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Il y a une semaine, la ministre de l’Éducation confirmait l’arrivée des “Academies”, soit des centres d’excellence accueillant les meilleurs élèves du Grade 10 (Form IV) au HSC dans des disciplines précises à partir de janvier 2021. Mais, quel est le prix à payer pour l’excellence recherchée par le biais de ces établissements ? Quels sont les progrès qu’ils permettront, mais aussi les inconvénients susceptibles de survenir ? Bashir Taleb, directeur de l’Islamic Cultural College (Form VI), estime qu’il est dommage qu’on retourne vers la grande compétition.

« Avant, quand les élèves étaient en Grade 7, 8 et 9, les parents pouvaient respirer un peu. » Il précise être d’accord avec une dose de compétition, mais « une dose veut dire une dose ». Et d’ajouter que tous les penseurs sont d’accord que l’éducation doit être inclusive. « Il s’agit là d’une éducation exclusive », dit-il. S’agissant de la mixité de ces établissements à partir de l’âge de 15 ans, il est d’avis que « si vous parlez à dix personnes aujourd’hui, neuf diront non à ce genre de mixité ». Et de poursuivre : « Je suis d’accord, il faut une dose de compétition. Mais une dose veut dire une dose… » Bashir Taleb dit qu’il aurait souhaité plus de consultations.

De son côté, Maryse d’Espaignet, pédagogue et ancienne coordinatrice des collèges Lorette, dit ne pas être du tout gênée par les “Academies”. « Je trouve qu’à 16 ans, si on sait déjà ce qu’on veut faire comme carrière, une compétition saine n’est pas mauvaise. » Quant à la mixité, elle devra, selon elle, être accompagnée d’une vraie éducation sexuelle et non pas simplement de classe de biologie. « Il faudrait qu’à un moment tous les établissements scolaires deviennent mixtes ». Pour elle, « si on n’innove pas, on restera en place ». Si, pour le président de l’Education Officers Union, Sooryadanand Meetooa, les “Academies” représentent une opportunité pour les jeunes qui sont brillants, il regrette que des onze établissements, « il n’y ait que trois qui seront dans les régions rurales » selon ses observations. Sur le long terme, « il faudrait en avoir une vingtaine ». Néanmoins, il estime que les “Academies” viendront rehausser le niveau de l’éducation.

BASHIR TALEB (PÉDAGOGUE) : « Il s’agit d’une éducation exclusive »

La ministre a confirmé l’introduction des “Academies” à partir de janvier 2021. Onze collèges d’État deviendront ainsi des “Academies”. Certains préféreraient voir des “Form VI Colleges” à la place des “Academies”, qui accueilleront des élèves à partir du Grade 10 (Form IV) au milieu du cycle secondaire. Et vous ?
C’est un peu dommage qu’on retourne vers la grande compétition à partir de Grade 9 (Form III) ! À bien voir, cette compétition commencera non pas en Form III mais dès le Grade 7 (Form I). Ce sera une compétition féroce car moins il y a d’“Academies”, plus rude sera la compétition. D’autant que cette compétition sera basée sur l’aspect académique seulement, sur les examens. On ne parle pas ici d’une compétition qui tient compte de la personnalité générale, des aptitudes sportives, de la performance orale, de la capacité à présenter un sujet à l’oral, du domaine artistique, etc. Cette compétition donnera ainsi lieu aux leçons particulières qui reviendront en force dès le Grade 7. Avant, quand les élèves étaient en Grades 7, 8 et 9, les parents pouvaient respirer un peu. À l’intérieur des “Academies”, la compétition sera très féroce parce qu’on va viser les bourses de lauréat. Je trouve dommage qu’on ne questionne pas ce mode de “scholarship”. Pour nous, ces bourses ne devraient pas nécessairement être octroyées pour le premier cycle universitaire. Si on est en faveur de ce système de HSC (A Level) qui encourage les candidats à décrocher des A, on préférerait voir des bourses au second cycle universitaire. Le jeune peut alors effectuer son premier cycle à Maurice. Au second cycle, on est mieux à même de cerner les besoins du pays et de décerner des bourses dans des domaines précis. On tiendrait alors compte également des résultats du HSC, ce qui encouragerait les élèves à bien faire à ce niveau aussi.

