Des événements malheureux, des circonstances imprévues, le malheur, de mauvaises décisions… Quand il vient pour manger et y dormir, chaque pensionnaire de l’Abri de Nuit, route l’Abattoir, Port-Louis, a sa propre histoire. “Si to pas enn lanwit ekout nou, boukou lexperians ek moral lor lavi nou kapav aprann twa !”
Voici donc le récit d’une nuit entière à leur côté…
Il est 18h. Le tumulte de la capitale s’éclipse en une trentaine de minutes, les bureaux se ferment et chacun s’en va chez lui. Tandis que les rues se vident, quelques âmes rodent, cherchant nourriture et logement pour la nuit. Elles ne sont qu’une poignée, pas assez pour empêcher les bien-pensants de dormir du sommeil du juste.
Seuls trois hommes manquent à l’appel à L’Abri de Nuit de la route l’Abattoir : l’un des pensionnaires a été admis à l’hôpital Jeetoo ; deux autres, solidaires, sont allés lui rendre visite. La cause d’une crise d’épilepsie ne se diagnostique pas en dix minutes. “Sylvio (Ndlr : le pensionnaire à l’hôpital) a toujours aimé boire. Nous lui avons souvent dit d’arrêter. Mais nous le comprenons, so parkour pa ti fasil”, confie Miko, un des “tontons” du centre. “S’il le pouvait, il irait dormir à la rue. Il mène cette vie depuis si longtemps.” Sylvio est décrit comme quelqu’un de très ouvert, “un honnête camarade”. Il a été élevé uniquement par son père ; sa mère l’aurait abandonné quand il était petit. Son histoire a mal commencé. Il en a payé les conséquences, bien malgré lui.