Depuis le passage du cyclone Giovanna en février dernier, les bouées délimitant la zone de baignade ont été enlevées du lagon de Mon-Choisy. Cette situation a pour conséquence que les bateaux de plaisance circulent à présent dans le même espace que les baigneurs. Les habitants de la localité tirent la sonnette d’alarme avant la survenue d’un drame.
La plage de Mon-Choisy, longue de 1,5 km, est l’une des plus fréquentées de l’île. Depuis deux mois toutefois, les habitants ne s’y sentent plus en sécurité. Les  bouées délimitant la zone de baignade protégeant les baigneurs n’ont pas été réinstallées après le passage du cyclone Giovanna. « Dans un endroit où il y a autant de bateaux de plaisance comme ici, on aurait dû remettre les bouées au moins une semaine après », dit Clément Malabar de la Royal Life Savers Association.
Notre interlocuteur fait ressortir que beaucoup d’enfants et de touristes – principalement – viennent nager à Mon-Choisy tous les jours. « Les bateaux passent juste à côté. N’attendons pas un drame pour réagir. » S’il existe bien des flotteurs de couleurs rouge, vert et jaune dans le lagon, cela n’empêche pas les bateaux de naviguer dans les zones de baignade.
Rajiv, un habitant de la localité, regrette l’absence d’un poste de police ou de la National Coast Guard proche de la plage de Mon- Choisy, ce qui aurait pu contribuer à un meilleur contrôle sur la plage. « Il existe trois bâtiments vides à côté des toilettes qui auraient pu servir à une présence plus régulière de la police. »
Sylvie et Gérard, un couple français résidant à Mon-Choisy depuis 2009 fréquente la plage tous les jours. S’ils n’ont pas fait attention à l’absence de bouées, en revanche, ils observent depuis quelque temps, les algues qui se rapprochent dangereusement de la plage. « En France, nous avons connu des mers complètement envahies par les algues. L’île Maurice ne connaît pas encore ce genre de situation, heureusement, mais si vous ne faites pas attention, vous allez perdre vos belles plages. Nous nageons régulièrement ici et nous avons constaté que les algues se rapprochent de plus en plus. Les autorités doivent prendre les mesures qui s’imposent. »
Ce qui choque le plus les Français c’est l’état de la plage après chaque fête ou long week-end. « Les gens viennent camper carrément sur la plage alors qu’il y a des endroits réservés pour cela. Et lorsqu’ils repartent, la plage est un dépotoir… Nous ne venons plus à la plage à ces périodes-là pour éviter ce spectacle désolant. »
Sylvie raconte qu’un jour elle a fait une remarque à un pique-niqueur lui demandant d’utiliser la poubelle pour ses ordures. Celui-ci lui a répliqué qu’il y avait des dames payées pour nettoyer la plage. « Ces pauvres dames doivent mettre plusieurs jours pour nettoyer tout ce désordre. »
Le couple français est aussi d’avis que Maurice devrait songer à un système plus efficace pour prévenir contre la présence de méduses dans le lagon. Il cite l’exemple d’un panneau aux normes internationales indiquant un danger quelconque à un moment précis. Actuellement, c’est toujours lorsque quelqu’un se fait piquer qu’on est au courant de la présence de méduses.
Nous n’avons pu avoir une déclaration des autorités compétentes concernant l’absence de bouées pour délimiter la zone de baignade à Mon-Choisy.