Elle figurerait à l’agenda de la séance du 13 septembre ou à une ultime dernière séance préélectorale.

Les démissionnaires du MMM pas tous assurés d’une investiture avant leur “viré mam”officiel, mais de “récompenses” fermes.

La pêche au totem dans les bassins où le MSM n’a traditionnellement pas ou peu de prises devrait s’accélérer après la visite du pape. C’est ce qu’indique l’entourage de Pravind Jugnauth qui précise qu’une fois le pape François parti, la politique reprendrait pleinement ses droits avec d’abord une série d’opérations coupe rubans avant la dissolution du Parlement qui pourrait intervenir une fois le tramway officiellement lancé fin septembre.

Un important développement politique pourrait toutefois intervenir juste après la visite papale. Celui de l’élection d’Ahmad Jeewah à la présidence de la République lors d’une ou deux séances qui restent avant que le pays ne soit appelé aux urnes. Il est, en effet, prévu qu’il y ait quelques textes proposés et votés lors de séances supplémentaires près celle du vendredi 13 septembre.

Dans le cas d’Ameenah Gurib-Fakim, Lalians Lepep avait assez crûment dû annoncer, lors de sa campagne électorale de 2014, que le prochain président serait issu “de la communauté musulmane” et il a dû attendre la veille des élections municipales et en pleine tempête de l’affaire British American Investment (BAI) pour faire élire la candidate désignée du Muvman Liberater à la State House. Aujourd’hui, au gouvernement, l’alliance MSM/ML, qui attendait de trouver le candidat au bon profil et qui n’est soit parlementaire, peut dès à présent faire voter Ahmad Jeewah comme le nouveau de chef de l’Etat de la République de Maurice.

Et c’est ce qu’elle aurait l’intention de faire avant même la dissolution de l’Assemblée nationale, question de donner des gages concrets et immédiats à une frange de l’électorat qui est restée historiquement anti-MSM depuis les discours “nou protez nou montagne” et l’absence de tout ministre de ce profil précis dans le gouvernement MSM/PTr/PMSD après les élections très communales de 1983. La gestion du dossier BAI n’a fait que conforter ce sentiment de victimisation, selon les observateurs avertis.

L’élection d’Ahmad Jeewah est d’autant plus facile que la Constitution prévoit qu’elle se fait à majorité simple. Elle fait, par contre, provision pour un vote qualifié de deux tiers si jamais le titulaire devenait indésirable pour inconduite ou toute autre faute.

Avec la désignation d’Ahmad Jeewah, le gouvernement diminuerait aussi la pression sur un Barlen Vayapooree qui n’a pas tardé d’entrer dans les pas de l’ancienne présidente de la République en se transformant en rabatteur d’hommes d’affaires douteux exerçant en Afrique du Sud et arrêtés, pour au moins un d’entre eux, pour chèques en bois ici même il y a quelques semaines.

Un intérim agité
Pas à l’abri des excès de sa prédécesseure, le président par intérim a, pas plus tard que la semaine dernière, suscité quelques critiques de la part du syndicat de la police. L’organisme qui défend les intérêts de la police avait dénoncé l’utilisation d’agents de l’ordre pour la célébration du mariage de la fille de Barlen Vyapooree au Centre Swami Vivekananda à Pailles le 25 août dernier. Après des protestations publiques, les policiers ont fini par être rémunérés pour ce travail privé par les organisateurs.

Ce mariage avait aussi bousculé la traditionnelle messe de la Saint-Louis à la cathédrale du même nom qui se tient généralement à 10 heures, d’autant que cette année le 25 août était un dimanche. Or, la messe, qui était en demi-teinte cette année, s’est déroulée à 15 heures, ce qui a fait qu’elle a été boudée par mal de monde.

C’est donc aussi pour renvoyer Barlen Vyapooree à son poste discret et moins exposé de vice-président de la République et après son intérim agité qu’Ahmad Jeewah – frère de la vice-première ministre et numéro 4 du gouvernement, Fazila Jeewah-Daureeawoo, beau-frère du président de la Mauritius Duty Free Paradise, Rashid Daureeawoo et père de la nominée politique Fawzia Toorawa à la présidence du Early Childhood Care and Education Authority, en pleine tempête en ce moment -prendrait très vite le chemin du Réduit, même si le principal motif de cette décision est, bien entendu, de nature électoraliste et ciblée.
Celui qui était donné comme un candidat potentiel au remplacement d’Ameenah Gurib-Fakim, le ministre déchu du MSM, Showkutally Soodhun aurait, lui, été écarté des plans de son parti pour une éventuelle présidence de la République. Ni président ni candidat aux prochaines élections, affirment les plus informés du Sun Trust.

