Une fois de plus, les habitants du Nord sont scandalisés. Après Mon Choisy, Pereybère, Grand-Baie et Trou-aux-Biches, c’est au tour de Grand-Gaube de faire face à l’accaparement des plages publiques. Avec le soutien de Georges Ah Yan, président du Forum des Citoyens Libres (FCL), ils étaient une centaine de personnes à s’être mobilisées dimanche dernier afin d’exprimer leur ras le bol face au “développement sauvage” qui menace la plage de Melville.
Selon les habitants de la région, plus de 50 arpents de plage longeant la côte de Grand-Gaube ont été pris d’assaut par les promoteurs qui envisagent de construire des hôtels, des villas et des appartements de luxe qu’ils vendront ensuite à des acheteurs individuels. Le projet Invest Hotel Scheme (IHS) “Koki Bay” de Bhooshan Ramloll est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et déclenche la colère des habitants. Ce projet relève de la construction d’une quarantaine de villas pieds dans l’eau qui seront ensuite vendues aux Mauriciens et aux étrangers.
Selon les informations, un autre promoteur envisage de son côté de construire, quelques mètres plus loin, une salle de fête. Un autre souhaite aménager une boat house à l’autre extrémité de la plage. “La plage de Melville est un lieu de détente pour la plupart des habitants de Grand-Gaube. Avec la réalisation de ces projets, nous n’aurons plus accès à la plage”, déplorent les habitants de la région. “C’est révoltant de voir que les autorités délivrent des permis à des promoteurs sans penser aux conséquences”, explique Even David, président des Forces Vives de Grand-Gaube. Las, les habitants de ce village côtier ont exprimé leur mécontentement et frustration dimanche dernier. Cette première mobilisation devrait donner suite à d’autres actions plus fermes. Une réunion en ce sens est prévue par les forces vives.
Mobilisation du FCL
Indigné de ces développements sauvages, Georges Ah Yan pointe du doigt les autorités, en l’occurrence la Beach Authority (BA). “C’est inacceptable et intolérable. Combien de temps allons-nous encore assister impuissants à l’empiétement du domaine public au profit, soi-disant, du progrès ?” demande-t-il. Selon lui, en délivrant des permis à tort et à travers, les autorités privent les Mauriciens de leurs droits. La BA étant l’organisme responsable de la gestion des plages, Georges Ah Yan souhaite sa dissolution. “À la base, la BA a été créée dans l’intérêt des Mauriciens. Cependant, un constat de visu le long de toutes les plages de Maurice démontre qu’elle accorde plus d’importance aux investisseurs. Cela, malgré le manque de plages et d’espace pour les Mauriciens”, dit-il, réclamant avec force que les autorités réagissent. “Tant qu’il n’y aura pas de dissolution de la BA, nous continuerons notre combat !”
Et de faire ressortir qu’”à force de vendre les plages comme ça aux étrangers, les Mauriciens finiront par se sentir étrangers dans leur propre pays. À ce rythme, ils seront bientôt contraints de payer pour aller à la plage.” Et de poursuivre que “ce sont le sable et la mer qui font la beauté de notre île Maurice. Nous souhaitons que nos plages restent intactes et non envahies par des hôtels. C’est pour cette raison que nous allons continuer notre combat pour dire non à l’accaparement des plages publiques.”
D’où l’organisation, le 25 mai, d’une nouvelle manifestation pour dire non au développement sauvage. Cette manifestation se tiendra à Belle Mare afin de sensibiliser le public. “Jusqu’à présent, les Mauriciens sont encore passifs parce qu’ils ne mesurent pas encore l’ampleur de la situation. Nous voulons, à travers cette manifestation, leur expliquer à quel point nos plages sont en danger”, dit le président du FCL.
À ce jour, le FCL a tenu pas moins de dix manifestations à travers l’île pour sensibiliser les Mauriciens. “Nous ne baisserons pas les bras et nous espérons avoir le soutien des Mauriciens pour sauver les plages”, dit Georges Ah Yan.