Quels pourraient être les désavantages de faire changer de collège à des élèves à partir du Grade 10 (Form IV) ?
D’abord, pour les parents qui ont déjà fait des arrangements de transport et autres pour leurs enfants depuis le Grade 7. Et, puisque les “Academies” sont des institutions spécialisées, peut-être faudra-t-il voyager beaucoup. La plupart des “Star Colleges” se trouvant dans les régions urbaines et concentrés dans les Plaines-Wilhems, beaucoup auront à voyager. Ensuite, à l’âge de 15 ans, certains jeunes sont capables de se prendre en main, mais d’autres qui n’ont eu qu’une formation académique éprouveront des difficultés à évoluer dans une autre configuration où la priorité des priorités est le succès dans les études. Par ailleurs, le type d’enseignement qui sera attendu mettra une pression sur les profs qui ne sont pas formés pour cela. De plus, tous les penseurs sont d’accord que l’éducation doit être inclusive alors que là il s’agit d’une éducation exclusive.

La mixité annoncée de ces établissements, qui accueilleront des adolescents à partir de 14-15 ans, alors que certains seront issus de collèges non-mixtes, fait débat. Si la mixité est une bonne chose, est-ce idéal de l’introduire à cet âge après avoir séparé garçons et filles à la sortie du primaire ?
Si vous parlez à dix personnes aujourd’hui, neuf diront non à ce genre de mixité, c’est-à-dire à partir de 15 ans. Si on pouvait l’introduire dès le début du collège, cela aurait été une bonne chose mais à l’âge de 15 ans, un âge critique, je pense que la mixité va poser problème. Il faudra une formation des enseignants et du cadre administratif. D’autre part, on parle de convertir des collèges existants. Donc, les infrastructures poseront problème car jusqu’ici on a construit des collèges pour filles uniquement ou pour garçons uniquement.

Certains voient dans ce système d’Academies une restriction de l’accès à ce que l’éducation a de mieux à offrir. Vous en pensez quoi ?
Encore faut-il savoir ce qu’on va faire dans ces “Academies” ! Si ce ne sera qu’académique avec moins d’accent sur tout ce qui est développement intégral de la personne, on se retrouvera dans deux extrêmes : les non“Academies” auront un développement intégral (sports, théâtres etc.) alors que les “Academies” se concentreront sur les études seulement pour avoir des bourses. Il y aura un déséquilibre.

Ce déséquilibre risquerait-il de susciter un problème quelconque dans la société ?
Il y aura une division. Déjà, maintenant, avec l’uniforme, par exemple, du QEC, nous savons ce que cela a donné. Il y a aussi cet autre aspect : nous avons toutes sortes de compétition au niveau national (Lonrho Award, SEM Young Investor Award etc.). J’espère que ce ne sont pas que les élèves des “Academies” qui vont remporter tout le temps. Je suis d’accord, il faut une dose de compétition. Mais une dose veut dire une dose…

Les “Academies” draineront les collèges régionaux de leurs meilleurs éléments. Trouvez-vous cela juste que des collèges qui ont contribué à la formation de ces élèves les perdent ainsi au milieu du cycle secondaire ?
Oui, tout cela est injuste pour les enseignants. C’est très démotivant aussi pour les élèves qui verront leurs amis partir et il y aura ce sentiment d’infériorité.

Le mot de la fin…
J’aurais souhaité beaucoup plus de consultations, de préparation et de formation pour les enseignants. Et, un peu plus de temps pour que les parents puissent s’accommoder à tout cela.

MARYSE D’ESPAIGNET (PÉDAGOGUE) : « Une compétition saine n’est pas mauvaise »

