Les mesures annoncées par le ministère de l’Éducation hier après-midi pour combattre l’indiscipline et l’absentéisme au niveau du secondaire n’ont pas répondu aux attentes des chefs d’établissements et des enseignants. Ces derniers espéraient des actions plus « percutantes », précisant que les mesures sont toutes annoncées au conditionnel. Par ailleurs, le taux d’absence très élevé dans les classes de Upper et de Form V dans plusieurs collèges nationaux et régionaux, dont Le Mauricien a fait état dans son édition de samedi dernier, est toujours le même aujourd’hui.
Un comité de haut niveau, présidé par le ministre de l’Éducation en personne, s’est réuni hier pour analyser les rapports préparés par plusieurs équipes de ce ministère concernant trois questions spécifiques au secondaire, en l’occurrence l’absentéisme, l’indiscipline et la gestion des écoles. Il semble que les données n’étaient guère rassurantes. « The committee considered that was imperative to address the situation as a matter of urgency and to implement forthwith a number of measures that would act as a deterrent, thereby promoting disciplined behaviour and improve management at school level », dit le communiqué du ministère. Ainsi, le ministère enverrait des “Ad-Hoc multi-disciplinary teams” dans les collèges pour faire des inspections et pour entreprendre un suivi de la situation. Chaque école devrait mettre en place un “desk” pour veiller spécifiquement à la présence des élèves et envoyer, par la suite, un rapport au ministère. Le “High Level Committee” a également recommandé que les cas des élèves “having a bad track record of attendance” soient compilés dans une base de données et que ces informations « would eventually be reflected in leaving certificates ». Le ministère annonce aussi que les chefs d’établissements « would be empowered »  pour traiter, avec plus de sévérité, les cas d’indiscipline. Il suggère aussi la mise en place de comités disciplinaires, de “class detention” et, éventuellement, des renvois d’élèves.
En prenant connaissance ce matin de ces recommandations, Ravind Ramjee, le président du  syndicat des recteurs des collèges d’État, et Ally Yearoo, président de Education Officers’ Union (enseignants de l’État) ont eu la même réaction : ils affirment que ces mesures existent déjà. « Il n’y a rien de nouveau dans ce que le ministère a annoncé, mais nous ne pouvons mettre ces mesures en pratique parce qu’il n’y a pas de cadre légal. Personne ne voudra prendre le risque de prendre de sèvères sanctions à l’encontre d’un élève qui a un comportement inacceptable ou qui s’absente. » Ces dirigeants syndicaux s’attendaient à ce que le ministère fasse, au moins, mention de la préparation éventuelle d’un texte de loi dans cette direction. Le porte-parole des recteurs cite l’initiative d’un recteur qui, pour décourager l’absentéisme, avait fixé un critère relatif au taux de présence pour participer aux examens de fin de trimestre. Mais sur avis du State Law Office, le ministère ne l’a pas autorisé à appliquer ce critère spécifique. MM Ramjee et Yearoo soulignent aussi les cas d’agressions et autres formes de représailles à l’encontre de ceux, parmi leurs collègues, ayant osé dans le passé rappeler à l’ordre des élèves indisciplinés.