Sur le littoral, certains accueillent mal la décision du gouvernement de rendre l’accès aux plages davantage accessibles. À Pointe d’Esny récemment, un des panneaux installés en avril dernier par le ministère de l’Environnement indiquant l’accès à la plage a été repeint en blanc. Pour les observateurs et les habitants, cet acte de vandalisme témoigne d’un état d’esprit de certains bailleurs de campement qui ne tiennent pas à ce que le public vient empiéter sur leur portion de la plage qui font partie de leur terrain selon les dipositions de leur contrat avec l’Etat à qui une forte redevenace est payée.
Si les propriétaires de bungalows et autres hôteliers disposent, selon les Pas Géométriques Act, du droit exclusif d’occupation et de ce fait sont dans la légalité lorsqu’ils mettent des panneaux interdisant au public de s’installer ou de s’arrêter sur un espace faisant partie des Pas Géométriques, il est aussi un fait que l’accès à la plage est un droit civique. C’est dans cette optique que le ministère de l’Environnement, en consultation avec la Beach Authority, envisage le respect de l’accès aux plages publiques et a décidé d’implanter des panneaux pour indiquer aux membres du public l’accès  à la plage et à la mer.
Toutefois, depuis deux semaines, les habitants et pêcheurs de Pointe d’Esny, mais également les pique-niqueurs sont outrés de constater l’acte de vandalisme perpétré sur un panneau du ministère de l’Environnement, placé en bordure de la route, pour indiquer l’accès à la plage. S’agit-il de l’acte d’une bande de petits plaisantins ? Ou était-ce un acte délibéré de bailleurs de campement de la localité qui souhaitent nier son droit d’accès à la plage au public ? En tout cas, ce panneau peint en blanc suscite une nouvelle fois la vieille polémique du droit d’accès à la plage.
En effet, en installant ces deux premiers panneaux (à quelque 200 mètres d’intervalles) sur cettepartie du littoral, le ministère de l’Environnement souhaite rendre visible les accès. Un exercice qui devrait se faire tout le long de la côte afin de donner sa pleine justification à sa campagne pour rendre davantage de plages accessibles au public. Mais ce n’est pas au goût de tous, visiblement qui rappellent que si l’accès à la plage est un droit, le respect des conditions de leur bail en est aussi un. Et le public qui accède à ses plages tend à ne pas respecter ces  dispositions que le pic nic et autres activités ne sont pas permises sur la partie de cette plageau dessus de la zone de haute marée qui fait partie intégrante du terrain de celui qui a obtenu le bail du gouvernement.
Or, il s’agit d’un droit civique, que certains souhaitent garder jalousement. D’où les conflits perpétuels entre propriétaires de bungalows et pique-niqueurs et pêcheurs. À Pointe d’Esny, les habitants font ressortir qu’ils existent plusieurs accès à la plage qui ont disparu et ont été accaparés par les propriétaires de campements. « Mé éna finn mett miray, finn mett baraz ek gro lisien pou anpess dimounn passé », disent-ils. Et d’expliquer que ces passagesqui permettent l’accès  aux plages et à la mer  sont aussi des nécessités pour les pêcheurs qui y traversent avec leur bateau, mais aussi des personnes qui souhaitent aller se baigner à la mer.
Aujourd’hui, à Pointe d’Esny, seuls deux passages sont utilisables et c’est à l’entrée de l’un d’eux que le panneau du ministère de l’environnement a été maquillé. ces deux passages sont en fait très étroit et ne sert pas les dispositions de la loi à cet effet.  « Ti bizin ouver tou sa bann passaz-la pou dimounn. Laplaz li pou tou dimounn », rappellent les habitants de la région et les pique-niqueurs, qui soulignent que la situation est la même partout autour du littoral.
Urgence
En installant ces panneaux indicatifs, les autorités font ressortir que ces accès ont pour objectif de « facilitate access for fishermen and the public to the sea and response to emergency at sea or other environnemental emergencies ». A aucun moment il est fait état que ces plages sont publics et que activités récréatives peuvent y être pratiquées.
Certains ne souhaitent cependant pas que les choses en soit ainsi, estimant que l’accès à la plage gêne leur tranquillité, d’où l’acte illégal d’avoir peint un panneau de l’Etat. Il est par contre plus judicieux de faire appel aux panneaux panneaux installés sur les plages rappelant au public qu’une partie de la plage fait partie intégrante du terrain loué à bail par l’Etat, et donc avec interdiction de pique-niquer. Ce qui multiplie les conflits non seulement entre les propriétaires de bungalows et les pique-niqueurs, mais aussi les hôteliers ainsi que les touristes et autres usagers de la plage.
D’autant que, même s’il est reconnu que les Mauriciens ne disposent plus de beaucoup d’espace sur les plages puisque les plages publiques ne sont pas légions, le littoral ayant été pris d’assaut par les constructions d’hôtels et des campements, l’autre évidence est remarquable avec des pique-niqueurs qui squattent la cour et même les varangues des bungalows non clôturés en l’absence des propriétaires, si ce n’est au nez et à la barbe même de ces derniers. Et leur demander de se déplacer se transforme en parfois en véritable parcou de combattant.
Cette éternelle polémique découle sans doute d’une méconnaissance de la loi régissant les Pas Géométriques. Si l’État ne reconnaît aucune plage privée, les terrains situés sur le littoral, connus comme les Pas Géométriques, sont majoritairement du domaine public, c’est-à-dire qu’ils appartiennent à l’État et sont loués à bail à des particuliers ou à des groupes. Le droit de jouissance revient ainsi aux détenteurs du contrat et l’accès sur le terrain loué est interdit. D’où l’insistance des hôteliers et de certains propriétaires de bungalows pour faire respecter leur droit, en interdisant aux pique-niqueurs de s’installer sur « leur plage ».
En effet, comme relevé par ce panneau sur la plage de Pointe d’Esny, selon les Pas Géométriques Act, il est strictement interdit au public de s’installer ou de s’arrêter sur un espace faisant partie des Pas Géométriques et sur lequel les détenteurs de bail disposent du droit exclusif d’occupation. La partie qui n’est pas louée est, elle, accessible à tous. Communément située entre le high water marks, la limite de la marée haute sur la plage, jusqu’à la mer. Pour cet accès, les hôteliers et propriétaires de bungalows s’acquittent depuis quelques années d’un droit de bail parfois très élévé, selon la région où l’on se trouve. 
À voir le comportement de certains usagers de la plage, qui n’hésitent pas à laisser derrière eux tous leurs détritus, et ce, même dans les passages d’accès, comme en témoigne notre photo à Pointe d’Esny, c’est toute une éducation civique qu’il faudrait faire. C’est dans cette optique que le ministère de l’Environnement prône le dialogue avec les propriétaires de bungalows pour le respect des droits du public dont l’accès inaliènable à  la mer , mais également le dialogue, à travers une campagne de sensibilisation destinée au  public pour le respect des Pas Géométriques Act.
Par ailleurs, dans le cadre de sa politique de rendre les plages davantage plus accessibles au public et de rehausser le niveau des plages publiques, le ministère de l’Environnement s’est lancé dans une série d’aménagements visant principalement à réduire l’érosion côtière.