Le Centre Nelson Mandela pour la Culture africaine commémore le 177e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en organisant pour la première fois un rallye de la liberté la veille, soit le 31 janvier. Ce jour de « la liberté » sera marqué par « la réconciliation à travers une visite de la procession au cimetière des Noirs et des Blancs à Pamplemousses » le matin et par le son des cloches dans toutes les églises de l’île dans l’après-midi avec la participation de l’église catholique. La demande a été faite par le centre et il attend une « réponse positive ».
« Le départ sera donné au Bassin-des-esclaves, nous nous rendrons au cimetière des Noirs mais également à celui des Blancs. Nous irons là-bas dans un esprit de réconciliation », a déclaré la directrice du Centre Nelson Mandela pour la Culture africaine (CNMCA), Danielle Turner, à une conférence de presse à la mairie de Port-Louis hier. Mme Turner précise que « le passé est important ».
Le départ, qui sera donné à 9 h 30 le mardi 31 janvier, sera marqué par l’allumage d’un flambeau de la liberté par le président du CNMCA, le père Philippe Fanchette, le frère Julien Lourdes et une petite fille de Pamplemousses. Sur les quelque 20 kilomètres qui séparent Pamplemousses et Rose-Hill, dix-neuf stations de relais sont prévues pour le passage de la flamme. Les participants s’arrêteront en différents lieux, tous ayant un lien fort avec l’histoire notamment parce qu’ils relèvent de la participation concrète des personnes mises en esclavage. La procession sera rythmée par l’hymne de la Liberté intitulé « Wi nou kapav », des sirandanes et des slams. Écrit par Danielle Turner, « Wi nou kapav » est interprété par Ingrid Arles et mis en musique par les stagiaires d’un atelier animé au CNMCA par Menwar. L’arrivée est attendue pour 13 heures dans la cour du Plaza où il y aura une rencontre avec les jeunes jusqu’à 14 heures.
Après cette première partie du rallye, qui devrait mobiliser une majorité de jeunes des écoles et des collèges, la flamme sera transportée au stade de Rivière-Noire où rendez-vous est donné aux habitants de la localité et à tous les Mauriciens à 17 h 45 pour une deuxième procession. Danielle Turner indique que le centre a sollicité la participation de l’église catholique pour que toutes les cloches de Maurice carillonnent à 18 heures, symbolisant la liberté. La procession quittera ensuite le stade de Rivière-Noire pour converger vers Le Morne. Rendez-vous est donné aux habitants du village du Morne sur le rond-point. À 20 heures, elle sera à Trou-Chenille. Les personnes âgées de la localité raconteront des histoires sur la vie d’antan, parleront de leur présence et des perspectives d’avenir avant la traditionnelle veillée. Tous ceux qui souhaitent y participer sont invités à apporter une bougie avec eux.
Le lendemain, avec l’aval des autorités, la flamme devrait être apportée par un habitant de la localité à la cérémonie officielle qui se tiendra au milieu de la matinée. « C’est un habitant du Morne qui prendra la flamme car ce sont eux qui sont les gardiens de la montagne sacrée. Avec la soumission de la candidature du Morne au comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, il était clair que la Montagne du Morne et le village doivent être étroitement associés », fait ressortir Jacques David, un des commissaires de la Commission Justice et Vérité à la conférence de presse. Associé à l’organisation de cette journée et au Black History Month du centre, il animera des conférences sur les recommandations de commission dans les établissements scolaires de l’île pendant ce mois. Des rencontres pourront aussi être organisées à la demande des communautés, fait ressortir Danielle Turner.
Le mercredi 1er février à midi la flamme sera éteinte. « Nous espérons cependant qu’elle restera allumée dans nos coeurs », fait ressortir Danielle Turner. La manifestation du mardi 31 janvier avec l’allumage de la flamme de la liberté sera désormais annuelle, souligne-t-elle.