Selon la Governement Teachers’ Union, une centaine d’instituteurs donneraient des cours privés aux élèves de Std IV. La loi n’étant pas en vigueur, ces derniers ne peuvent être sanctionnés. Sollicité par les parents de ses élèves, un instituteur a accepté de se plier à leur requête et donne des leçons particulières. Parents, élèves et instituteur ont tous conclu un accord au cas où ce dernier serait inquiété par les autorités.
Si la loi interdisant les leçons particulières en Std IV n’a pas encore été promulguée, au ministère de l’Éducation, on insiste sur un point : « Techniquement, les instituteurs doivent respecter les directives. » Au ministère, on rappelle que les instituteurs de Std IV ne sont pas autorisés à donner des leçons dans les salles de classe des écoles primaires. À ce niveau, les choses sont claires et les consignes sont respectées. Mais en concédant que « le projet de loi, étant à ce stade au State Law Office et qu’il sera prochainement gazetted », au ministère de l’Éducation on reconnaît que les leçons privées en Std IV ailleurs qu’à l’école ne sont pas pour l’instant illégales. À la MITD House, à Phoenix, on affirme « qu’on est bien au courant des cas d’instituteurs qui donnent des leçons privées aux écoliers de  Std IV. » Toutefois, ces derniers sont tenus à assumer leurs responsabilités « car la loi sera bientôt promulguée. »
Par ailleurs, il revient que le ministère de l’Éducation n’a pas encore procédé à l’enregistrement officiel des enseignants de cours particuliers, du primaire (Std V et VI) aussi bien que secondaire. Cette mesure avait été annoncée en prévision de la nouvelle loi. De son côté, le président de la Government Teachers’ Union (GTU), Vinod Seegum, ne cache pas sa satisfaction. « Je me réjouis de savoir qu’à ce jour la loi n’a pas encore été promulguée. La GTU, qui s’est toujours prononcée contre l’abolition des leçons de la quatrième, a rencontré ses hommes de loi cette semaine et nous enclenchons les procédures légales pour contester cette loi en cour. » Vinod Seegum a toujours maintenu que l’abolition des leçons en Std IV est une violation des droits des parents.
À la demande des parents
À presque trois mois après la rentrée des classes, il y aurait selon le président de la GTU quelque 100 instituteurs à travers le pays qui donneraient des cours particuliers à des élèves de Std IV depuis le mois de février. « Il faut aussi savoir que des publications, prisées par des enseignants de leçons particulières sur le syllabus de Std IV sont déjà en circulation », ajoute Vinod Seegum. Parmi les enseignants de cours privés concernés, il y a ce jeune homme qui s’est confié à Week-End et qui exerce dans une école rurale. Enseignant de Std IV, il compte quelques années d’expérience dans le secteur éducatif et donne des leçons particulières les mardis, jeudis (jours où il n’y a pas de Enhancement Programme) et les week-ends.
« Je suis conscient, dit-il, que je vais à l’encontre des directives du ministère de l’Éducation. D’ailleurs, avant de prendre la décision de donner des leçons privées, je me posais des questions, j’avais des réticences. Mais sans vouloir me donner bonne conscience, au fond, je pense que je ne fais rien de répréhensible. Car dans un système éducatif qui demande aux enfants de se préparer à une course dès la Std VI, je crois qu’au final je suis en train d’aider des élèves à améliorer leurs performances. Le ministère devrait revoir ce système qui prône la compétition. »
L’instituteur explique également que son choix a été surtout dicté par la demande des parents d’élèves. « Des parents m’ont approché et m’ont tout de suite donné l’assurance qu’ils allaient me soutenir quoi qu’il arrive. Ces parents savent combien les leçons particulières en Std IV jouent un rôle important dans la préparation des examens de Certificate of Primary Education. Ils ont connu cette expérience avec leurs aînés et ne souhaitent pas priver les autres de cette préparation », poursuit l’instituteur.
Ce dernier n’a pas pris le risque d’accueillir une vingtaine d’élèves chez lui. Ce sont des parents qui se sont proposés volontairement pour chercher un emplacement « dans un endroit isolé ». Il confie : « Je ne parle jamais des leçons que je donne. Dans ma région, cela se sait sans doute mais on n’en parle pas. À l’école non plus je n’en parle pas. Un de mes collègues est dans la même situation que moi. » Si ce sont les parents de ses élèves qui lui ont trouvé le local, c’est toutefois lui qui paye la location.
Et s’il est repéré par les autorités ? L’instituteur nous explique qu’il a tout prévu. « Avec les parents, nous avons convenu un accord. Si on m’interpelle, je dirai que je donne des cours de langue kreol, laquelle n’est pas un core subject. Je ne devrais pas avoir de problème. J’ai aussi demandé à mes élèves de dire la même chose et surtout de ne pas en parler entre-temps. Mais si je me fais attraper quand la loi sera en vigueur, j’arrêterai tout ! » La sortie de ses élèves à la fin des cours, dit-il, ne devrait intriguer personne. « Non loin, un instituteur donne des cours à des élèves de Std V. Et les jours de semaine, mes élèves quittent les cours en même temps que ceux de l’école. Cela peut brouiller les pistes… »
L’instituteur, qui assure aussi les classes de Enhancement Programme, est d’avis que celui-ci ne peut remplacer les leçons particulières. « La pédagogie du Enhancement Programme est ludique et interactive. C’est une pédagogie définie. Tandis qu’en cours particuliers j’adopte la pédagogie qui me convient et je focalise sur l’apprentissage académique pour corriger les failles et améliorer le niveau des élèves. » Il concède que le revenu supplémentaire qu’il perçoit (Rs 300 par élève) mensuellement lui permet d’arrondir ses fins de mois.
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INDÉPENDANCE: Vasant Bunwaree à l’école James Toolsee
Le ministre de l’Éducation, Vasant Bunwaree, sera l’invité d’honneur de l’école gouvernementale James Toolsee, lors du flag raising day vendredi prochain. Cette école de Curepipe qui, comme toutes les institutions scolaires, célébrera les 44 ans de l’indépendance de la République le 9 prochain, a été choisie parmi d’autres par le ministère de l’Éducation pour accueillir Vasant Bunwaree.