La ministre a confirmé l’introduction des “Academies” à partir de janvier 2021. Onze collèges d’État deviendront ainsi des “Academies”. Certains préféreraient voir des “Form VI Colleges” à la place des “Academies”, qui accueilleront des élèves à partir du Grade 10 (Form IV) au milieu du cycle secondaire. Et vous ?
Je dois dire qu’à l’époque du ministre Obeegadoo, celui-ci avait lancé l’idée de “Form VI Colleges”. J’étais alors coordinatrice des Lorettes et personnellement, l’idée m’avait beaucoup plu. J’avais même fait venir un expert des “Form VI Colleges” d’Angleterre. J’avais invité les recteurs, même du secteur public, à venir écouter cet expert. Dans les établissements des Lorettes, nous avions commencé à nous préparer à ce concept en identifiant des endroits où on devait construire des collèges, notamment à Baie-du-Tombeau, Beaux-Songes. Mais les ministres passent et d’autres concepts arrivent. La ministre actuelle est une de mes anciennes élèves et elle a été dans le secteur éducatif au collège du Saint-Esprit. Elle sait de quoi elle parle. Quand on a parlé de ce concept d’“Academie”, j’ai trouvé que ce n’était pas une mauvaise idée. Je trouve que c’est normal qu’on commence à préparer les jeunes à vivre ensemble dans des collèges mixtes. Actuellement, on est en « ségrégation ». Les quatre collèges du diocèse, nouvellement introduits, à Rivière-Noire, Petite-Rivière, Bambous-Virieux et Goodlands sont mixtes depuis la Form I. Rien d’extrêmement anormal ne se passe. Tout se passe relativement bien. Dans les autres collèges, il y a les garçons d’un côté et les filles de l’autre. Ils se regardent en chien de faïence. Or, nous savons que les filles sont meilleures que les garçons. Si on les mettait ensemble, peut-être cela créerait-il une émulation. Je persiste à croire que la vision féminine et la vision masculine sont complémentaires. Quand on a proposé l’idée d’“Academies”, je me suis demandé pourquoi les collèges catholiques ne feraient pas aussi leurs “Academies”. Ce qui est embêtant dans le système actuel, c’est qu’avec 11 “Academies”, on aura tendance à croire que seuls les élèves des 35 autres collèges d’État seront les “bottleneck” des 11 “Academies”. Je trouve qu’à 16 ans, si on sait déjà ce qu’on veut comme carrière, une compétition saine n’est pas mauvaise. Si mon ambition est de devenir demain un cardiologue, j’aimerais bien obtenir une place dans la meilleure “Academy” où il y a tout le matériel requis, les laboratoires, etc. Cela ferait que pour y accéder, je redoublerai d’efforts pour avoir de bons résultats. Que vous le vouliez ou non, dans tout pays, à un moment donné, on est obligé d’avoir affaire à des gens qui sont un peu au-dessus de la moyenne.

Mais ne met-on pas l’accent sur l’éducation inclusive dans l’éducation catholique ?
Oui, mais ceci n’empêche pas cela. L’éducation catholique a toujours prôné l’éducation inclusive. Mais l’inclusivité ne veut pas dire que l’on ne vise pas l’excellence. Personnellement, j’ai été formée dans la philosophie des Lorettes, laquelle est aussi celle des jésuites qui consiste à essayer d’atteindre l’excellence. Tu as un don, un talent, c’est presque ton devoir de le développer à son paroxysme. Si tu ne le fais pas, tu te trahis toi-même. À 16 ans, un jeune veut être cardiologue et il bosse pour cela au lieu de traînailler. Si des parents sont contre l’éducation mixte, ils ont toujours le choix de laisser leurs enfants dans le collège où ils sont. Si d’autres parents trouvent que c’est une bonne chose, que les “Academies” préparent leurs enfants à l’université, ils auront le choix.

Pourquoi alors l’éducation catholique n’a-t-elle pas emboîté le pas à l’État en ce qui concerne les “Academies” ?
Je crois que c’est aussi une question de finances. Je ne crois pas que les éducateurs catholiques soient arriérés pour dire non à la mixité.

La mixité est une chose, mais qu’en est-il du concept d’excellence que visent les “Academies” ?
Dans tous nos établissements, bien que nous ayons le concept de 50% d’élèves faibles académiquement, il y a l’idée importante de soutien et de partage. Les plus forts peuvent faire aider les plus faibles. Ce n’est pas qu’on soit contre l’excellence. Que ce soit avec la philosophie jésuite ou lasallienne, on cherche tous l’excellence. Quel établissement dirait : « soyez médiocres » ?

Si les moyens ne faisaient pas défaut donc, l’éducation catholique aurait-elle pu introduire des “Academies” aussi ?
Peut-être. Je pense que c’est une question de moyens. Il y a eu, à un moment donné, une petite peur : que nos meilleurs élèves aillent dans des “Academies”.

