Le ministre de l’Agro-industrie Satish Faugoo a annoncé, ce matin, une étude sur l’impact économique, social et environnemental de l’abolition des quotas internes du sucre sur le marché européen à Maurice. Le but consiste à assurer la durabilité de l’industrie cannière dans « une petite île vulnérable comme la nôtre ». Il est intervenu, ce matin, à l’assemblée générale annuelle du Syndicat des Sucres à Port-Louis.
Selon le ministre  Faugoo, le Premier ministre Navin Ramgoolam a, lors de sa récente mission en Europe, plaidé le cas de Maurice où l’industrie cannière a un rôle multifonctionnel dans le développement socio-économique du pays. « Il avait argué que l’abolition des quotas sucriers aura un impact sérieux sur des milliers de petits planteurs qui font face déjà à des difficultés énormes. C’est dans ce contexte que cette étude a été commanditée pour proposer des mesures transitionnelles afin de mitiger ces impacts sur les parties concernées par cette industrie, particulièrement les petits planteurs et les métayers. Elle va aussi quantifier les coûts de cet impact et aussi proposer des financements alternatifs, incluant le soutien de l’UE », a-t-il déclaré.
En attendant la conclusion de cette étude, le ministre a rappelé les différentes mesures déjà prises par le gouvernement pour aider financièrement les planteurs en 2014/15, dont la subvention de Rs 2000 par tonne de sucre aux planteurs qui cultivent une superficie maximale de 25 arpents de terre. A cet effet, provision a été faite pour une somme de Rs 200 millions en faveur des 18000 petits et moyens planteurs pour la récolte de 2014.
M. Faugoo a souligné par ailleurs que malgré les nombreux défis et chocs du passé, l’industrie sucrière mauricienne a survécu grâce à la volonté et à l’engagement politique. « Nous nous trouvons dans une période de changements profonds pour l’industrie cannière. Nous devons rester vigilants face aux menaces et défis qui nous guettent. Nous devons rester mobilisés face à n’importe quel défi concernant la fin du régime de quota sucrier en 2017 en adoptant des approches, des technologies et des produits novateurs », a-t-il conclu.
Pour sa part, le président du MSS, Cyril Mayer a parlé du prix du sucre payé aux producteurs qui est passé de Rs 17 573 par tonne en 2012 à Rs 15 830 en 2013. « Cette année, il sera moins que la première estimation du MSS en juin dernier qui était de Rs 14000 la tonne », a-t-il indiqué, avant d’ajouter « qu’une telle baisse abrupte du prix, causant une contraction dramatique dans les revenus des producteurs, aura sans aucun doute, un impact direct sur la profitabilité à court terme tant des producteurs que des usiniers ». Selon lui, la difficulté est que cette situation intervient dans le sillage des ajustements très lourds encourus par l’industrie afin de s’adapter au nouveau marché, particulièrement avec la fin du Protocole sucre en 2009 et l’abolition du prix garanti du sucre. Le CEO du MSS, Jean-Noël Humbert, a conclu pour dire que « l’industrie passe par une période difficile but we can make it».