Les confidences d’un jeune garçon, handicapé physique âgé de 14 ans, au Centre d’Éducation et de Développement pour les Enfants Mauriciens, à l’effet qu’il aurait été abusé sexuellement, par l’ancien assistant-directeur du foyer Namasté, a conduit à la fermeture des quatre centres gérés par l’Association d’hébergement pour les personnes inadaptées. En février et mars 2012, le foyer Namasté avait été sévèrement rappelé à l’ordre par le bureau de l’Ombudsperson pour les Enfants, lequel avait averti les ministères du Développement de l’Enfant et de la Sécurité Sociale sur les manquements de cette structure. L’association, qui accueillait (depuis 2007) des adultes dans un de ses foyers, ne disposait pas de Residential Care Home Permit. La ministre de la Sécurité sociale, Sheila Bappoo, s’est offusquée : Namasté opérait illégalement ! Cela mérite, selon elle, une enquête policière ! Mais son ministère, selon le foyer et le bureau de l’Ombudsperson pour les Enfants (OCO), était au courant de cette situation.
Les allégations d’abus sexuels sur un enfant handicapé à l’encontre de l’ex-assistant directeur du Foyer Namasté, embarrasse au plus haut point les ministères du Développement de l’Enfant et de la Sécurité Sociale ! Derrière les messages de révolte, d’indignation, l’annulation de la licence Place of Safety des foyers de l’association et la volonté de prendre des actions sévères pour la protection des plus vulnérables, il y a un déni indécent des autorités qui ne peut passer inaperçu aux yeux de ceux qui connaissent trop bien le dossier de Namasté. Toutefois, dans cette affaire, beaucoup de voix ont préféré, pour des raisons diverses, s’abstenir de commenter les positions adoptées par les autorités. Si la ministre de l’Egalité du Genre et du Développement de l’Enfant, Mireille Martin, a essayé de s’en sortir en expliquant, cette semaine, pourquoi elle n’a pu réclamer une enquête policière sur Namasté, en revanche la ministre de la Sécurité sociale, Sheila Bappoo, s’est embourbée en passant sur la défensive face aux questions de Week-End lors du point de presse qu’elle animait vendredi au siège de son ministère. Notamment sur deux points : i) comment expliquer la présence de pensionnaires adultes dans un foyer connu des autorités et qui, selon elle-même, opérait dans l’illégalité et ; ii) quant est-il monitoring par son ministère des foyers que gère l’Association d’hébergement pour les personnes inadaptées (AHPI)? Week-End aurait souhaité posé d’autres questions à la ministre de la Sécurité sociale, au sujet de Namasté. Mais, rappelant que son point de presse, n’étant pas une conférence de presse, Sheila Bappoo a néanmoins affirmé, que son ministère n’a « jamais fait le monitoring » de Namasté. Ce qui est vrai. Mais si tout au long de son point de presse cette dernière a laissé comprendre que son ministère a été dupé par l’AHPI, laquelle a « toujours fait croire que Namasté ne s’occupe que des enfants » et que le ministère ne semblait pas être au courant des réalités des foyers de l’association, Sheila Bappoo a cependant omis de préciser, voire reconnaître, qu’en février et mars 2012, le bureau de l’Ombudsperson pour les Enfants a alerté ce ministère sur les conditions qui y prévalaient.