Des informations circulant à l’effet que les promoteurs ont obtenu récemment leur Letter of Intent relative à la construction d’un hôtel de luxe sur l’île aux Bénitiers, louée à bail à la famille Nubheebuccus, font monter aux créneaux pêcheurs et plaisanciers de l’Ouest. Un nouveau combat qu’ils enclenchent pour la 4e fois, disent-ils, afin de contrer tout développement sauvage sur cette île qui doit à tout prix être préservée. Une nouvelle lutte contre l’accaparement des plages.
Plusieurs années après avoir été au centre des convoitises pour son potentiel touristique, l’Ile-aux-Bénitiers, jusqu’ici, à vocation agricole, grâce à un bail appartenant à la famille Nubheebuccus, revient dans l’actualité. « L’année allé, l’année vin, zot revinn encore avec sa projet là. Ça fois la oussi, nou pou contester. Fodé pas ena construction lors l’île aux Bénitiers ». C’est le cri du coeur des pêcheurs et plaisanciers de la région ouest qui déplorent les nouvelles intentions manifestées par les promoteurs d’ériger un hôtel 5 étoiles sur ce site. Il y aurait même eu une visite des lieux par une délégation de consultants, affirment les plaisanciers qui opèrent sur cette île. Une visite qui confirme, selon eux, les informations qui circulent à l’effet que les promoteurs auraient reçu leur Letter of Intent des autorités concernées pour aller de l’avant avec leur projet. Projet hôtelier remis à jour plusieurs fois et maintes fois contesté par les défenseurs de l’environnement entre autres, et qui a fini par être mis au placard. Il en serait cependant ressorti, selon les plaisanciers de la région, mettant en garde contre toute tentative d’exploitation commerciale de cette île. Principalement en cette période électorale, où les lobbys pour l’obtention des permis sont légions.
Les plaisanciers de l’Ouest se mobilisent à nouveau pour « sauver » l’île faisant ressortir qu’avec la construction d’un hôtel, elle ne sera plus accessible aux familles mauriciennes et aux visiteurs. De même, ce projet, s’il va de l’avant menace l’emploi de nombreux opérateurs de bateaux de plaisance de la région, ainsi que d’autres personnes qui dépendent des visiteurs sur l’île pour leur business. Outre les pêcheurs de la région qui seront également pénalisés, les détracteurs soulignent qu’avec des travaux en béton, l’environnement autour de l’île sera endommagé.
« En totale contradiction »
« Cela est en totale contradiction avec la politique du gouvernement pour faire une Ile Maurice Durable », disent-ils. Ils rappellent qu’un projet hôtelier sur l’Ile-aux-Bénitiers ne sera bénéfique qu’à une poignée de gens privilégiés d’avoir obtenu un permis. « Et cela ne cadre pas avec la politique de démocratisation que prônent les autorités en ce moment même », disent-ils.
Plaidant plutôt pour un rattachement de l’Ile-aux-Bénitiers au site du patrimoine mondial Le Morne, les plaisanciers de l’Ouest et les défenseurs de l’environnement réclament une meilleure politique de gestion de l’île, principalement pour le nettoyage. Les plaisanciers se disent prêts à effectuer eux-mêmes le nettoyage, qu’ils effectuent déjà sommairement, si les autorités leur donnait l’aval nécessaire pour un meilleur entretien de l’île.
Ils comptent envoyer une nouvelle pétition aux autorités concernées pour signaler leur opposition à tout projet d’infrastructures sur l’île, qui doit garder son cachet naturel. « Gardons cette île libre pour le loisir du public », demandent-ils, soulignant que « nous n’allons pas permettre la réalisation de ce projet longtemps envisagé par les promoteurs sur l’île. L’accaparement de nos plages doit cesser ».
Contacté, un membre de la famille Nubheebuccus nous a indiqué ne pas être au courant d’un tel projet sur l’île aux Bénitiers. Il dit avoir été surpris d’apprendre cette nouvelle à travers la presse il y a quelques semaines, et nous a référé à un des directeurs de la société Nubheebuccus, qui est resté injoignable. A ce stade, selon nos informations, aucune demande EIA n’a été déposée au ministère de l’Environnement. Il n’y aurait également aucune demande effectuée auprès du Board of Investment (BOI). Cependant, cette affaire est à prendre très au sérieux, soulignent les plaisanciers de pêcheurs de l’Ouest, rappelant qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Affaire à suivre…