Il y a le ciel, le soleil, la mer… et maintenant le béton! C’est ce qu’on devrait désormais dire de Maurice, en raison du rétrécissement de ses plages publiques. Outre le problème d’érosion qui affecte la majorité des plages de Maurice, aujourd’hui, le spectacle de nos plages, et non des moindres,  est désolant. Moins de filaos et plus de commerces. Depuis une dizaine d’années, les plages publiques perdent du terrain avec des constructions et autres commerces, dont des tabagies installées dans des toilettes publiques et des transats qui poussent comme des champignons  pour permettre à la Beach Authority (BA) de se faire plus d’argent. Ce, au détriment du bien-être des pique-niqueurs. Aujourd’hui, les espaces libres sur les plages publiques se réduisent comme une peau de chagrin… Ci-contre, un aperçu de ce qui reste de nos plus belles plages.
Mon Choisy
Alors qu’en 2010, des opposants ont contré, à travers une action en Cour, le projet de la BA de convertir les anciennes toilettes sur la plage de Mon Choisy en restaurant, l’organisme récidive cette année encore, en projetant cette fois d’installer – dans ces mêmes enceintes controversées – trois bâtiments commerciaux. Commerces qui devraient être tenus par des petits copains proches du pouvoir.
Il ne s’agira pas du premier cadeau du gouvernement PTr dans cette région. La déviation de la route côtière de Mon Choisy est le jackpot obtenu par l’hôtel Resorts dont les clients ont aujourd’hui un accès direct à la plage. À noter que le directeur de cet établissement hôtelier est un (très) proche du PTr.
Par ailleurs, si aujourd’hui, la Beach Authority a pris des mesures pour interdire l’accès aux véhicules sur cette plage, en proposant une zone de parking, quelques mètres plus loin, reste que jusqu’ici, cette zone n’a pas encore été aménagée. La construction de villas en face de la mer est aussi sujette à polémique, des rumeurs circulant que la route sera à nouveau déviée à cette hauteur pour permettre aux clients dudit hôtel qui s’y installer et d’avoir un accès direct à la mer.
Trou aux Biches
La petite plage de Trou aux Biches est aujourd’hui devenue la terre de toutes les convoitises. Après la déviation de la route côtière pour l’agrandissement de l’hôtel Trou aux Biches, aujourd’hui, c’est le poste du National Coast Guard qui est menacé d’être délocalisé de cette plage pour permettre à un promoteur – proche du pouvoir – d’y installer son commerce de bateau de plaisance et une cafétéria. Cela, après que l’État a alloué 248m2au Pandit Suryadeo Sungkur, dont la famille projette d’ouvrir un restaurant actuellement en construction, malgré de vives protestations.
Flic en Flac
Très populaire, l’espace de la plage de Flic en Flac est aujourd’hui réduit pour les pique-niqueurs et de plus en plus agrandi pour des marchands qui installent leurs roulottes sur la plage. Si elles sont démontables, ces structures – des cabanons en tôle ou en aluminium – poussent comme des champignons sur cette plage également envahie de transats. En dépit du taux de fréquentation très élevé de cette plage, la zone de camping de Flic en Flac sera prochainement abandonnée en vue d’y localiser un Trading/Food Zone.
La Preneuse
Très petite, la plage de La Preneuse est l’une des plus populaires de l’ouest de l’île. Toutefois, la construction d’une structure en béton sur les toilettes publiques converties en espaces commerciaux est à déplorer car gâchant le cachet historique que conférait La Tour Martello à cette plage.
Le Morne
Outre les arpents de plage publique alloués à un promoteur hôtelier pour l’aménagement d’un centre nautique et d’un restaurant, entre autres, la plage très populaire du Morne est sujette à un envahissement de transats. C’est le chaos avec, notamment, certaines zones délimitées et d’autres pas, au détriment des commerçants qui peinent à vendre leurs produits, les pique-niqueurs étant trop éloignés des commerces. De même, outre les balades à cheval qui s’effectuent sur une partie de la plage, les véliplanchistes qui pratiquent du côté du sud de la péninsule du Morne ne sont pas vus d’un bon oeil car cette activité, très en vogue, provoque des conflits en terme de cohabitation avec les pique-niqueurs et les baigneurs. Un peu plus loin, à La Prairie, la route côtière aurait été déviée pour laisser place à un vaste projet immobilier.
La Cambuse
Un projet foncier du groupe Currimjee Jeewanjee dans cette région fait craindre le rétrécissement de cette plage sauvage très prisée par les pique-niqueurs. Si ce projet de construction d’un hôtel et de villas voit le jour sur ce site, le poste de la National Coast Guards devrait être délocalisé.
Blue Bay
Si, en 2004, un zone de camping avait spécialement été aménagée sur cette plage du Sud très fréquentée et que chaque activité nautique était effectuée dans un coin spécifique, ces dernières années, les pique-niqueurs ne disposent plus des mêmes infrastructures. Le barrage délimitant la zone de camping a été enlevée et les toilettes publiques de cette zone sont transformées en tabagies. Et l’empiètement de l’hôtel Blue Lagoon, qui a entrepris des travaux d’extension sur la plage de Blue Bay (projet sujet à une enquête de l’ICAC sur la Beach Authority sur qui pèse des allégations d’irrégularités), alimente davantage la frustration des pique-niqueurs.
Belle Mare
S’il s’agissait de la plage de l’Est la plus fréquentée, depuis l’aménagement d’une zone de parking, Belle Mare est aujourd’hui délaissée par les pique-niqueurs qui jugent les aires de stationnement trop éloignés, favorisant ainsi des vols.
Pereybère
Des chaises longues à perte de vue. C’est la description qu’on peut faire de la petite plage très populaire de Pereybère envahie, depuis une dizaine d’années, par des centaines de transats et de parasols. Une situation telle que les usagers de la plage n’ont plus de place pour s’asseoir.