Alors que le littoral mauricien s’étale sur plus de 330 km, seules 95 plages (environ 40 km), dont une dizaine nouvellement proclamées (39 arpents et 16 perches) sont accessibles au public. Les kilomètres de sable blanc et fin restants sont occupés par les groupes hôteliers principalement et autres détenteurs de baux qui se sont taillé la part du lion. Et de plus en plus, le peu d’espace public dont pouvaient encore jouir les pique-niqueurs est octroyé en catimini à des p’tits copains qui obtiennent — en raison de leurs relations avec les proches du pouvoir — des terrains à bail, pour effectuer des développements privés sur les plages publiques. Trou-aux-Biches (TAB) est l’exemple flagrant de cet accaparement de nos plages.
Si cette plage sablonneuse était assidûment fréquentée par les Mauriciens et touristes – heureux de l’espace de sable blanc pour se relaxer en toute tranquillité devant le lagon bleu turquoise ou à l’ombre des filaos, aujourd’hui, TAB s’est réduit comme une peau de chagrin. Le peu d’espace disponible est non seulement pris d’assaut par les marchands de plage et les transats, mais aussi, plus récemment, par des structures fixes comme des roulottes ou des bâtiments, comme le dernier en date, le restaurant des Sungkur, des proches du Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui a même soutenu ce projet, malgré les protestations des riverains et des organisations nationales qui crient à l’anarchie.
Anarchie perpétrée par ceux qui obtiennent des permis, presque en catimini, pour opérer des business sur les plages, à travers la Beach Authority (BA) en raison de leur relation avec les proches du pouvoir. Conséquence: le rétrécissement de la plage de TAB, où désormais, du fait de l’implantation de divers projets commerciaux, les p’tits copains se dorent au soleil.