Cette année, la commémoration au monument des esclaves à Pointe Canon à Mahébourg s’est tenue le 31 janvier au lieu du 1er février. La cérémonie s’est faite dans la simplicité, en présence des ministres Bunwaree et Choonee.
Depuis quelques années, la cérémonie officielle de la commémoration de l’Abolition de l’esclavage a lieu au Morne. Le monument des esclaves à Pointe Canon à Mahébourg, autre fois lieu de cette commémoration, n’accueille qu’une simple cérémonie de dépôt de gerbes. Cette année, l’exercice s’est déroulé le mardi 31 janvier, soit la veille de la commémoration officielle pour des questions pratiques.
Selon le père Filip Fanchette, président du Centre Nelson Mandela pour la Culture Africaine et Kreol, l’expérience des années précédentes a démontré qu’il est assez difficile d’organiser deux cérémonies dans deux régions différentes, le même jour.
Toujours est-il que cette cérémonie s’est faite dans la plus grande simplicité ; pas de parterre d’invités ni de discours. Elle a été marquée par dépôt des gerbes par Vasant Bunwaree et Mookhesswur Choonee, respectivement ministres de l’Éducation et des Arts et de la Culture. Signalons aussi la présence des soldats de la Special Mobile Force pour le côté solennel, quelques ravaniers et danseuses de séga pour le côté culturel. La cérémonie n’a duré que quelques minutes.
Interrogé par Le Mauricien, Mookhesswur Choonee a déclaré que la commémoration est importante car l’Abolition de l’esclavage marque le début de processus de libération qui se poursuivra avec l’accession à l’indépendance et le statut de République.
Le ministre des Arts et de la Culture a appelé à reconnaître la contribution des esclaves dans le développement du pays. « Il y a encore, de nos jours, des symboles de cette contribution dans des monuments comme La Poste Centrale ou les églises. Les descendants des esclaves doivent être fiers de cette contribution. » Toutefois, il a invité à regarder vers l’avenir, tout en s’enracinant dans l’histoire.
Pour le père Filip Fanchette, le 31 janvier marque également une date importante dans l’histoire car c’est le jour où les esclaves ont quitté les plantations pour aller à Port-Louis. « Là, ils étaient un peu perdus, il n’y avait aucun plan pour eux. Tous les problèmes viennent de là. »
Le président du Centre Nelson Mandela pour la Culture Africaine et Kreol a aussi émis le souhait que le 1er février soit célébré par toute la population. « Nous ne connaissons pas suffisamment l’histoire des uns des autres, ou alors, on s’arrête aux stéréotypes. » Selon lui, le rallye de la liberté, organisé par le centre est un pas dans cette direction. « Nous nous sommes arrêtés dans un collège où le message a été lu par une fille non-kreol. Pour nous, c’est un signe très positif. »
Le PPS Thierry Henry et le conseiller au ministère de la Pêche, Mathieu Laclé, ont également participé à la cérémonie de dépôt de gerbes.