Ne trouvez-vous pas cela injuste que des collèges qui ont contribué à la formation de ces élèves doivent les perdre ainsi au milieu du cycle secondaire ?
Mais cela existe déjà ! Tous les ans, on perd des élèves. C’est le choix des parents. C’est pour cela qu’on dit qu’il faut travailler pour que les parents soient tellement contents qu’ils n’aient pas envie de courir après d’autres collèges. L’idée des “Academies” ne me gêne pas du tout.

Vous n’êtes pas contre la mixité. Mais est-ce idéal de l’introduire à 15 ans après avoir séparé garçons et filles à la sortie du primaire ?
Je vois ce que vous voulez dire. Mais tout cela devra être accompagné d’une vraie éducation sexuelle et non pas simplement de classes de biologie. Il y a une différence. Il faudrait qu’à un moment, tous les établissements scolaires deviennent mixtes.

Les établissements catholiques seraient-ils prêts ?
Les quatre derniers collèges le font déjà et cela marche ! Je ne crois pas que les autorités catholiques seraient contre.

Certains voient dans ce système d’Academies une restriction de l’accès à ce que l’éducation a de mieux à offrir. Vous en pensez quoi ?
Moi je pense que si une “Academy” se spécialise dans les sciences, une autre dans les arts, cela nous fera faire des économies. Au lieu d’avoir dix collèges qui cherchent ce qu’il faut pour des laboratoires de chimie, de physique qui coûtent très cher, et parfois on n’a pas tout ce qu’il faut comme appareils et l’élève est pénalisé à l’examen. Il ne peut répondre à une question. C’est l’occasion pour les autorités de donner un maximum de chances à ces jeunes en “Academy” d’avoir tous les équipements qu’il faut à leur disposition pour faire les études comme il faut. Idem pour les autres disciplines.

Le mot de la fin…
Je ne suis pas contre les nouvelles idées. Si on n’innove pas, on restera en place. On ne peut pas avoir les mêmes études, les mêmes textes, etc. Il faut marcher avec son temps. Je suppose qu’il y aura une “Academy” sur les technologies et l’intelligence artificielle avec les meilleurs profs dans le domaine. Et je souhaite que les parents ne forcent pas les enfants à faire ce qu’eux, ils veulent faire.

SOORYADANAND MEETOOA (Education Officers Union) : « Les Academies viendront rehausser le niveau de l’éducation »

La ministre vient de confirmer l’introduction des “Academies” à partir de janvier 2021. Onze collèges d’État deviendront alors des “Academies” Certains préféreraient voir des “Form VI Colleges” à la place des “Academies”, qui accueilleront des élèves à partir du Grade 10 (Form IV) au milieu d’un cycle. Vous en pensez quoi ?
Je pense que l’idée du ministre Obeegadoo selon laquelle il y aurait des “Form VI Colleges” était bonne. Mais maintenant qu’on a aboli le CPE, nous ne pouvons retourner en arrière. Par contre, s’agissant des “Academies”, je constate qu’il n’y en a que trois sur onze qui seront dans les régions rurales, à savoir Droopnath Ramphul State College, SSS Sir Leckraz Teelock et Sookdeo Bissoondoyal State College à Rose-Belle. Je pense qu’il en aurait fallu davantage dans les villages pour donner la chance aux jeunes de ces endroits. Il aurait fallu quelque 15 à 16 “Academies”, dans un premier temps. Par ailleurs, concernant le “Board of Governors”, je suis opposé à l’idée que les recteurs en fassent partie. Ils ne peuvent être juges et partie. Il peut y avoir conflit d’intérêts. Il faut plutôt un pédagogue syndicaliste. Il serait souhaitable d’avoir une “Academy” dans tous les collèges. Ainsi, si le recteur d’un collège régional est appelé plus tard à travailler dans une “Academy”, il y sera plus familier. Il faut aussi qu’il y ait une démarcation claire entre ce qui est le pouvoir du “Board of Governors” et celui du recteur. La ministre a assuré qu’il n’y aurait pas d’ingérence mais s’il n’y a pas cette démarcation, cela pourra poser problème.
D’autre part, la ministre a mentionné qu’il y aurait un maximum de 36 élèves par classe. Étant donné que la population est en baisse, j’aurais préféré voir des classes de 25 élèves pour un enseignement de qualité. Trente-six contre une quarantaine actuellement ne font pas de différence. Dans les établissements privés, il y a vingt élèves par classe et dans des pays développés, il y a moins que cela. Je pense qu’un prof pour 25 élèves serait bien. S’agissant de la spécialité de chaque établissement, rien n’a été dévoilé encore. Les parents auraient pu avec leurs enfants prévoir quelle “Academy” viser. Il y a une certaine opacité. Autre question : il a été dit qu’un recteur travaillera dans une “Academy” pendant cinq à six ans, mais qu’en est-il pour les enseignants ? Je suggérerai que cela soit de six ans pour les profs. Ainsi, tous les enseignants auraient la chance de travailler dans une “Academy”