Le MSM craint qu’un rôle trop prééminent ne ravive les controverses sur ses dérapages réguliers, surtout ceux qui visaient une communauté en particulier et qui lui avaient coûté son maroquin ministériel. Pas question de mettre à un poste aussi sensible quelqu’un qui pourrait sortir des énormités à n’importe quel moment, affirment les stratèges du parti du soleil. Un rôle diplomatique serait ainsi dévolu au bouillant président du Sun Trust. Celui qu’il occupe un peu déjà d’ailleurs.
En effet, au cas d’un retour du MSM et de ses alliés aux affaires, Showkutally Soodhun deviendrait un genre d’ambassadeur itinérant et représentant spécial du Premier ministre auprès de l’Arabie Saoudite et d’autres monarchies du Golfe, question de s’assurer du financement pour les projets à venir comme l’extension des voies ferrées dans les régions rurales, entre autres.
La bande des cinq

Quant aux démissionnaires du MMM, ils sont à mettre dans deux différents paniers. D’une part, ceux qui, comme Sheryll Rayapen est partie frustrée de ne pas avoir été désignée comme candidate au No 19 à la place de la présidente de l’aile jeune Jenny Adebiro, et Lockraj Nuckchedy, plutôt apprécié des militants en général, qui, lui, a démissionné sur une accumulation de déceptions ; de l’autre, ceux qui sont candidats à une candidature du MSM. Ou à une “récompense” ferme, dans tous les cas de figure.

Si le soutien de Kavi Ramano et celui du tandem Steve Obeegadoo, Françoise Labelle au MSM, sont très critiqués sur les réseaux sociaux, les invectives sont encore plus virulentes en direction de la bande des cinq, Ahmad Jeewah, Prakash Meenowa, Hurmila Routho, Sanjiven Permall et Viren Ramchurn qui a claqué la porte lundi dernier. Pour la bonne est simple raison que quatre d’entre eux figuraient déjà sur la liste des candidats du MMM qui a paru dans les journaux ces dernières semaines. Est-ce à dire qu’ils seront tous candidats du Sun Trust ? Rien n’est moins sûr, bien que trois d’entre eux pourraient être alignés au No 5 en remplacement, par exemple, de Sanjeev Teeluckdharry, au No 7 et au No 9, où il y a des sièges du MSM qui sont vacants.

Françoise Labelle, elle, qui s’était désistée en 2014, devrait revenir dans sa circonscription d’origine Vacoas/Floréal pour suppléer Etienne Sinatambou, en délicatesse avec la direction du MSM en ce moment. Son entourage laisse néanmoins entendre que ce dernier n’a pas encore dit son dernier mot sur sa participation au prochain scrutin.
Françoise Labelle retrouverait Nando Bodha, député du No 16, et probablement Dan Baboo, candidat au profil qui fait défaut au Sun Trust et qui est très courtisé par les stratèges du MSM. À défaut de Dan Baboo, qui pourrait finalement rester au PMSD si ce parti arrive à trouver un terrain d’entente avec le PTr, c’est Sanjeev Mulloo, un fidèle de Pravind Jugnauth, qui serait aligné avec Nando Bodha et Françoise Labelle.

Le cas de Steven Obeegadoo serait plus délicat. C’est vrai qu’il a en quelque sorte rejoint son frère Kavin qui a déjà les deux pieds au MSM, mais, absent du terrain et faisant le va-et-vient entre Maurice et le Canada où son épouse Karuna Boojedhur-Obeegadoo a décroché un emploi après avoir pris sa retraite comme directrice de la SICOM, il serait éventuellement partant pour un poste diplomatique à la manière de son ancien colistier au No 15, Showkutally Soodhun. Il laisserait le soin à son frère de faire ses premières armes en tant que candidat, même si rien n’est encore arrêté.
Une chose est néanmoins certaine, c’est que les grandes manœuvres ont déjà commencé dans les coulisses qui ont abouti aux dernières opérations “asté-vendé”. Avec la date du prochain scrutin qui devrait être révélée fin septembre, début octobre, les clarifications ne sauraient tarder.

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