Victime d’un accident de la route, ce motocycliste avait été contraint à ne plus travailler pendant un an. Mais à l’issue du procès qu’il a logé en Cour suprême, le juge Gérard Angoh lui a accordé des dommages de l’ordre de Rs 449 905. À noter que l’homme réclamait initialement la somme de Rs 989 000, conjointement et solidairement avec le propriétaire et le chauffeur d’un bus impliqué dans l’accident.
Les faits remontent au 23 juillet 2007. Ce jour-là, la victime roule sur l’autoroute en direction du centre de Port-Louis. Mais peu après avoir dépassé le collège Royal, il entre en collision avec un autobus venant de la capitale et qui, selon le motocycliste, vient de soudainement quitter la bretelle pour se rendre à Cassis.
Le chauffeur a une autre lecture des faits. Il nie en effet être le responsable de l’accident. Selon lui, une 4×4, qui se dirigeait vers Port-Louis, aurait ralenti. Son chauffeur lui aurait fait signe qu’il pouvait déboucher. Conscient qu’il était au volant d’un gros véhicule, le chauffeur du bus aurait roulé au ralenti, et ce bien que n’ayant aperçu aucun autre véhicule. Lorsque, soudain, il a entendu un bruit venant de l’arrière de son véhicule. Le chauffeur a alors arrêté son bus. Et ce n’est qu’en descendant qu’il s’est rendu compte qu’une motocyclette venait de percuter l’arrière de son véhicule. Quant au conducteur du deux-roues, il était alors sur l’asphalte. Une version des faits confirmée d’ailleurs par un passager de l’autobus.
Le motocycliste a ensuite été conduit à l’hôpital, où il a dû rester pendant quatre ou cinq jours. Ayant été blessé au bras, celui-ci a été plâtré pendant plus d’un mois, l’empêchant de reprendre son poste de chauffeur de camion-citerne. Mais son état ne s’est pas arrangé, l’obligeant à s’absenter de son travail pendant un an. Fait d’autant préjudiciable que la victime n’aura pu, pendant ce laps de temps, rembourser le prêt consenti pour la construction de sa maison.
Le juge Angoh est arrivé à la conclusion que le chauffeur de l’autobus est responsable de l’accident. Quant au quantum des dommages devant être accordés, il retient le fait que les avocats des deux parties sont tombés d’accord que le plaignant a subi une incapacité permanente de l’ordre de 8 %. En outre, il retient l’aide financière apportée par son employeur à la suite de son accident, soit une somme de Rs 55 000. Finalement le juge ordonne aux défendeurs de verser au plaignant la somme susmentionnée avec les intérêts, selon le taux bancaire, à compter de la date à laquelle le procès a été logé.