Ces treize enfants en route pour leur école respective en ce matin du jeudi 13 à bord de leur van scolaire ne s’attendaient à aucun moment à vivre une expérience des plus traumatisantes. Mais à l’angle des rues Maxime Rémy et France Boyer de la Giroday, à Camp-Levieux, ils allaient subir un véritable choc quand l’arrière de leur véhicule fut percuté violemment par un autobus de la Corporation nationale de transport (CNT). Ensuite, c’est la panique générale…
Les témoignages livrés par les écoliers à Week-End laissent imaginer le calvaire qu’ils ont vécu lors de l’impact avec l’autobus immatriculé 2576 JU 00 vers 8h15 jeudi matin. Pas plus haut que trois pommes et âgé de 7 ans seulement, Wayne Seesahaye, qui se trouvait sur la banquette arrière du van, refait le scénario de ce qui aurait pu être un véritable drame. « Van ti pe roulé, arriv enn moman tou dimoune finn abriti avek klakson enn bis. Bis-la pa finn arrété ek finn tap are nou van. Tou mo bann kamarad inn krié ! Mwa monn sorti dépi derrière monn arriv divan net ! », raconte ce garçonnet visiblement traumatisé par ce dont qu’il a été témoin.
Cet autobus de la CNT était à son deuxième trajet du jour et venait de quitter le terminus de Camp-Levieux pour desservir la ligne 122 avec comme point d’arrêt final la gare de Curepipe. Selon les indications initiales, le chauffeur de l’autobus Rakesh Ramessur, 40 ans, aurait débouché de manière imprudente sur l’avenue centrale avant de percuter violemment l’arrière du van scolaire. Le choc sera d’une
telle violence que le van immatriculé 1310 AP 95 devait complètement
se coucher sur son flan. « Apré ki bis-là finn tap are laké van, van-la inn devire ambalao. Tou zanfan ti pé krié. Nou ti pé gagne
extra per dan sa moma-là. Monn trouv mo bann kamarad disang pe couler lor zot latet. Mwa mo ti asiz kot sofer ek mo finn bizin sorti par parbrise. Mo finn galoupé pou ale rode secour »,
ajoute Joshua, 10 ans, complètement tétanisé.
Un cafouillage devait s’en suivre à Camp-Levieux avec parents, voisinage et passants accourant sur la scène de l’accident pour s’enquérir du sort des occupants. Entre-temps, un mouvement d’énervement s’installe. Devant une foule qui ne cesse de grossir, le chauffeur de la CNT quitte les lieux discrètement et se rendra plus
tard au poste de police de Quatre-Bornes. Il passera la nuit en cellule policière avant de recouvrer la liberté conditionnelle vendredi. Visiblement dépassé par la tournure des événements, le poste de police de Camp-Levieux sollicite du renfort auprès de leurs collègues de la Special Support Unit (SSU).
Au même moment, le personnel du Princess Margaret Orthopaedic Centre (PMOC) est placé en état d’alerte vu le nombre de blessés évacués vers ce centre hospitalier. Néanmoins, c’est dans cette atmosphère lourde où se mêlaient angoisse et colère que certains parents ont laissé libre cours à leurs émotions. Une des mères devait même s’évanouir en attendant les nouvelles de ses deux enfants qui se faisaient ausculter. Au total, treize enfants recevront des soins à l’hôpital et cinq d’entre eux y seront admis. Le chauffeur du van, Said Hassendee ( 57 ans), et son accompagnatrice seront également hospitalisés.
Les habitants de Camp-Levieux, qui réclament une amélioration des infrastructures routières dans leur localité, sont unanimes à dire que ce fut un véritable miracle que cet accident n’ait pas fait de mort. Cela aurait été encore un drame de trop après les quatre victimes enregistrées en début de semaine à Bel-Etang.