R.V

Lundi 26 août, toute la population a été étonnée de la démission de 5 membres du MMM. Au sein de ce groupe se trouve un militant vétéran. Une semaine auparavant, un autre avait démissionné. Celui-là n’a pas étonné la population dans la mesure où sa personne était quasiment oubliée. Les 5 démissionnaires ont déclaré ouvertement qu’ils ont adhéré au MSM tout comme deux membres de la plateforme militante. Au moins les 5 démissionnaires n’ont pas eu l’hypocrisie de déclarer qu’ils vont faire de la politique autrement. Ils ont surtout dit que le MMM a dévié de ses principes. Or, le MMM n’a pas dévié de ses principes et ils auraient pu trouver un autre argument pour justifier leur démission afin de la rendre moins honteuse.  Le MMM s’est seulement adapté à l’évolution de la société mauricienne et a décidé de renforcer ses valeurs avec l’apport de nouveaux adhérents.

Démission et débauchage, nous le savons, vont souvent de pair. Ils partent pour satisfaire des intérêts personnels, avancent les sympathisants du MMM. Les raisons de leur démission ne se trouvent ni chez le MMM ni dans un quelconque abandon de principes chez celui-ci. Ils partent parce qu’ils pensent tirer profit de la situation. Ils vont là où se trouve un pouvoir arbitraire. Ceux-là mêmes qui dénonçaient le favoritisme, le népotisme du pouvoir actuel vont contribuer à maintenir ce système pourri, voire tirer profit de ces mêmes abus. Cette démission est doublement indigne : elle concerne aussi bien les démissionnaires que ceux vers lesquels ils vont.   

Donc on essaye de faire croire aux candidats désignés du MMM que leur « bato-la pe koule » alors que c’est celui du MSM qui est déjà au fond. Mais comme le MSM est au pouvoir, il lui serait facile de tenter de convaincre les maillons faibles des partis adverses. Il procède pour cela en exacerbant à nouveau les appartenances communautaires et les notions de caste. C’est avilissant d’exploiter des intérêts sectaires.

Car on n’incite pas les membres du MMM de quitter leur parti sans rien offrir, voire sans rien promettre.  N’a-t-on pas dit que pour le MSM c’est la saison du mercato ? D’ailleurs, ces jours-ci, on entend aussi le mot « faire du shopping ». Par conséquent, le shopping ne concerne pas uniquement les objets !  C’est écœurant.     

Le MSM est en mode panique. C’est ça la réalité malgré toute sa tentative de faire croire le contraire. Il ne sait pas comment remporter les prochaines élections. Il n’a pas de stratégie. La débauche n’a jamais constitué une stratégie pour remporter les élections. Cette politique effrénée du débauchage ne survient pas par hasard. Elle est mise en œuvre parce que, contrairement à ce qu’affirment les médias de propagande gouvernementale, le MMM gagne du terrain. C’est la situation du MSM qui est en péril. Lors des élections de 2014, le ML et le PMSD sont venus vers le MSM à la veille des élections à cause de celui qui « pi… ar zot ». À l’époque, ils ont bénéficié des erreurs du PTr et du MMM. Les électeurs avaient voté contre ces derniers plutôt que pour l’alliance Lepep. Mais en 2019, les circonstances sont différentes.

Le PM, qui l’est par la volonté du père, sait qu’il ne sera pas au pouvoir dans un « three-cornered fight ». Il sait aussi qu’une alliance avec le MMM est exclue. Il ne lui reste rien d’autre que la vaine et dégoûtante tentative d’affaiblir ses adversaires. D’ailleurs, tous les autres partis politiques savent que s’il n’y a pas d’alliance avant les élections, il y en aura après. Dans cette configuration, le MSM se trouvera probablement dans l’opposition. Ce que ni le PM ni son mentor de père ni Lakwizinn n’arrivent à concevoir. C’est la PANIQUE qui gagne leur rang.