La mixité annoncée de ces établissements, qui accueilleront des adolescents à partir de 14-15 ans, alors que certains seront issus de collèges non-mixtes, fait débat. Si la mixité est une bonne chose, est-ce idéal de l’introduire à cet âge après avoir séparé garçons et filles à la sortie du primaire ?
Je pense qu’il n’y a pas de problème à ce niveau. Depuis le préprimaire et le primaire, les élèves ont évolué dans un environnement mixte et certains collèges sont déjà mixtes. Au début, il pourrait y avoir des problèmes isolés mais il faut des formations. Lors du dernier budget, on a parlé de recruter 34 Discipline Masters. À mon avis, il faudrait que chaque collège ait au moins deux Discipline Masters. Nous avons 63 collèges d’État actuellement. Ces Discipline Masters devraient avoir eu une expérience dans l’éducation pour en connaître les rouages. Ils devraient avoir un minimum de 15 ans d’expérience. On a parlé de recruter des officiers de police mais je ne pense pas que cela soit une bonne idée. Il faut des Discipline Masters avec plus de pouvoir pour épauler les recteurs.

Les “Academies” draineront les collèges régionaux de leurs meilleurs éléments. Trouvez-vous cela juste que des collèges qui ont contribué à la formation de ces élèves les perdent ainsi au milieu du cycle secondaire ?
Je pense que cela a toujours été le cas. Même si on avait introduit des “Form VI Colleges”, cela aurait été le cas. On ne peut éviter une telle chose. Mais, pour moi, le problème, c’est qu’il n’y a pas suffisamment d’“Academies”. Sur le long terme, il en faudrait une vingtaine.

Certains voient dans ce système d’Academies une restriction de l’accès à ce que l’éducation a de mieux à offrir. Vous en pensez quoi ?
Je ne le pense pas. Je trouve plutôt que c’est une opportunité pour les jeunes qui sont brillants. Les “Academies” les encouragent à faire beaucoup plus d’efforts. Pour moi, les “Academies” viendront rehausser le niveau de l’éducation. Dès le Grade 7 (Form I), ils se mettront à travailler dur. Certes, il y aura plus de pression.

Cette pression commence dès le primaire…
La pression au primaire a été transférée au secondaire étant donné que les examens du PSAC ont été divisés en deux parties. Les élèves composent une partie d’Histoire/Géo et Sciences en Grade 5.

Certains parents vous diront qu’il y a justement plus de pression, les enfants ayant des examens nationaux dès le Grade 4…
Oui, mais l’examen du Grade 4 leur permet d’identifier leurs faiblesses et d’y remédier. Auparavant, l’examen du CPE était échelonné sur une seule année alors que maintenant les élèves du CPE ont fini une partie du programme en Grade 5.

Au final, n’est-ce pas accroître la compétition et la pression dans le système éducatif alors qu’on parlait de la réduire ?
La compétition a toujours existé. On ne peut l’éviter. Je ne pense pas qu’il y aura plus de compétition. Il faut juste augmenter le nombre d’“Academies” pour réduire la compétition en vue de l’obtention d’une place dans ces établissements.

Le mot de la fin…
Je pense qu’il faudrait que tous les recteurs et enseignants aient l’opportunité de travailler dans une “Academy”. J’aurais souhaité que l’on double le nombre actuel d’“Academies” et rehausse les infrastructures des collèges choisis pour cela. Il ne faut pas oublier les infrastructures des collèges normaux.