La mobilisation de la Platform Pou Sov Nou Laplaz à Bain-Boeuf et Pereybère en vue de dénoncer l’« accaparement des plages », tenue hier dans ces deux régions, s’est déroulée dans l’indifférence totale des habitants. Les membres de la Platform ont néanmoins tenu un meeting en face de la plage de Pereybère pour alerter l’opinion publique sur la menace à laquelle font face, selon elle, les plages du pays.
C’est vers 11 h 15 que la marche protestataire a débuté sur la plage publique de Bain-Boeuf. Alors que le coup d’envoi était prévu pour 10 h 45, les organisateurs constatant le peu de personnes présentes, ont malgré tout commencé leur marche. Au final, pas plus d’une cinquantaine de personnes présentes pour cette initiative, qui vise à garantir à plus d’une centaine de familles de Bain-Boeuf la sauvegarde de la plage publique. Les manifestants, se dirigeant vers la plage publique de Pereybère, ont tant bien que mal invité les passants à rejoindre leur cause mais sans succès. « Vinn ar nou, nou defann nou laplaz », a lancé un marcheur à un groupe d’hommes sous la véranda d’un restaurant bordant la route principale. « Pey nou, nou ava vini… », lui ont-il répondu. Une fois sur la plage publique de Pereybère, quelques pique-niqueurs ont assisté à quelques minutes du meeting, retournant ensuite à leurs activités sur la plage publique. Cette initiative de la Platform Pou Sov Nou Laplaz vise à sensibiliser les Mauriciens sur la « braderie » des plages publiques au détriments des pique-niqueurs. Elle a débuté à Trou-aux-Biches après qu’une partie de la plage a été attribuée à la famille Sungkhur pour l’ouverture d’un commerce. Par la suite, les forces vives de Trou-aux-Biches ont uni leurs forces à celles de la Plateforme et de l’Observatoire de la démocratie afin de dénoncer l’opacité qui règne autour de certains projets commerciaux par des particuliers proches des partis politiques. Hier, les divers orateurs ont une fois de plus expliqué à ceux présents l’importance de la transparence ainsi que la préservation des plages. Jacky Alexandre, membre du Mouvement Solidarité de Trou-aux-Biches, a pour sa part fustigé le rôle des conseillers des villages ainsi que celui du District Council. « Si tou zafer pou fer en catimini, fode pa ena eleksion. Kifer bizin ena eleksion si bann elu pa trouve ki zot bizin protez lintere piblik ? » s’est-il interrogé. Le prochain rassemblement est prévu le 27 octobre à 10 h 15 à Casuarina, Trou-aux-Biches. Les activistes et citoyens se dirigeront ensuite vers Pointe-aux-Canonniers où se tiendra un meeting.