L’Observatoire de la Démocratie invite les Mauriciens, le 1er février prochain, jour de la commémoration de l’Abolition de l’esclavage, à un rassemblement au Plaza, Rose-Hill, sur le thème « Non a Akaparman ek Soutyen a Dimounn ki dan Labandon ». Pour préparer ce rassemblement, Jack Bizlall, le président de l’Observatoire de la Démocratie, invite les intéressés à un séminaire le samedi 11 janvier au siège de la CTSP, Rose-Hill, de 9 h à midi.
« Ce rassemblement du 1er février  aura trois principaux objectifs », nous indique Jack Bizlall : « D’abord, apprendre à savoir pourquoi nous sommes insatisfaits ; puis apprendre à nous connaître et à nous rassembler ; et enfin apprendre à nous organiser pour faire avancer l’action de masse ». Pour notre interlocuteur, il y a comme un sentiment d’insatisfaction palpable dans le pays. « Quelles en sont les causes et les effets ? Il est important de tout mettre en écrit pour le besoin de la cohésion, du rationnel et de la transmission. On ne peut plus se battre que par l’oralité puisque c’est la cause de la déformation de notre conscience collective ».
Il importe également, poursuit le président de l’Observatoire de la Démocratie, d’apprendre à nous connaître et à nous rassembler. « Trop d’actions corporatistes tuent l’action d’opposition et de reconstruction. La stratégie adoptée est d’engager chaque organisation et chaque individu dans la formulation et la présentation de leurs problèmes, pour éviter toute manipulation de la part des organisateurs », indique-t-il.
Élaborant sur le troisième objectif du rassemblement du 1er février, Jack Bizlall explique : « Il est primordial d’apprendre à nous organiser pour faire avancer l’action de masse car le changement ne viendra que quand la masse des gens descendra dans la rue avec l’objectif de construire l’action politique de changement, avec un programme, une organisation ancrée dans les villes et les villages et une direction en mesure d’assumer la responsabilité de gérer autrement notre société. Surtout sans autocratie, sans bureaucratie et sans dictature oligarchique ».
Évoquant les thèmes « accaparement » et « abandon », le président de l’Observatoire de la Démocratie explique que ces deux thèmes, « combinés dans un combat social, ont pour but de conscientiser les personnes concernées qui ont des problèmes pour qu’elles se battent et les personnes qui n’en n’ont pas pour qu’elles pratiquent la lutte de soutien ».
Pour aider à la réflexion, l’Observatoire de la Démocratie rendra public lors du rassemblement du 1er février prochain un document intitulé « Le Code Noir 2013 ». « Cette publication a pour but de conscientiser toute la population mauricienne sur l’esclavage. Ancien comme moderne. Nous voulons, par cette publication (Première proposition), identifier les reliquats de l’esclavagisme dans nos traditions, dans nos comportements, dans nos rapports et dans nos lois ».
La décision de nommer cette publication « Le Code Noir 2013 », dit notre interlocuteur, a été prise lors d’une rencontre le 14 décembre 2013 à la salle Eddy Norton, Rose-Hill. « Cette publication parle de nos problèmes certes, mais aussi de la nature de notre société. Cette publication est à la fois un cahier de revendications et un programme d’actions. Elle se veut surtout une action contre ceux qui se comportent en propriétaires du pays et qui nous traitent comme leurs esclaves ».