Ils sont une vingtaine de clubs sportifs de la Ville de Beau-Bassin-Rose-Hill à être mécontents du manque de considération de la municipalité qui, selon eux, ne soutient qu’un seul club financièrement, à savoir l’Union Sportive de Beau-Bassin-Rose-Hill (USBBRH). Les autres sont laissés pour compte, ne récoltant que des miettes. C’est dans cette optique que le front commun des clubs s’est réuni face à la presse vendredi à l’hôtel St Georges (Port-Louis) pour dénoncer cette injustice.
Parmesh Pallanee, président de l’Association Sportive Jeunesse Chebel, a tenu à tirer la sonnette d’alarme, faisant ressortir que les présidents de ces vingtaines de clubs concernés ont adressé une lettre au maire de BBRH, André Toussaint, le 16 octobre dernier, le sollicitant pour une réunion. Mais aucune réponse n’a été reçue. « Les joueurs ont besoin de motivation pour continuer à aller de l’avant. Or, en raison des problèmes financiers auxquels nous faisons face, cela devient de plus en plus dur. Le comité Welfare de la municipalité de BBRH n’a de la considération que pour l’USBBRH à qui a été alloué un budget de Rs 700,000 cette année. C’est tout simplement aberrant ».
Il soutient, « Pourquoi gratifier uniquement le club de Handball de la Ville? Par exemple, le club de volley-ball féminin d’Azur SC, vice-championne de Maurice n’a reçu que Rs 30,000 tout comme l’ASJ Chebel (club de première division masculine de volley-ball). Les clubs de boxe qui devaient recevoir Rs 35 000 d’équipements, n’ont obtenu qu’une partie alors que les clubs de badminton n’ont obtenu que Rs 5000 ». Ce dernier va encore plus loin, indiquant qu’il existe un conflit d’intérêts dans la mesure ou un membre, en la personne de Philippe Boudou, appartient également à l’exécutif de l’USBBRH. « Nous voulons avant tout assurer l’avenir des jeunes de la ville qui font partie de nos clubs. Avec le soutien de notre homme de loi, Rama Valayden, nous avons entamé des démarches pour combattre cette discrimation. Nous déciderons de la marche à suivre et s’il le faut, nous déposerons devant l’Equal Opportunities Commission (EOC) ou même l’Independent Commission Against Corruption (ICAC). Nous mettrons également le ministère de la Jeunesse et des Sports et le ministère des Administrations régionales au courant de cette situation », ajoute-t-il.
Guito Lepoigneur, entraîneur d’Azur SC, parle des problèmes que rencontre son équipe. « Mon équipe ne dispose que d’un jour pour s’entraîner au gymnase du Quorum. 90 % du temps, c’est l’USBBRH qui utilise le gymnase ainsi que le club-house. De ce fait, nous devons trouver des fonds pour louer d’autres gymnases pour nos séances d’entraînement, payer pour le transport et les autres frais. Quand j’étais entraîneur de l’équipe féminine de volley de l’USBBRH au début des années 2000, nous avons été deux fois vice-champions de Maurice. L’équipe masculine avait également un bon niveau mais par la suite, tout a été détruit parce que ce sont toujours les mêmes dirigeants qui sévissent dans ce club. Ça commence à bien faire », explique-t-il.
Roméo Caliste, entraîneur de boxe tient pour sa part à spécifier que la Mairie lui avait promis Rs 45 000 d’équipements et qu’il n’a toujours pas reçu la totalité. « Tous les ans, c’est la même chanson, le même refrain. On ne reçoit que la moitié de ce qu’on nous promet. Pourtant, nos résultats parlent pour nous. Je me pose la question suivante, Où est le reste de l’argent? Il ne faut pas oublier que le premier médaillé olympique, Bruno Julie, a été formé chez nous. Si les clubs disparaissent en raison d’un manque de moyens, qu’adviendra-t-il des jeunes? La pratique du sport empêche ces derniers de tomber dans des fléaux de société », avoue-t-il avec virulence. Même son de cloche du côté de Pooranen Sungeelee, entraîneur de badminton qui s’est vu attribuer un budget de Rs 5000.
La vingtaine de clubs faisant partie de ce front commun sont décidés à aller de l’avant dans cette histoire. C’est une affaire qui risque de faire couler beaucoup d’encre…