Yannick Permal, habitant Belle-Rose, qui devait fêter son 28e anniversaire mardi dernier, a trouvé la mort dans des circonstances tragiques. Il a perdu la vie après avoir percuté sur sa moto un tram dans la soirée de dimanche dernier vers 19h15 à la croisée Pope Hennesy à Barkly. Son père, Benjamin, dévasté par la mort de son fils, s’est confié à Week-End.

Benjamin Permal : « Mo santi ki enn zafer
inn derasine dan mwa »

Benjamin Permal, que Week-End a rencontré hier à l’Avenue St-Louis, Belle-rose, raconte. « Dimanche dernier, quelques minutes avant l’accident, j’étais à la maison en train de me relaxer, écoutant quelques morceaux à la radio. Une de mes proches chez qui mon fils Yannick s’était rendu à Beau-Bassin à moto m’avait appelé pour me demander si Yannick était déjà rentré à la maison, car il avait appris sur les ondes qu’un accident s’était produit à Beau-Bassin. Sans perdre du temps, je me suis rendu chez Shana, la copine de Yannick, qui habite quelques mètres plus loin, pour s’enquérir des nouvelles. Arrivant sur place, j’ai constaté qu’il y avait des mouvements inhabituels. Mo’nn aprann ki Yannick inn trouv lmor lor so motosiklet apre ki li’nn fer aksidan ek tram Barkly. »

Quelques minutes après, poursuit Benjamin Permal, il s’était rendu à l’hôpital pour identifier le corps de son fils unique. « Mo anéanti letan mo trouv dan ki l’état lekor Yannick, mo sel garson, ti été. Mo perdi la parol, mo santi ki enn zafer inn derasine dan mwa. Se enn moman bien, bien dir pou mwa », explique-t-il. Comme Yannick allait souffler ses 28 bougies le mardi 25 février, qui coïncidait avec mardi gras, père et fils avaient déjà décidé d’organiser comme c’est la tradition une fête familiale. « Malerezman, pa finn kapav, mo garson inn kit mwa li’nn ale. »

« Yannick était quelqu’un qui ne pouvait rester sans rien faire. Il avait beaucoup de projets en tête. Il n’y a pas longtemps, il avait ouvert un salon de coiffure à Palmar et avait confié la gestion à deux habitants de cette localité », indique le père de la victime. « Il était généreux, jovial. Il avait de grandes qualités. Mon fils unique et moi, nous étions devenus plus proches après la mort de mon épouse, il y a cinq. On vivait comme deux amis. On plaisantait souvent sans dépasser les limites. Dans le respect mutuel. Il me disait souvent avant que je quitte la maison pour aller travailler : Mo pou fer twa aret travay avn ki to gagn laz retret. Il n’a malheureusement pas pu le faire », regrette le père de la victime.

Benjamin Permal n’a cessé de parler hier de la passion qu’avait son fils pour les chiens. « Il ne peut pas voir souffrir un chien. Il avait ramassé il y pas longtemps deux chiens errants à Albion et avait élevé un autre qui le suivait partout où il allait dans la maison. » L’homme pense, comme beaucoup de Beau-Bassinois, que le métro aurait dû passer au-dessus des intersections. « Kapav mo garson ti pou ankor la. Je souhaite que toute la lumière soit faite sur cet accident pour connaître toute la vérité, car il y a eu mort d’homme. Que chacun prenne ses responsabilités. »

Pour rappel, la nouvelle de cet accident s’était répandue comme une traînée de poudre dans la région de Barkly. Des habitants s’étaient massés sur place en peu de temps. Certains ne cachaient pas leur colère. Des voix d’indignation se faisaient entendre. Vu le nombre de personnes qui avaient envahi le lieu dimanche soir, la police et les éléments antiémeutes ont été déployés pour disperser la foule. L’absence de barrières de sécurité était particulièrement décriée alors que d’autres fustigeaient le gouvernement pour n’avoir pas fait passer le metro au-dessus des intersections, comme cela avait été suggéré. Malgré la tension, aucun incident n’a été signalé ce jour-là.

Dans un communiqué émis tard dimanche dernier, Metro Express (MEL), qui gère l’exploitation du métro, avait expliqué que l’accident était intervenu à 18h57 à la jonction Pope Hennesy à Beau-Bassin, ajoutant que les services de secours, la police, les pompiers, le SAMU et le propre personnel de MEL étaient arrivés sur place « très rapidement », comme le veut le protocole pour prodiguer les premiers soins. Malheureusement, la victime avait déjà succombé à ses blessures.

 

Shana, la petite amie de la victime : « Éna boukou souvenir pou moi ek Yannick dan sa sacoche-la »

Shana, la petite amie de la victime, avait fait la connaissance de Yannick Permal au collège Eden à Rose-Hill. « Nous avons développé des liens plus forts au fil du temps. Cela fait presque deux mois environ que Yannick est « entré » officiellement chez moi », dit-elle. Shana avait offert une sacoche en cadeau à Yannick pour les fêtes de fin d’année. Une sacoche qu’il ne quittait jamais depuis. « Li ti mars avek sa partou kot li ti alé. Il avait l’habitude de garder jalousement dans la sacoche de l’argent, son cellulaire et d’autres objets qui lui étaient chers. Une dame qui était sur les lieux de l’accident m’a confié qu’elle avait vu ce soir-là une personne ramasser la sacoche pour la remettre à un policier qui était sur le lieu de l’accident. Elle est disposée à venir témoigner, j’ai pris contact avec les autorités policières pour récupérer la sacoche. On m’a laissé comprendre qu’il serait un peu difficile. Mais moi mo pas anvi rant an polemik avek personn. Mais rekiper sacoche Yannick pou ki mo gard li kouma enn souvenir. Après avoir mené une petite enquête, je connais aussi l’identité du policier. » Shana souhaite ainsi que l’objet lui soit retourné au plus vite possible. « Éna boukou souvenir pou moi ek Yannick dan sa sacoche-la. »