : mercredi dernier) sur ce site, alors que d’autres, de même que des lianes de Batatran, se sont asséchés du jour au lendemain. Les habitants de la localité n’en démordent pas : ils allèguent que c’est un de leurs voisins, un Sud-Africain nommé Glenn Miller, qui serait derrière ce désastre. Selon Michel François, mardi dernier, alors que plusieurs habitants du village jouaient à la pétanque non loin, ils auraient aperçu un jardinier de la région qui discutait avec Glenn Miller. « Zardinie-la apre inn vinn kot sa sit-la, et li ti pe get bann pie », soutient Michel François, ajoutant qu’il a été a sa rencontre pour s’enquérir de la situation. « Zardinie dir moi : « M. Miller inn dir koup pie »», affirme-t-il.
« Nou finn dir li napa fer sa akoz li pou koz dega nou lenvironnma. Sa bann laliann-la, sa bann pie-la, li essentiel pou anpess disab ale sa. Pa kapav detrir sa. Tou letan sa finn koumsa », explique notre interlocuteur. Selon lui, le jardinier aurait indiqué qu’il ne couperait pas les arbres sur ce site. Or, le lendemain matin, à la grande déception des habitants de la localité, plusieurs arbres avaient été abattus et d’autres étaient asséchés. Les lianes avaient noirci. Immédiatement, les habitants de Trou-aux-Biches ont informé la Beach Authority et les gardes côtes. Une déposition a également été consignée au poste de police de Trou-aux-Biches. Mis au courant des faits, les officiers des Bois et Fôrets sont également venus faire un constat de la situation. Pour Michel François, « il n’y a pas de doute : Glenn Miller est derrière ce crime contre l’environnement. Il se croit tout permis. »
D’ailleurs, ce ne serait pas la première fois que les habitants de Trou-aux-Biches se retrouvent dans une situation les opposant au Sud-Africain. En début d’année, ils avaient déjà fait parvenir une pétition au Premier ministre pour dénoncer ses agissements, craignant que les nouvelles structures en béton qu’il avait placées devant sa maison ne leur interdisent l’accès à la plage publique. « We are kindly calling for help due to unnecessary harassment and a total lack of respect for our environment caused by a newly arrived South-African who lives at the beginning of our village, next to a bridge (ndlr : storm drain) on the main road », ont-ils rapporté. De plus, Glenn Miller y avait fait couper deux arbres vieux d’un dizaine d’années. Faisant état des dommages et des inconvénients causés par le nouveau résident, les pétitionnaires ont déploré que « he removed all the natural grass and cut two La Coqueluche (8-10 years old) trees which where on the public beach, where our children used to come with their parents, including the village people from Triolet. He has placed two big pieces of metal on the beach and placed water sprinklers on adjacent land (around 15 meters extension). » Malgré des visites effectuées sur site par les autorités, dont les Bois et Fôrets et les gardes côtes, aucune sanction n’a jamais été prise contre cet étranger, déplore Michel François.
« Sak fwa mem zistwar. Li panse li kapav fer seki li anvi ici. Parski li le geyn vue sur la mer, li koup zarb bonavini », disent les habitants de Trou-aux-Biches. Ceux-ci redoutent que si les autorités restent les bras croisés, d’ici peu Glenn Miller les empêchera d’accéder à ce lieu public. « Nou deranz li. Li pa kontan trouv dimoun ek zot fami dan bor laplaz. Li agase trouv nou pe zoue petank », soutient Michel François, ajoutant que « samem li finn koup sa bann zarb-la. Pou anpes dimounn vinn la. »
Glenn Miller, de son côté, nie les allégations faites contre lui, menaçant de poursuivre ses détracteurs, et même la presse si elle ose rapporter quoi que ce soit concernant l’abattage des arbres. « I have nothing to do with all that. I did not cut any tree. I gave no instructions to cut any tree. I don’t know what you are talking about », nous a-t-il déclaré. Selon lui, ce sont les gardes côtes qui l’ont prévenu que les habitants de Trou-aux-Biches l’accusaient d’avoir abattu les arbres sur la plage. Furieux que son nom soit mentionné, il soutient qu’ « il s’agit d’une histoire que Michel François raconte à (ses) dépens depuis deux-trois ans ». Il ajoute également que « (M. François) cut the tree himself to make a story for you (ndlr : Week-End) ». Il menace ainsi de poursuivre ses détracteurs qui, selon lui, le « harcèlent ».
Les habitants de Trou-aux-Biches, eux, ne l’entendent pas de cette oreille et comptent également poursuivre cet habitant si les autorités ne prennent aucune action. « Sa fwa-la nou gete ki Bois et Forêts pou fer. Sak fwa zot vini, apre pena okenn sanksion. Zot inn vini sa fwa-la, et zot inn konstat dega ki finn koze. Si enn ti dimounn kouma nou ti fer sa, nou ti pou al ferme. Be la, etranze pe fer krim kont nou laplaz, ki zot pou fer ? », se demande Michel François. Avec ses voisins, il a consigné une déposition à la police contre le Sud-Africain, et une enquête est en cours. Du côté des Bois et Forêts, on laisse entendre qu’un constat a effectivement été fait sur le site et qu’une évaluation de l’abattage des arbres a été effectuée. Un rapport relatif sera bientôt soumis, apprend-on. Selon nos informations, l’unité des Bois et Forêts soutiendra la police en cas d’éventuelles poursuites.